Tribune lue sur Boulevard Voltaire :
Ne nous cachons pas derrière
notre petit doigt : Fillon et Copé, tout comme Hervé Mariton, souhaitent
un référendum en vue de remplacer ledit mariage par une union civile, inspirée probablement du projet de loi alternatif « d’alliance civile » de leur camarade Daniel Fasquelle rejeté par le camp socialiste.
Mais qu’est-ce qu’une union
civile, sinon un PACS amélioré ? Les députés UMP feraient-ils mine
d’ignorer que c’est justement la symbolique du PACS qui a permis quinze
ans plus tard le mariage homosexuel ? Pensent-ils vraiment que
l’union civile mettra fin au débat alors que leurs adversaires, 2.000
militants LGBT à tout casser, ont pu faire plier une première fois la
République (à défaut de faire plier la France) ?
Qu’on se le dise : tant que les députés de droite auront à cœur « d’améliorer le statut des couples homosexuels »,
de le reconnaître légalement, et donc indirectement de le comparer à
celui des couples hétérosexuels, alors la logique libérale qui
fonctionne par paliers (on voit bien les militants LGBT qui, sitôt la
loi votée, ont réclamé de plus belle la PMA) nous condamne d’ici quinze
ans à combattre à nouveau ceux qui voudront aller toujours plus loin. En clair, l’union civile aujourd’hui n’empêchera pas le mariage homosexuel demain.
Le seul moyen d’empêcher durablement la
résurgence de ce débat serait de fixer une bonne fois pour toutes dans
la Constitution les normes de la cellule familiale. Évidemment, une
telle initiative irait à l’encontre de la philosophie progressiste qui a
largement contaminé la droite libérale, selon laquelle toute évolution
des mœurs est bonne à prendre…
Quoi qu’il en soit, il est peu probable
que l’UMP revienne en 2017 sur la loi Taubira, pour la simple et bonne
raison que, s’il est toujours possible de s’opposer à une loi instaurant
de nouvelles libertés individuelles, il est en revanche plus délicat
d’un point de vue symbolique de retirer un droit une fois qu’il a été
accordé…"
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