
Après la punition des États-Unis envers l’ancien commissaire européen, Thierry Breton, l’interdisant d’y voyager, c’est l’émissaire du président russe qui a pris la parole sur X, justement le réseau international d’Elon Musk que le responsable politique européen souhaite interdire en France et en UE. Les cibles sont la liberté d’expression des habitants de l’UE et la santé des citoyens européens.
« Selon Politico, Thierry Breton, censeur et homme de main de Pfizer », « ne hait pas les États-Unis », « il hait simplement la liberté d'expression et l'humanité », a publié sur son compte X, le PDG du Fonds d'investissement direct russe, envoyé spécial du président de la Russie (émissaire) pour la coopération en matière d'investissement et d'économie, Kirill Dmitriev en y rajoutant en lien l’article du média politique anglophone.
Chose intéressante, les États-Unis et la Russie portent le même regard inquiet sur les dérives en UE. Elon Musk a vivement critiqué l'ancien commissaire européen Breton, le qualifiant de « tyran de l'Europe » et de « menteur » début 2025, dans un contexte de tensions autour des régulations numériques de l'UE et du soutien de Musk à l'extrême droite allemande (AfD). Aujourd’hui, c’est au tour de Kirill Dmitriev de dénoncer les agissements de cet ancien ministre français. La France et l’UE, en raison des actions de Breton, sont vues aux États-Unis et en Russie comme des entités dictatoriales qui font régner la terreur sur les habitants du bloc.
Thierry Breton, cet ancien ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie au sein du gouvernement Raffarin III de 2005 à 2007, est un très proche de Macron ce qui explique la volonté de contrôler et de censurer des contenus sur le Net. D’ailleurs, « Emmanuel Macron veut l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée prochaine », annonce maintenant Le Figaro.
L'interdiction technique des réseaux sociaux aux moins de 15 ans repose sur une vérification d'âge rigoureuse lors de l'inscription et une surveillance continue des comptes, imposant aux plateformes de refuser l'accès ou de demander un consentement parental explicite. Les solutions techniques incluent le scan de pièces d'identité, des selfies vidéo pour l'estimation de l'âge, ou des vérifications en « double aveugle » via des tiers de confiance. Cette méthode oblige les adultes à révéler leur identité. Le pouvoir politique va obtenir les identités des gens qui publient du contenu ou pouvoir bloquer les indésirables ce qui peut entraîner des conséquences sur leur vie par des interdictions de pouvoir retirer de l’argent de leur compte bancaire.
Des cas nombreux existent déjà en UE. Jacques Baud est un ancien colonel du renseignement militaire suisse, analyste stratégique et spécialiste du terrorisme. Connu pour ses critiques du narratif occidental sur le conflit ukrainien, cet ex-agent ayant travaillé pour l'ONU et l'OTAN est devenu une figure controversée, sanctionné par l'UE en 2025.
Pour rappel, Thierry Breton, s'est vu interdire l'entrée sur le territoire des États-Unis le 23 décembre 2025 par l'administration Trump, le désignant persona non grata. Cette sanction vise ses actions en faveur de la régulation des grandes plateformes numériques américaines via la directive européenne DSA, le règlement européen sur les services numériques qui, selon ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui en UE, vise une responsabilisation des plateformes pour la haine, la manipulation, la désinformation, les contrefaçons, le cyberharcèlement...
Selon Breton et l’entourage politique actuel qui gravitent autour de lui en France et en UE, ces dérives (définissant la liberté d’expression à des dérives) touchent de plus en plus de contenus en ligne. L’ancien commissaire européen, avait affirmé début 2025 que l'interdiction de la plateforme X en Europe est « légalement possible » si elle ne respecte pas le DSA. Il avait fait savoir que X a l'obligation de contrôler les contenus illicites s’arrogeant le droit de dire qu’elle information a le droit d’être dite, tout en affirmant défendre et protéger la démocratie. Justement, la démocratie fonctionne par la séparation des pouvoirs, le politique n’ayant pas l’autorisation de toucher aux publications et aux idées dans une démocratie.
Le président français, Emmanuel Macron, avait alors condamné l'interdiction d'entrée imposée par les États-Unis à Breton en scandant la défense de la démocratie, déclarant : « La France condamne les mesures de restriction de visa prises par les États-Unis à l'encontre de Thierry Breton et de quatre autres personnalités européennes. Ces mesures s'apparentent à de l'intimidation et à de la coercition visant à saper la souveraineté numérique européenne. La réglementation numérique [DSA] de l'Union européenne a été adoptée à l'issue d'un processus démocratique et souverain par le Parlement européen et le Conseil. Elle s'applique au sein de l'Europe afin de garantir une concurrence loyale entre les plateformes, sans cibler aucun pays tiers, et de garantir que ce qui est illégal hors ligne le soit également en ligne. Les règles régissant l'espace numérique de l'Union européenne ne sauraient être définies en dehors de l'Europe. Avec la Commission européenne et nos partenaires européens, nous continuerons de défendre notre souveraineté numérique et notre autonomie réglementaire ».
