
Dans « Les deux patries », Jean de Viguerie oppose la France révolutionnaire, abstraite et juridique, à la France chrétienne, monarchique et historique. Mais au-delà de ces deux patries rivales existe une réalité plus ancienne et plus intime : la « Douce France ». Ni construction politique ni programme idéologique, elle est la France des paysages, des provinces, des coutumes et des mémoires, celle que l’on reconnaît avant de la définir. De La Chanson de Roland à Charles Trenet, elle traverse les siècles comme un palimpseste vivant: gauloise par ses racines, romaine par ses cités, chrétienne par son âme, médiévale par ses communautés. Cette France précède l’État et survit aux régimes. Elle rappelle que la patrie est d’abord une terre habitée, une continuité charnelle, bien plus qu’un ensemble de principes ou de lois.