C'est la dernière analyse d'Hilaire de Crémiers, dans le numéro de Politique magazine d'avril. Il n'y va pas pas par quatre chemins. Extrait.
"Hollande ne peut plus gouverner. Quoi
qu'il fasse et quelque « truc » qu'il invente, il est dorénavant dans
l'impossibilité pratique de réussir personnellement à redresser la
situation ; en aurait-il l'intention, il n'a plus la capacité de faire
aboutir quelque projet que ce soit, sur tous les points où les Français
sont en attente des réformes nécessaires. Lui et son gouvernement d'idéologues, en deux ans, n'auront fait que casser la France davantage,
détruire les familles, briser les liens sociaux, épuiser les
patrimoines, accabler les entreprises, tuer même l'esprit
d'entreprendre, décourager les braves gens, appauvrir le peuple,
désespérer la jeunesse qui n'est plus éduquée, ni formée, ni élevée,
abandonnée aux sinistres pitreries d'un prétendu grand maître éducateur,
aggraver les souffrances matérielles et morales des Français dont cette
petite bande de paltoquets sans cœur, sans envergure d'esprit, centrés
sur leur « moi » de médiocres politiciens aussi prétentieux que vains,
se moque éperdument. [...]
Les institutions de la Ve République sont réduites aujourd'hui à néant. Le chef de l'état n'est plus qu'un ectoplasme qui répète « moi, moi, »
pour se persuader vraisemblablement qu'il existe et dont les
conseillers ne servent à rien, sauf ceux qui sont chargés des basses
œuvres du parti et des règlements de compte personnels ; le Premier
ministre mal assis, mal placé, mal pris, ne sait plus s'il est le bras
exécutif du patron de l'Élysée ou la tête de la majorité parlementaire
qui, elle-même, n'a plus aucun centre de gravité et qui n'est qu'un
éparpillement de volontés sans ordre ni raison ; les ministres ne
pensent qu'à leur mince personne et tirent, chacun, à hue et à dia avec
des plans toujours plus absurdes ; les ténors du parti et les hommes de
l'appareil ne sont préoccupés que de leur avenir. Quel tableau !
Qui va remplacer Ayrault est la grande
question politique du jour. La semaine prochaine, quand paraîtra
Politique magazine, ce sera peut-être chose faite, Hollande ayant été
bousculé, car, s'il n'en tenait qu'à lui, il userait jusqu'à la corde
l'homme qui ne lui faisait pas trop d'ombrage. Mais peu importe, Valls,
Le Drian, même la Royal ou l'Aubry ou le Fabius ou quelque autre du même
acabit, rien ne changera, car le remplaçant, fort ou faible, n'aura pas
plus de moyens de redresser la situation. Les institutions ne s'y
prêtent plus, elles offrent le spectacle d'un champ de ruines. L'homme
qui aura cédé au goût du pouvoir, s'y perdra, allant de murs branlants
en murs branlants et découvrant partout des trous béants que personne ne
voudra ni ne pourra combler. Quand l'esprit est parti, la chair se décompose ! C'est vrai des sociétés comme des hommes."
Paula Corbulon
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