Le docteur Patrick Leblanc, coordinateur du Comité pour sauver la médecine prénatale (CSMP) qui regroupe plus d'un millier de professionnel de la grossesse, publie une tribune dans le Quotidien du Médecin "2013 : une année noire pour la médecine prénatale". Extrait :
Grâce à ces soutiens institutionnels, un industriel français vient de lancer en novembre la commercialisation de ce test. Et depuis plusieurs mois
les médecins spécialistes de la grossesse font l’objet de
sollicitations électroniques et téléphoniques répétitives de la part de
prestataires de service vantant la technique de DPNI. On les
sollicite pour les faire entrer dans des enquêtes d’opinion (contre
rémunération !) utiles pour déterminer le coût de ces tests acceptable
par leurs patientes. Plus de 820 000 femmes enceintes par an, un système
de santé structuré autour de la notion d’égal accès, et une mentalité
eugéniste ancrée depuis 20 ans : le marché français s’annonce particulièrement juteux pour les firmes de génie génétique.
Le 3ème acte déterminant de l’année
émane du ministère de la Santé. Il n’est pas anodin car il témoigne de
la future administration comptable du diagnostic prénatal. Par arrêté
ministériel du 27 mai 2013, un fichier national a été mis en
place pour recueillir l’ensemble des données du dispositif de détection
prénatale de la trisomie 21. Ce fichage a pour objectif
d’évaluer annuellement le système. Ainsi chaque foetus diagnostiqué
trisomique sera fiché au niveau national. Un tel recensement
renforce l’idée que la naissance des enfants atteints de cette
pathologie est due à une erreur de la technique ou à la volonté des
parents. On ne peut pas faire plus inhumain et culpabilisant.
[...] Le Comité pour sauver la médecine
prénatale espère que 2014 sera l’année de l’acceptation de la trisomie
comme pathologie médicale et non comme malédiction sociétale. Il ne
ménagera pas sa peine pour le faire savoir. C’est une question
d’humanité."
Les professionnels de la grossesse, qui
vivent au quotidien la détection prénatale de la trisomie 21,
s’inquiètent de son développement et de la mentalité eugéniste qui en
résulte. Ils dénoncent le silence des autorités professionnelles et
politiques sur la recherche scientifique visant à améliorer la vie des
personnes trisomiques. Ils espèrent que l’année 2014 sera l’année de
l’acceptation médicale de la trisomie 21 et non plus le déni d’une
malédiction sociétale. Le ministre, Najat Vallaud-Belkacem, qui devrait
être présente vendredi 13 décembre aux journées du CNGOF,
entendra-t-elle cette voix ?
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