
L’argument officiel est toujours le même : améliorer la sécurité routière, faire baisser le nombre d’accidents, sauver des vies. C’est au nom de cet objectif que l’État français a confié, depuis 2018, la conduite d’une partie de son parc de voitures-radars à des sociétés privées — Mobiom et Oviance étant les deux opérateurs qui se partagent ce marché à plusieurs dizaines de millions d’euros. Aujourd’hui, 110 voitures-radars circulent sur les routes françaises, dont 60 sont déjà conduites par des opérateurs privés. À terme, ce sont les 450 véhiculesque compte l’État qui doivent passer entièrement sous pilotage privé. Mais derrière le discours officiel, la réalité du terrain raconte tout autre chose. Un témoignage recueilli par la Ligue de défense des conducteurs (LDC) auprès d’un ex-chauffeur démissionnaire, baptisé Dominique pour préserver son anonymat, met en lumière un système organisé autour d’objectifs strictement chiffrés, étranger à toute préoccupation de sécurité routière. À cela s’ajoute un calcul de rentabilité particulièrement édifiant établi par la même association : 697 000 euros de recettes par voiture et par an, qui en disent long sur les véritables motivations de cette privatisation rampante du contrôle routier.