C'est bien à la nature de l'homme et de
la femme et au coeur de la famille que le Gouvernement s'en prend en
proposant l'individualisation de l'impôt. Il s'agit bien désormais
d'achever de dénaturer les personnes et les familles après avoir porté
un coup législatif fatal au lien fondateur de la "société domestique".
En effet, cette proposition n'a de fin
que de pousser la femme hors de son foyer sur le marché du travail,
agora moderne de la déesse Economie - qui paradoxalement se refère
etymologiquement à la gestion de la maison. Et ce combat sans pitié est
mené au nom du refus d'un "schéma familial daté, pour ne pas dire
séculaire, où le chef de famille apporte des revenus au ménage et la
femme s'épanouit dans les tâches domestiques" (sic).
Or ce qui est combattu ici est exactement ce que la nature ordonne, comme le rappelle la sainte Eglise, Mater et Magistra :
"Ce
droit de propriété que Nous avons, au nom même de la nature, revendiqué
pour l'individu, doit être maintenant transféré à l'homme, chef de
famille. Bien plus, en passant dans la société domestique, il y
acquiert d'autant plus de force que la personne humaine y reçoit plus
d'extension.La nature impose au père de famille le devoir sacré de nourrir et d'entretenir ses enfants. De plus, comme les enfants reflètent la physionomie de leur père et sont une sorte de prolongement de sa personne, la
nature lui inspire de se préoccuper de leur avenir et de leur créer un
patrimoine qui les aide à se défendre honnêtement dans les vicissitudes
de la vie, contre les surprises de la mauvaise fortune. Or, il
ne pourra leur créer ce patrimoine sans posséder des biens productifs
qu'il puisse leur transmettre par voie d'héritage.
Aussi bien que la société civile, la famille, comme Nous l'avons dit plus haut, est une société proprement dite, avec son autorité propre qui est l'autorité paternelle.
C'est pourquoi, toujours sans doute dans la sphère que lui détermine sa
fin immédiate, elle jouit, pour le choix et l'usage de tout ce
qu'exigent sa conservation et l'exercice d'une juste indépendance, de
droits au moins égaux à ceux de la société civile. Au moins égaux,
disons-Nous, car la société domestique a sur la société civile une priorité logique et une priorité réelle,
auxquelles participent nécessairement ses droits et ses devoirs. Si les
citoyens, si les familles entrant dans la société humaine y trouvaient,
au lieu d'un soutien, un obstacle, au lieu d'une protection, une
diminution de leurs droits, la société serait plutôt à rejeter qu'à
rechercher.
C'est une erreur grave et funeste de vouloir que le pouvoir civil pénètre à sa guise jusque dans le sanctuaire de la famille.
Assurément, s'il arrive qu'une famille se trouve dans une situation
matérielle critique et que, privée de ressources, elle ne puisse
d'aucune manière en sortir par elle-même, il est juste que, dans de
telles extrémités, le pouvoir public vienne à son secours, car chaque
famille est un membre de la société. De même, si un foyer domestique est
quelque part le théâtre de graves violations des droits mutuels, il
faut que le pouvoir public y rétablisse le droit de chacun. Ce n'est
point là empiéter sur les droits des citoyens, mais leur assurer une
défense et une protection réclamées par la justice. Là toutefois doivent s'arrêter ceux qui détiennent les pouvoirs publics' la nature leur interdit de dépasser ces limites.
L'autorité paternelle ne saurait être abolie ni absorbée par l'Etat, car elle a sa source là où la vie humaine prend la sienne. " Les fils sont quelque chose de leur père. " Ils sont en quelque sorte une extension de sa personne. Pour
parler exactement, ce n'est pas immédiatement par eux-mêmes qu'ils
s'agrègent et s'incorporent à la société civile, mais par
l'intermédiaire de la société familiale dans laquelle ils sont nés.
De ce que " les fils sont naturellement quelque chose de leur père, ils
doivent rester sous la tutelle des parents jusqu'à ce qu'ils aient
acquis l'usage du libre arbitre. " (7) Ainsi, en substituant à la providence paternelle la providence de l'Etat, les socialistes vont contre la justice naturelle et brisent les liens de la famille" (Léon XIII, Rerum Novarum).
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