Image ci-dessus : dans une des rues autour du Sénat le 12 avril 2013.
Dans nos milieux (je veux parler des gens de nature catholique et de
droite convaincue), l’on a tendance à observer le monde qui nous entoure
avec un regard noir, presque sinistre. On a tendance à prendre du recul
face aux événements, à analyser plutôt que de se réjouir, à critiquer
plutôt que de participer, et souvent nos discussions s’achèvent dans ce
déplorable “C’était mieux avant “ ou quelque chose qui y ressemble.
Et voilà que c’est reparti ! Lorsque je discute avec des amis sur le
parvis de l’église après la messe du dimanche (n’arrêtons pas les
clichés), chacun y va de son commentaire, de son analyse apparemment
objective de la situation, et j’ai un peu du mal à ne pas sortir de mes
gonds. Selon l’un “La loi passera quoiqu’il arrive”, selon l’autre “le mouvement de contestation mourra dans l’œuf”, si l’on écoute quelqu’un d’autre encore “Je ne suis pas pour le référendum : le oui à la loi passerait sûrement”.
Bien entendu, toutes ces affirmations sont fortement argumentées dans
des grands discours un peu puristes nous expliquant que l’on ne peut pas
compter sur la masse, qu’il faut attendre un chef charismatique, que
Frigide Barjot n’est pas bien, qu’elle sert son intérêt personnel, et
que du coup il ne faut pas s’allier avec elle.
D’accord. Mais dans ce cas, que fait-on ?
De mon côté, je veux bien croire que le combat n’est pas gagné
d’avance. Que les Français ne vont pas se réveiller du jour au
lendemain, se remettre à être fiers de leur histoire, et à vibrer comme
avant pour les valeurs défendues par leurs ancêtres. Bien entendu que
les Français d’aujourd’hui ne sont pas les guerriers d’autrefois, et que
parfois leur résistance un peu naïve peut nous faire sourire. Mais
comment rester de glace face à ce qu’il se passe actuellement en France ?
Comment ne pas s’enthousiasmer ? La contestation des Français éclate de
partout, et ceux-là qui hier encore se contentaient de commenter les
événements assis dans leur canapé devant leur télé, ceux là sont dans la
rue ! Ils manifestent en bleu et rose, certes, mais aux cris de “Taubira Démission !” et “Hollande, dictature !”
Ils veulent demeurer pacifiques mais sont prêts à subir les gaz et les
violences policières pour défendre leur cause. Ils sont encore happés
par leur train-train quotidien, mais sont prêts à se rassembler en
seulement quelques heures, suite à l’appel d’un simple sms !
Et peu à peu, le peuple de France va jusqu’à faire trembler le
gouvernement, qui multiplie les atteintes à la justice, et qui ne fait
qu’augmenter la colère et la détermination de ces citoyens que certains
pessimistes croient endormis et soumis. Soumis ? Hier fut une belle
preuve de l’insoumission de ce pays européen qui n’a pas encore dit son
dernier mot, et qui a sans doute encore quelques belles pages d’histoire
à écrire !
Hier à Paris, près de 10 000 manifestants se sont rassemblés autour
du sénat. Ils se sont étalés, rue de Rennes, boulevard Saint-Germain,
boulevard Saint Michel, rue Vaugirard, rue de Médicis, etc. Dans une
ambiance pacifique mais déterminée, les manifestants sont allés jusqu’au
Panthéon, pour crier leur colère. Certains même (environ 300), ont
atteint l’Elysée qui affolé a essayé de se sécuriser en quatrième
vitesse. Et comme de coutume, le gouvernement PS n’a pu répondre à cet
appel populaire qu’en envoyant ses gaz.
Hier à Lyon, environ 500 personnes se sont également rassemblés suite
à un sms. Et leur mobilisation est relancée pour le lendemain. Ailleurs
en France des manifestants se sont rassemblés de façon spontanée, comme
à Nantes, ou à Caen. Et la détermination sera reconduite pour tous les
jours suivants : le gouvernement n’a pas fini d’avoir peur. Les Français
ne lâcheront rien.
Alors, pitié, arrêtons le pessimisme, et acceptons d’avoir de l’espoir, pour une fois !
Crédit image: copie d’écran d’une vidéo sur YouTube, DR.
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