PARIS (via le site officiel de Dominique Venner)- Pourquoi
les manifestations françaises contre le mariage gay sont-elles aussi
importantes et jamais lassées ? Pourquoi sont-elles un phénomène unique
en Europe ? Les réponses sont plus complexes que ne le disent les
politologues qui manquent de culture historique. Il faut en effet se
souvenir que la France a toujours connu une vie politique et
intellectuelle particulièrement conflictuelle.
C’est la France qui inventa 1789, la Révolution et la
Contre-Révolution, la droite et la gauche, la Terreur et la révolte
populaire de la Vendée. C’est elle qui inventa au XIXème siècle le bonapartisme, les différentes sortes de royalisme et de républicanisme, puis, au XXème
siècle, le fascisme et l’antifascisme. C’est elle qui inventa, après
1940 le pétainisme et le gaullisme (François Mitterrand était un ancien
pétainiste). On ne peut ignorer que cette période s’est conclue par une
atroce guerre civile (1943-1944) et une sanglante épuration.
C’est encore la France qui inventa, à la fin de la guerre d’Algérie
(1962), une révolte militaire sans précédent opposant gaullistes et
antigaullistes (souvent ex-gaullistes) : plusieurs généraux emprisonnés,
ainsi que de très nombreux officiers et quantité de civils. Cette même
période (1962) a laissé des traces profondes dans les jeunes générations
issues des Européens d’Algérie (Pieds Noirs). Par la suite, c’est
encore en France que l’on a vu naître, avec le Front national, le
premier grand mouvement « populiste » européen contre l’immigration
afro-maghrébine voulue par les mondialistes.
Il faut conserver à l’esprit cette longue histoire conflictuelle pour
interpréter le « printemps français ». Il faut encore se souvenir que
la France est le dernier pays au monde (avec la Corée du Nord) où
subsiste un parti communiste contrôlant une organisation syndicale
puissante fonctionnant comme une mafia usant de violences. Ce parti
communiste est l’allié électoral du parti socialiste au pouvoir. Il faut
se souvenir aussi que beaucoup de cadres de l’actuel parti socialiste
sont d’anciens trotskistes qui disposent d’une influence considérable
dans l’Éducation nationale, la Justice et les médias. Cela signifie qu’à
la différence de l’Allemagne par exemple, subsiste toujours en France
un potentiel de guerre civile qui n’attend qu’une occasion pour
s’éveiller.
Et, justement, à la suite des provocations méprisantes du président
Hollande et de son gouvernement, cette affaire du mariage gay est
devenue une occasion d’affrontements pacifiques qui a jeté dans les rues
des centaines de milliers d’opposants, et notamment de jeunes mères
avec leurs enfants. Au début, l’Église catholique a joué son rôle dans
cette mobilisation, puis elle s’est officiellement retirée. On peut
noter au passage que l’Espagne, pays où l’Église est plus forte qu’en
France, le mariage gay a été adopté sans susciter une telle opposition.
À l’origine, on pensait que le projet socialiste de loi sur le
mariage gay était l’un de ces attrape-nigauds par lesquels les
politiciens amusent la galerie. Et puis on a compris que derrière
l’attrape-nigauds s’était glissé l’un de ces projets pervers par
lesquels les fanatiques de la déconstruction et de la mondialisation
veulent détruire les dernières charpentes qui structurent les société
européennes. Il faut rappeler que le mariage n’est pas qu’une question
d’amour. Ce n’est pas un simple contrat, c’est une institution en vue
des enfants à venir. Il garantit à l’enfant son identité représentée par
un vrai père et une vraie mère. C’est ce qu’a voulu annuler la loi
Taubira qui remplace le droit des enfants par le droit accordé à des
adultes gay de s’offrir des enfants selon les critères de la société de
consommation.
Pour toutes ces raisons, le projet de mariage gay a été ressenti
comme une atteinte insupportable à l’un des fondements sacrés de notre
civilisation. D’où les immenses manifestions populaires des 13 janvier
et 24 mars à Paris, puis du 5 mai un peu partout, en attendant celles du
26 mai.
Les manifestants souvent très jeunes ne sont pas homogènes. Pour une
part ce sont des bourgeois catho non-violents, issus des JMJ, séduits
par le nouveau discours tolérant de l’Église en matière d’amour
conjugal. Leurs références sont Gandhi et Martin Luther King… Mais, pour
une autre part, ce sont de jeunes identitaires mobilisés par le
dynamisme insolent des manifestations. L’avenir dira laquelle des
composantes l’emportera sur l’autre par sa vitalité et sa détermination.
Dominique Venner http://fr.novopress.info
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire