Une république totalitaire traquant les nouveaux suspects
Heureusement qu’il a parlé de Stasi et pas de Gestapo. Dans le cas
contraire, en plus d’être lapidé, Nicolas Sarkozy aurait été brûlé sur
la place publique. Sur le fond, pourquoi aller chercher une référence si
loin de la France, en Allemagne de l’est.
Notre république qui s’assimile abusivement à une démocratie a des
antécédents totalitaires plus français. Il suffit de se référer aux
grands ancêtres de cette révolution dont la gauche s’estime l’héritière
et Sarkozy aussi, tant pis pour lui. Héritière, elle l’est au niveau du
totalitarisme idéologique. Le système (presse- justice – politique) a
remis au goût du jour médiatique la loi des suspects. Les suspects, ce
sont ceux qui ne seraient pas de bons républicains. Certes le monde a
changé, c’est moins violent physiquement, mais l’approche est la même.
La Loi des suspects est votée le 17 septembre 1793 pendant la Terreur
de la Révolution française. Elle marque un net affaiblissement du
respect des libertés individuelles, voire une « paranoïa
révolutionnaire». Avec cette loi, sont réputés suspects ceux qui «soit
par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos ou
leurs écrits, se sont montrés partisans de la tyrannie ou du
fédéralisme, et ennemis de la liberté, ceux qui ne pourront justifier,
de la manière prescrite par le décret du 21 mars dernier, de leurs
moyens d’exister et de l’acquit de leurs devoirs civiques ; ceux à qui
il a été refusé des certificats de civisme, les fonctionnaires publics
suspendus ou destitués de leurs fonctions par la Convention nationale ou
par ses commissaires et non réintégrés, ceux des ci-devant nobles,
ensemble les maris, femmes, pères, mères, fils ou filles, frères ou
sœurs, et agents d’émigrés, qui n’ont pas constamment manifesté leur
attachement à la Révolution, ceux qui ont émigré dans l’intervalle du
1er juillet 1789 à la publication du 30 mars – 8 mars 1792, quoiqu’ils
soient rentrés en France dans le délai prescrit par ce décret ou
précédemment ».
Cette loi ordonnait l’arrestation de tous les ennemis, avoués ou
susceptibles de l’être, de la Révolution. Son contenu fut encore durci
en 1794 et les arrestations furent confiées aux comités de surveillance
et non aux autorités légales. Selon Jean Tulard, il y eut 500.000
prisonniers et 300.000 personnes assignées en résidence surveillée.
Bien sûr, les temps ont changé et la guillotine a été remplacée par
la lapidation médiatique. Mais on est condamné à une mort civique. Il y a
bien un système qui considère à abattre ceux qui n’adhèrent pas
totalement à ses valeurs. Tous sont qualifiés d’anti-républicains d’une
manière ou d’une autre. On n’est pas si loin de 1793 finalement. C’est
bien la même mentalité… une mentalité de traque et d’épuration
permanente. Sarkozy a été un dénonciateur avant d’en être une victime.
Car on est toujours le suspect de quelqu’un.
Cette vigilance républicaine est exercée notamment par les
journalistes de gauche qui traquent les « mauvais citoyens « et les
livrent à une justice militante. Qui peut penser le contraire? On a
traqué les candidats du FN pendant toute la campagne pour diaboliser le
parti et entraver son ascension annoncée. Cela a été jusqu’à samedi où,
la campagne étant terminée, on a rendu public pour le disqualifier un
Sms du candidat FN à Perpignan, Louis Alliot, ayant traité un
journaliste de pute.
Si on traite les magistrats de bâtards et les journalistes de putes
dans des conversations privées, ces deux professions devraient
s’interroger et ne pas seulement s’indigner. C’est que le vocabulaire
traduit une colère face a des comportements partiaux et bénéficiant de
l’impunité. Quand à la gauche elle traite Sarkozy de Berlusconi, ce qui
n’est certes pas dans son esprit un compliment.
A chacun ses références.
Raoul Fougax
Source: Metamag.
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