Macron insinuait ici que les États-Unis de Trump ne sont pas une démocratie, la même accusation portée à l’encontre de la Russie. Pour la France, qui réalise des montages de censure et d’intimidation, elle a le droit car elle défend la démocratie.
Dans un entretien avec Politico de la semaine dernière, Breton en remet une couche en lançant : « Les interdictions de voyager visant des responsables individuels de l'UE sont injustifiées et devraient être corrigées ». Breton insiste pour affirmer à Politico « qu'une interdiction de voyager qui lui avait été imposée par les États-Unis était injustifiée et reflétait une incompréhension fondamentale de la manière dont l'Europe réglemente la liberté d'expression ». « Musk avait été condamné à une amende de 120 millions d'euros pour violation de la loi européenne sur la modération des contenus » ; « Breton a été inclus car il était le commissaire qui a fait adopter et contribué à la mise en œuvre du règlement européen sur les services numériques (DSA), un texte réglementaire conçu pour appliquer les politiques de modération des contenus sur les grandes plateformes en ligne », rappelle le média politique anglophone.
« Le problème est que l'administration Trump applique les principes de liberté d'expression de la Constitution américaine à des pays européens qui n'ont pas d'équivalent et qui peuvent imposer des limites à certaines formes d'expression en fonction de leur expérience du terrorisme et du fascisme », martèle Breton alors que justement la censure en UE rappelle pour les observateurs et les consommateurs d’informations les méthodes que ce dernier dénonce. Breton continue dans l’entretien à Politico de s’enfermer dans son discours alors que les États-Unis ont décidé de frapper fort contre sa personne.
En février 2025, JD Vance, le vice-président des États-Unis, pointait du doigt les représentations déformées de la démocratie européenne et l’insensibilité face au traumatisme de l’Europe avec le fascisme. JD Vance compare les méthodes de l’UE implicitement à des méthodes autoritaires en dénonçant un recul de la liberté d'expression. Pour cette raison, les États-Unis et la Russie sont inquiets d’assister à la métamorphose de l’UE.
Les États-Unis - comme la Russie - critiquent la censure de la liberté d'expression et la répression de l'opposition politique en Europe. Pour Breton, ces accusations sont des faits non prouvés, des prétentions ou des faits rapportés, sans certitude de véracité. Pour les utilisateurs de l’Internet en France et en UE, c’est bien une dure réalité. Même des partis politiques comme l’AfD en Allemagne et le RN en France sont la cible de censures.
« Le gouvernement [français] confie la censure du Net à des associations militantes subventionnées, toutes hostiles au RN », a averti Jordan Bardella, précisant : « Avec l’argent public et la police du Net, ils veulent faire taire nos idées ». « La méfiance du public envers les compétences numériques de ce gouvernement allemand est pleinement justifiée. En approuvant l'article 13 du projet de nouvelle directive européenne sur le droit d'auteur, qui oblige les entreprises internet à utiliser des filtres pour bloquer les contenus indésirables, il a semé un véritable nid de censure », dénonce la chef de l’AfD, Alice Weidel. « Soit les négociateurs de la grande coalition se sont une fois de plus fait berner, soit ils sont tout à fait disposés à restreindre davantage les libertés des citoyens allemands au moyen de directives européennes douteuses », rajoutait-elle.
Le propriétaire de X, Elon Musk, est accusé par Breton de soutenir l’AfD. L’AfD monte dans les sondages et inquiète l’establishment politique de l’UE. « On l'a fait en Roumanie et il faudra évidemment le faire si c'est nécessaire en Allemagne », a martelé Breton, évoquant l’annulation des élections en Allemagne au cas où l’AfD pourrait gagner les élections, faisant référence aux élections en Roumanie où l’élection présidentielle roumaine a été annulée après le résultat surprise du premier tour qui a mis en tête un candidat opposé à la politique de l'UE.
Sans la moindre gêne, Breton affirme à la fois que l’UE respecte la liberté d’expression, qu’elle ne censure pas mais qu’elle doit annuler des élections démocratiques d’un pays selon le goût de ceux qui dirigent actuellement le bloc. L’autre point soulevé par l’émissaire russe concerne la santé des Européens. Breton lors de la pandémie de Covid-19 était, comme le note Le Figaro, le commissaire européen en charge des vaccins. Sur ce point le quotidien français écrivait, « il ajoute un refus extravagant d’admettre la moindre erreur, et continue à défendre sa politique vaccinale, en s’abritant derrière des éléments de langage aussi fragiles que malhonnêtes, qui laissent penser qu’il prend les citoyens pour des imbéciles ». Pour la liberté d’expression la même malhonnêteté apparaît.
Pierre Duval
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