Pourquoi si peu de militaires osent-ils dénoncer la situation actuelle de l’armée ? À cause de leur devoir de réserve ?
Cela reste un mystère. Y compris pour votre serviteur. Pourtant, je
peux vous assurer que chaque jour que Dieu fait, ça râle dans les
popotes. Le problème essentiel tient au fait que si les militaires sont
courageux physiquement, ils ont oublié qu’ils exerçaient un sacerdoce au
service d’une terre et d’un peuple et non d’un gouvernement. Cela
étant, ce devoir de réserve est plus que jamais imposé par des
politiciens qui redoutent les forces armées et l’on constate tristement
que la parole est beaucoup moins libre aujourd’hui qu’elle l’était dans
les années 1930. La « grande muette » conserve plus que jamais son
appellation.
Les opérations extérieures auxquelles notre armée participe ne prouvent-elles pas qu’elle est encore opérationnelle ?
Opérationnelle pour quoi ? Par rapport à quoi ? Cela dépend avant
tout de la nature de l’adversaire. À quelle armée digne de ce nom
l’armée française a-t-elle été confrontée depuis la chute de l’URSS ?
Quant à l’engagement en Afghanistan, l’opération est loin de constituer
un succès. Lors de l’embuscade de la vallée d’Uzbin à l’été 2008,
c’était la première fois depuis très longtemps que notre armée perdait
autant de soldats en si peu de temps ! Alors, bien sûr, il arrive que
notre armée, à force de système D, de volonté et de ténacité fasse de
véritables miracles. Comme au cours de l’opération Serval au Mali. Mais
sérieusement, quel ennemi avions-nous face à nous ?
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