Nous devons être quelques dizaines de millions de Français
heureux que cette année 2013 se termine enfin. Elle a été épouvantable.
La France a continué à s’enfoncer dans ce qu’« ils » appellent « la
crise » mais qui n’est rien d’autre que la pire des déliquescences, et
les Français ont vu non seulement leurs revenus s’effondrer au-delà du
supportable mais leur avenir disparaître.
Pendant ces douze mois, nos dirigeants ont tout raté. Le chômage, la
précarité, les impôts, les déficits, la dette, l’insécurité ont encore
augmenté. Aucune des promesses n’a été tenue, ni à propos de la
croissance, du redressement productif, ni en ce qui concerne les
innombrables grandes réformes qui s’imposent. Hollande et son équipe ont
continué à patauger lamentablement, arc-boutés sur leur idéologie d’un
autre siècle, déniant toutes les réalités et ignorant, voire méprisant
les Français.
Il faut reconnaître que ceux qui devraient faire fonction
d’opposition n’ont pas été plus brillants. Dans leur bulle, à quelques
années-lumière des problèmes des Français, Fillonistes et Copéistes ont
continué à s’étriper comme des chiffonniers et, au centre, Borloo et
Bayrou n’ont même pas réussi leur mariage… pour tous.
En fait, la seule nouveauté de l’année a été ce qu’on pourrait
considérer comme un premier réveil de la base, de la piétaille, des
sans-grades. Le début d’un sursaut qui pourrait laisser espérer que la
brave bête vit encore. Les Bonnets rouges, les Pigeons, les Tondus, les
Etranglés, les Excédés sont descendus dans la rue, spontanément ou du
moins sans suivre les mots d’ordre d’aucun syndicat officiel ou d’aucune
organisation politique. Et ils ont réussi à faire reculer à plusieurs
reprises le gouvernement, il est vrai chancelant au milieu de ses
querelles d’égos et dans la Berezina des sondages.
Par moments, l’atmosphère était prérévolutionnaire. Ces sans-culottes
n’avaient pas de programme bien précis, n’étaient ni de droite ni de
gauche, mais voulaient simplement tout faire sauter, le pouvoir, le
régime, le système, quitte pour certains, les Bonnets rouges, à ne même
plus vouloir du drapeau français et à arborer celui de leur province.
Les reculades de Hollande ont un peu apaisé les choses mais il est
évident que le peuple ressortira bientôt de ses chaumières avec ses
fourches à la main car ces « braves gens » exigent beaucoup plus que la
suspension de l’écotaxe. Ils veulent une autre France, avec une autre
politique, et ne supportent plus les marionnettes au pouvoir. Ils
veulent ce que Hollande leur avait promis : le changement, ce qui
maintenant, vu la situation du pays, signifie faire table rase et…
« tout foutre en l’air ».
Le président de la République s’imagine, bien naïvement, qu’en
sortant de son chapeau des chiffons rouges il fera oublier aux Français
qu’il est incapable de faire face à la catastrophe. Reprenant les vieux
« trucs » éculés de Mitterrand avec l’opération « Touche pas à mon
pote » ou l’affaire de Carpentras, il fait mine de s’affoler devant la
montée de l’extrême-droite qui menacerait la démocratie et fait d’un
comique de banlieue un danger pour les valeurs de la République.
Les Français ne sont plus dupes, après l’avoir été si longtemps. Le
danger fasciste, la pieuvre raciste, l’hydre antisémite, l’hyène
xénophobe ne font plus recette. Et d’ailleurs cette gauche, toujours
adepte de la lutte des classes et du communautarisme, est sans doute la
plus mal placée pour prétendre défendre les vraies valeurs de la
République.
Bref, nous sommes contents d’en avoir fini avec 2013 mais nous n’en
avons pas fini avec « eux » et il n’y a aucune chance que les claques
que les Français vont leur donner lors des deux élections de 2014
changent grand-chose.
Thierry Desjardins
Thierry Desjardins
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