"Monsieur le président de la République,
notre pays traverse une profonde crise, une crise économique avec un
chômage record et une crise politique, avec une désaffection majeure de
nos concitoyens comme viennent de l’illustrer le désaveu de votre
majorité autant que l’abstention massive des électeurs, notamment dans
les zones péri-urbaines votant pourtant à gauche jusqu’à présent. Une
crise sociétale aussi, dont il faut, hélas, rendre à César, vous-même,
ce que César a laissé faire, puisque c’est un fait que c’est sous votre
présidence que, pour la 1ère fois depuis la fondation de la
République en 1792, un sujet de société a donné motif à envoyer
plusieurs fois un million de Français dans la rue. A l’évidence, les résultats des municipales sont notamment la réponse des Français au mépris dont vous avez témoigné à leur égard.
Des citoyens de tous horizons se sont
mobilisés pour le respect de la réalité humaine homme/femme et de la
filiation père/mère/enfant, contre le « mariage » prétendument « pour
tous ». Ils ne l’ont pas fait par « professionnalisme du pavé », ils ne
l’ont pas fait pour obtenir une « énième semaine de congés payés » : non, ils l’ont fait pour le bien commun, une valeur désintéressée.
Ils ont manifesté, notamment les 13 janvier, 24 mars, 26 mai 2013 et 2
février 2014, pour exprimer leur inquiétude à l’idée que l’on piétine
l’intérêt supérieur de l’enfant en le privant délibérément de père ou de
mère ; que l’on fasse passer leurs droits et leurs besoins avant les
revendications du lobby LGBT, ultra-minoritaire, ne représentant pas
l’ensemble des personnes homosexuelles vivant en France ; que l’on
démolisse la politique familiale en quelques mois ; qu’on laisse agir
des agences avides et sans scrupule, exploitant le désir d’enfant...
C’est inacceptable.
Monsieur le président de la République, vos
projets de société, élaborés par des apprentis sorciers, créant des
divisions artificielles entre « hétéros » et « homos », sont déconnectés
de la réalité, contraires à la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, dont l’article IV précise que « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » et contraires à la Convention internationale des droits l’enfant, signée par la France, dont l’article 7 déclare que « l’enfant a le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux » et l’article 9 que « les Etats parties veillent à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré ».
Nous sommes des Français soucieux de
boucler les fins de mois, de faire réviser les devoirs du soir de nos
enfants, de leur transmettre comme valeur le respect des élus qui
œuvrent au bien commun. De toutes nos forces, nous n’aspirons qu’à être
tranquilles. Mais, de toutes nos forces, nous ne lâcherons rien sur l’intérêt supérieur de l’enfant. RIEN.
Le 3 février dernier, votre Premier ministre, qui semblait avoir
compris la détermination des familles excédées a annoncé l’ajournement
de la loi « famille » que préparait Dominique Bertinotti de la manière
la plus opaque qui soit. Mais vos ministres ont ensuite évoqué la
possibilité de faire passer les mesures prévues une par une, en douce.
Les projets de réduction du congé parental, d’interdiction de temps
partiel de moins de 24h par semaine, d’individualisation de l’impôt… ont
été poursuivis. Najat Vallaud-Belkacem et Vincent Peillon ont continué
d’avancer sur leur prétendu « ABCD de l’égalité » - « ABCD » du genre
en réalité -, et la rééducation de nos enfants « dès le plus jeune
âge », comme ils disent, pour leur faire entrer l’identité de genre dans
le crâne. Quelles que soient leurs origines et leurs sensibilités, les
Français considèrent que c’est insupportable.
Monsieur le président de la République, les familles, déjà vaches à lait des impôts, déjà mal aimées du gouvernement, sont
à présent terrorisées par l’annonce de la suppression du financement
autonome de la branche des allocations familiales à propos de laquelle
elles sont dans le flou le plus total. Comme si rien ne s’était
passé, comme si vous n’aviez pas écouté les sages conseils d’un
François Mitterrand sachant retirer son projet de loi « école », vous
avez fait savoir qu’après les élections municipales et européennes, vous
comptiez poursuivre : après la « loi Taubira », la généralisation de
l’« ABCD », le projet de « loi Bertinotti », le projet de « loi
Touraine »...
Monsieur le président de la République,
les familles n’en peuvent plus de ces réformes sociétales voulues par
quelques uns contre la majorité tranquille de la France. Les familles
vous demandent de vous occuper du chômage, du pouvoir d’achat, de la
réduction de la dette de la France, de la relance de l’économie. Alors,
dans votre rôle d’arbitre des institutions et de garant de la paix
civile, elles vous demandent solennellement, de renoncer aux
réformes sociétales qui – les résultats des municipales l’attestent –
n’ont l’aval que d’une très petite minorité de Français...
Monsieur le président de la République, nous
demeurons très vigilants aux nominations imminentes, en particulier
pour ce qui concerne la famille et l’Education nationale. Toute
nomination de partisan de l’idéologie du genre et/ou de la
libéralisation de la PMA et de la GPA, serait vécue pour les familles
comme une véritable provocation. Si nous ne sommes pas
entendus, si les familles n’ont encore en plein visage que des projets
idéologues et contraires au bien commun, que du mépris et du déni de la
part de vos futurs ministres, alors nous appellerons de nouveau à
descendre dans la rue pour faire stopper tous ces projets de société
aberrants.
Monsieur le président de la République,
ce n’est pas un ultimatum, c’est un appel du cœur des familles.
Laissez-les en paix. Laissez-nous en paix."
Michel Janva
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