François Hollande affirme qu’il a « entendu » le message que
lui ont adressé les Français lors de ce premier tour des municipales. Il
faut dire que ce message était très clair et même tonitruant. Les
Français ne veulent plus de lui, de son gouvernement, de sa politique,
de ce socialisme d’une autre époque qui s’imagine que, pour lutter
contre le chômage, il suffit de créer des emplois aidés et que, si on
soulage un peu les entreprises du poids faramineux des charges qui les
paralysent, il faut exiger de leur part des contreparties impossibles.
Les Français ne veulent plus de cette idéologie délirante qui voudrait
qu’on détruise la famille, l’école, la société pour créer un monde
nouveau.
En s’abstenant ou en votant UMP, voire Front national, les Français
ont poussé un gigantesque cri de colère à la fois contre l’absence de
cap de ce pouvoir incompétent, contre cette politique qui fait encore
monter les chiffres du chômage, contre ce sectarisme qui fait marier les
homosexuels, contre ces deux années totalement perdues qui ont accéléré
la dégringolade du pays, contre tout. Lors de ces municipales, les
Français n’ont pas choisi leurs maires : ils ont hurlé leur immense
ras-le-bol et ont rejoint qui les militants de la manif pour tous, qui
les bonnets rouges, qui les pigeons, en fait l’immense foule de tous les
mécontents qui deviennent furieux.
Mais « entendre » la rumeur n’est pas « écouter » la colère. Il va
sans doute y avoir un remaniement ministériel. Hollande va, peut-être,
remplacer Jean-Marc Ayrault par un autre de ses hommes de main et jouer,
sans doute, aux chaises musicales autour de la table du Conseil des
ministres, histoire d’amuser la galerie, de tromper son monde et de
permettre aux commentateurs de bavasser pendant quarante-huit heures.
Mais ce n’est pas ce que les Français exigent aujourd’hui.
Or, Hollande a bien précisé qu’il n’était pas question pour lui de
« changer de cap » alors pourtant qu’on reproche précisément au
capitaine de pédalo de ne pas avoir de cap. Peut-être, laisse-t-on
entendre à l’Elysée, « quelques petits aménagements », « quelques
inflexions », mais rien de plus. On a souvent dit que cet ancien premier
secrétaire du PS ressemblait comme deux gouttes d’eau à Guy Mollet. Il
faut donc, une fois de plus, rappeler la seule phrase de Mollet qui est
restée dans l’histoire : « Ce n’est pas parce que notre politique est mauvaise que nous allons en changer ».
Hollande signe et persiste. Rien n’y fait. Ni cette déculottée des
municipales, ni ces derniers chiffres encore catastrophiques du chômage,
ni le sourire méprisant du président chinois en visite en France. Il va
continuer comme si de rien n’était. Il n’a rien compris.
Il est persuadé que son pseudo virage à la social-démocratie, voire
au social-libéralisme va finir par porter ses fruits et séduire les
Français. Mais il ne veut pas voir que son Pacte de responsabilité qu’il
nous présente comme « la » solution miracle n’est que de la poudre aux
yeux, de la poudre de perlimpinpin, et que les Français ne sont pas
dupes de cette nouvelle usine à gaz.
Cela dit, que pourrait-il faire d’autre que de continuer à avancer
tête baissée, les yeux fermés et les oreilles bouchées sur son fil de
funambule au-dessus du précipice ? Reconnaitre qu’il nous avait raconté
n’importe quoi pour se faire élire, qu’il a désespérément pataugé depuis
deux ans en accumulant erreur sur erreur et que le socialisme, à
quelque sauce qu’on le mette, n’est sûrement pas la solution ? Ce serait
déjà une bonne idée. A condition qu’il continue en nous annonçant qu’il
est passé du social-libéralisme au… libéralisme-social.
Hélas, Hollande n’est pas seulement sourd et aveugle il est aussi entêté comme une mule, comme le sont tous les idéologues.
Thierry Desjardins
Thierry Desjardins
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