La procédure de destitution du président de la République est bien prévue par l’article 68 de la Constitution. « Le Président de la République ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat », énonce cet article. C’est ce que plaidera le RN, un point de rupture. « On en a assez, fulmine Jean-Paul Garraud, que notre souveraineté soit bafouée tous les jours, mais aller jusqu’à partager la dissuasion nucléaire nationale, il n’en est pas question ! »
La synthèse allemande
Cela fait en effet plusieurs mois, voir des années, qu’Emmanuel Macron tourne autour de cette idée et l’évoque dans des réunions internationales. Ce président sans majorité au Parlement français, tombé très bas dans les sondages d’opinion et proche de la sortie en 2027 ne rate plus une occasion de remettre le sujet la table. Le vendredi 13 février, le président de la République est à Munich pour la 62e édition de la conférence sur la sécurité. Devant la presse, il tourne autour du pot : « Nous sommes en train de concevoir et, dans quelques semaines, je détaillerai cela mais nous avons engagé un dialogue stratégique évidemment avec le chancelier Merz mais aussi avec quelques dirigeants européens afin de voir comment nous pouvons articuler notre doctrine nationale qui est garantie et contrôlée par la Constitution avec une coopération spéciale, des exercices communs et des intérêts de sécurité communs avec certains pays alliés ». Du Macron pur sucre, long et entortillé. Il cite bien la dissuasion nucléaire française… « C’est important parce que c’est un moyen d’articuler la dissuasion nucléaire dans une approche holistique de la défense et de la sécurité, dans le cadre d’une « culture stratégique » franco-allemande », lance le président français.
Le chancelier allemand, lui, est nettement plus clair... Il lance sous le regard satisfait d’Ursula von der Leyen : « J'ai commencé les premières discussions avec le président français Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire européenne. » La synthèse allemande.
En octobre 2025, Macron avait dit au Frankfurter Allgemeine Zeitung : « Début 2026, je prononcerai un discours sur la doctrine nucléaire. » On l’attend… Il précisait que des conversations entre différents pays européens portaient sur « une dissuasion nucléaire commune ».
En réponse, Marine Le Pen avait, le dimanche 3 mars 2024 à Marseille, lors de la campagne des européennes, annoncé sa volonté d'inscrire la dissuasion nucléaire dans la Constitution « comme un élément inaliénable de notre souveraineté ». « Nous sommes les défenseurs de la souveraineté nationale », lançait déjà Marine Le Pen.
Une première pour le RN
La destitution du président de la République n’est bien sûr pas acquise… Elle est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour par les deux assemblées. La Haute Cour, présidée par le président de l'Assemblée nationale, doit alors statuer « dans un délai d'un mois, à bulletins secrets ». Il lui faut encore la majorité des deux tiers des membres composant l'assemblée concernée ou la Haute Cour. Depuis une loi organique de novembre 2014, toutes les procédures de destitution ont échoué : celle de 2016 lancée par Les Républicains contre François Hollande, comme celle de 2024 lancée par la France insoumise déçue que sa condidate Nupes n’accède pas à Matignon. Deux autres propositions insoumises ont été aussi refusées.
Mais l’initiative porte une valeur symbolique forte : pour la première fois, le RN demanderait la destitution d’Emmanuel Macron. Ne ratez pas l’entretien complet de Jean-Paul Garraud sur BV ce samedi à 18 heures.
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