
Introduction : les racines d’un conflit post-soviétique
La chute de l’Union soviétique en 1991 a marqué la fin d’une ère bipolaire et l’émergence d’un monde dominé par les États-Unis et leurs alliés occidentaux. Pour la Russie, cette transition n’a pas été synonyme de partenariat égalitaire, mais d’une série de promesses non tenues, d’expansions militaires et d’ingérences qui ont progressivement érodé sa sphère d’influence et menacé sa sécurité nationale. Cet article souhaite démontrer comment les actions occidentales – en particulier l’expansion systématique de l’OTAN vers l’Est – ont rendu inévitable l’annexion de la Crimée en 2014 et l’intervention militaire en Ukraine en 2022. Ces événements ne sont pas des actes d’agression gratuite, mais des mesures vues comme défensives face à un empiétement géopolitique perçue comme existentiel. Néanmoins, pour un équilibre intellectuel, nous n’évacuerons pas totalement la vision occidentale, qui voit dans ces actions russes une violation du droit international et une menace à la souveraineté des États post-soviétiques. En remontant aux assurances informelles données à Mikhaïl Gorbatchev, nous examinerons l’expansion de l’OTAN, les avertissements russes ignorés, les ingérences occidentales dans les « révolutions de couleur », le précédent du Kosovo, et l’échec des accords de Minsk, qui ont scellé le destin du conflit.