Interrogée dans l'Action Française 2000, Béatrice Bourges déclare :
[...] Oui, nous sommes bien dans un
État totalitaire. Très peu de personnes
s'en rendent réellement
compte. De nombreuses libertés
sont attaquées : liberté de penser,
liberté de se réunir, liberté
de s'exprimer, liberté d'éduquer
ses enfants etc. Tout cela est couvert
par les médias, aux ordres
du gouvernement. Les ingrédients
d'une dictature sont bien là. Mais
ce totalitarisme est pratiqué de
façon habile et pernicieuse, d'où
une prise de conscience encore
très ténue. Là encore, le réveil
sera douloureux.
Pensez-vous ce que ce mouvement
laissera des traces ? Et
qu'il est nécessaire de lui donner
une traduction politique qui
ne soit pas synonyme de récupération
politicienne ? Si oui,
comment ?
Plus que des traces, ce mouvement
va changer complètement
la donne et je pense qu'il faut lui
donner une traduction politique.
La difficulté que vous soulignez
est le risque d'une certaine récupération.
Je crois que le paysage
politique est amené à changer radicalement.
Les partis existants
sont dépassés. Aucun n'a pris une
part active à ce qui s'est passé.
Aucun n'a eu le courage de se
mouiller réellement. Rares sont
ceux qui, depuis le début, se sont
véritablement prononcés. Lorsque
j'ai démarré ce combat, je me suis
battue contre le gouvernement de
Nicolas Sarkozy. N'oublions pas
tout de même que c'est Nadine
Morano, secrétaire d'État à la Famille,
qui voulait instituer le statut
du beau-parent pour les personnes
de même sexe, ce qui était
un pas déterminant pour la reconnaissance
de l'"homoparentalité".
N'oublions pas non plus que
c'est sous Luc Chatel, ministre de
l'Éducation nationale, que l'idéologie
du genre est apparue de façon
aussi subversive dans les programmes
scolaires. Jean-François
Copé était bien silencieux sur le
sujet à l'époque... Quant à François
Fillon, il vient d'annoncer qu'il
ne reviendrait pas sur la loi s'il
était élu. Et je pourrais multiplier
les exemples. Concernant le FN,
on ne peut vraiment pas dire qu'il
ait été très présent dans le débat.
Certains députés se sont exprimés
à titre personnel et je leur
en rends grâce, mais le parti dans
son ensemble est divisé sur cette
question. Un grand nombre de responsables
ne partagent pas du tout
les convictions des personnes qui
sont descendues dans la rue. Aucun
parti ne peut revendiquer
d'avoir pris une part active à ce
qui s'est passé ces derniers mois.
Personnellement, je ne crois plus
à la crédibilité des partis existants,
quels qu'ils soient. Et mon
cas est loin d'être isolé. Ce qui
s'est passé cet hiver était une occasion
unique pour les partis existants.
Ils n'ont pas su la saisir. Ils
ont attendu de voir et sont venus
au secours de la victoire. Des
échéances électorales vont bientôt
avoir lieu, municipales et européennes.
Il faut être présent
partout. Nos convictions doivent
être portées par des élus. Nous
n'avons pas le choix. Il faut réunir
des personnes, venant d'horizons
politiques différents, sans exclusive,
autour de la défense du bien
commun. Ce qu'il faut proposer
aux électeurs, ce sont des valeurs,
au-delà des étiquettes qui ne veulent
plus rien dire. Une liste transcourants,
composée de personnes
compétentes et de convictions,
voilà ce qu'il nous faut."
Michel Janva http://www.lesalonbeige.blogs.com/
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