Depuis le 6 octobre, les Veilleurs debout veillent deux fois par semaine
devant le Parlement belge à Bruxelles. S’ils veillent à cet endroit,
c’est parce qu’ils ont conscience de la gravité de ce qui se trame
derrière la façade devant laquelle ils sont postés. En effet, les
sénateurs belges s’apprêtent à voter l’élargissement de la loi sur
l’euthanasie. Les mineurs pourraient, dès lors, faire appel à cet acte
de mort.
Cela
fait onze ans que l’euthanasie est en vigueur dans notre pays. Assez
longtemps pour l’avoir vécu comme une mauvaise expérience. L’argument de
compassion qu’utilisent les parlementaire est que « la souffrance n’a
pas d’âge ». Les enfants peuvent souffrir autant, voire plus que
certains adultes et pourtant il leur est impossible de demander la mort.
La logique pourrait se tenir, outre le fait que les mineurs sont
considérés comme n’étant pas assez responsables pour prendre une
décision. La logique est fausse, parce que biaisée dès son fondement.
Non, la mort n’est pas la solution à la souffrance, elle l’élimine sans
la résoudre. Seul l’amour peut accompagner réellement le patient et sa
famille. Ceci n’est bien sûr pas un appel à oublier les traitements
médicaux, mais à concilier avec justesse ses moyens et l’aspect humain.
Conscients
de cette situation inhumaine, les Veilleurs debout ont voulu agir. Quoi
de plus symbolique qu’une veille pacifique devant le Parlement,
institution censée travailler au bien de la nation ? En nous tenant à
cet endroit, nous voulons veiller sur toute la nation, sur tous les
malades. Ils ont davantage besoin de soutien que d’injections létales !
Par cette action, les Veilleurs veulent atteindre un double objectif :
dans un premier temps, donner une visibilité à l’opposition grandissante
au sein de la population belge, mais aussi réveiller les consciences.
Tous
nous avons tendance à nous accommoder de la situation actuelle, n’étant
pas directement confrontés à cette souffrance. Cependant, le poison
s’infiltre tout doucement et nous devons rester vigilants ! N’oublions
pas que d’autres propositions d’élargissement de la loi nous attendent. L’élargissement,
initialement destiné aux mineurs et personnes démentes, s’est
finalement concentré seulement sur les mineurs. La proposition
concernant les personnes démentes a été reportée à plus tard, « quand
les mentalités seront prêtes ».
En nous taisant, nous
nous rendons complices de cette proposition-ci, mais également de toutes
celles qui arriveront ! La loi n’est pas encore passée. Nous pouvons
donc utiliser ce court terme qui nous reste pour contester cet
élargissement de la loi. N’hésitez donc pas à rejoindre les Veilleurs,
ou mieux encore : lancez d’autres moments, endroits pour veiller et
faites-nous-en part, que nous puissions relayer ! Laissez marcher votre
imagination, votre courage, et laissez parler votre conscience !
Anne-Chantal André-Dumont dans Boulevard Voltaire
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