En France, le
transhumanisme est une notion médiatiquement récente : inventer une
néo-humanité passe plus par la défense des droits sexuels à la sauce
LGBT que par une transformation mécanique des individus.
Mais cette notion d’une humanité augmentée par
la technique n’est pas qu’un fantasme de science-fiction ou le rêve de
quelques savants à l’éthique atrophiée : c’est le projet soutenu par
Google, l’entreprise la plus puissante du monde. Ce soutien n’est pas
qu’une posture “citoyenne” : c’est un axe de développement stratégique
qui pousse le moteur de recherche à acheter, fin 2013, huit sociétés de
robotique, dont Boston Dynamics, spécialiste de la simulation humaine
(comportement et physiologie). Et qui a poussé Apple à recruter des
experts en médecine connectée et à nommer l’un de ses membres PDG de
Calico, société créée par Google pour lutter contre le vieillissement.
Cette alliance du virtuel et du réel a un nom : NBIC, pour
Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et sciences Cognitives.
L’idée est de faire converger ces sciences pour améliorer les
performances humaines – voire l’espèce humaine, les transhumanistes
n’hésitant à prédire l’immortalité pour ceux qui auront accepté de
s’augmenter convenablement : Laurent Alexandre, président de DNAvision,
leur thuriféraire français, le promettait lors d’une conférence TED à
Paris, le 6 octobre 2012, et 2045 est la date magique à laquelle
l’humanité est censée pouvoir s’affranchir de la mort (le site de
propagande 2045.com regroupe tous les éléments nécessaires pour
comprendre l’idéologie sous-jacente).
Le signe NBIC lui-même, qui se présente comme une évidence, est déjà une façon de forcer le débat en présentant cette alliance comme une convergence économique “naturelle”. Les biotechnologies regroupent le séquençage du génome et la biologie de synthèse. Avec un coût du séquençage désormais inférieur à 100 euros (selon les pays et les acteurs), le marché est gigantesque, puisque connaître son génome c’est maitriser sa santé. La femme du co-fondateur de Google, Sergey Brin, a ainsi fondé la société 23andMe, spécialisé dans le séquençage et la détection des problèmes médicaux (jusqu’à ce que le gouvernement américain lui demande de suspendre cette activité). [...]
Philippe Mesnard - La suite dans L’AF 2882
Le signe NBIC lui-même, qui se présente comme une évidence, est déjà une façon de forcer le débat en présentant cette alliance comme une convergence économique “naturelle”. Les biotechnologies regroupent le séquençage du génome et la biologie de synthèse. Avec un coût du séquençage désormais inférieur à 100 euros (selon les pays et les acteurs), le marché est gigantesque, puisque connaître son génome c’est maitriser sa santé. La femme du co-fondateur de Google, Sergey Brin, a ainsi fondé la société 23andMe, spécialisé dans le séquençage et la détection des problèmes médicaux (jusqu’à ce que le gouvernement américain lui demande de suspendre cette activité). [...]
Philippe Mesnard - La suite dans L’AF 2882
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire