
par Adègne Nova
Le 19 janvier 2024 a été publié sur le site www.info.gouv.fr un article titré « Fake news : comment les reconnaître et comment s’en protéger ? »… Ce serait quand même ballot que le citoyen Lambda croit autre chose que les paroles savamment distillées par le camp du bien ! Au passage, je note qu’on se moque éperdument de la loi Toubon sur cette page en ligne, vous vous souvenez le « machin » dans lequel il était dit que « langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics »… bien, bien, bien !
Ainsi donc, il faut se prémunir des infox, ces « informations délibérément fausses ou trompeuses diffusées comme si elles étaient vraies, souvent avec l’intention de manipuler l’opinion, de semer la confusion ou de nuire à la confiance dans les institutions et les médias », explique ladite page sus-mentionnée. J’ai envie de dire qu’il faudrait quand même voir à pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages ! Bref !
Et voilà que depuis quelques temps, grosso modo depuis qu’est arrivé au pouvoir le pitre qui tient lieu de président à la France, on nous parle d’infox tous les quatre matins, et bien plus encore, on a même pensé, pour notre bien il va s’en dire, à la création d’un label de bonne presse ! À côté de ça, pour bien nous montrer que tout ce qui est fait là l’est pour notre bien, pour éclairer notre esprit, etc., on nous rappelle tout ce que le siècle des Lumières a apporté de merveilleux à la population qu’il a tirée de son obscur passé. Ah salvatrice Révolution qui en a découlé, que n’as-tu pas fait pour le genre humain ?
Mais quand même… Le chantre des Lumières, le savant Voltaire, le philosophe parfait, l’écrivain aux si beaux textes, écrivait à son ami Damilaville – un personnage subalterne dans l’élaboration de L’Encyclopédie, employé surtout par les auteurs principaux, « véritables conjurés » que sont Voltaire, Alembert, Helvétius, Diderot, Condorcet, Raynal et l’abbé Morellet, « à colporter et répandre les libelles, à cabaler en tous genres et à faire de temps en temps quelques articles et petits écrits », selon la comtesse de Genlis – dans les années 1760 : « Nous étions convenus, malgré la loi de l’histoire, de supprimer des vérités ; parcourez ce manuscrit et si vous y trouvez quelque vérité qu’il faille encore immoler, ayez la bonté de m’en avertir ». Ah bravo, monsieur le combattant des ténèbres ! Si ça, ce n’est pas de la gigantesque fake en préparation, je n’y connais rien !
Mais revenons à ce Voltaire, tant vanté à l’école, des élèves les plus jeunes aux lycéens, c’est en les nommant Velches qu’il parle des Français, ses compatriotes qu’il voudrait, paraît-il, éclairer (manipuler, ne serait-il pas plus juste ?) pour leur mieux-être, dans un texte écrit en mars 1764. Velches ? Le Littré explique que ce sont des hommes ignorants et superstitieux. Pour faire bref et direct : de sombres crétins. Deux ans plus tard, en juillet 1766, il envoie une lettre à Diderot dans laquelle il lui demande « comment un cœur sensible et un esprit juste [comme lui] peut habiter le pays des singes devenus tigres », le royaume de France donc. Allez faire aimer la France aux Français après ça !?!!
Il serait temps, je pense, de considérer avec un esprit critique – même juste un peu –, les écrits de cet homme que l’on encense un peu trop facilement aujourd’hui. Pour nous y aider, je reprends ici les mots du comte de Maistre qualifiant lesdits écrits : « L’admiration effrénée dont trop de gens entourent Voltaire est le signe infaillible d’une âme corrompue. Voltaire a [d’ailleurs] prononcé contre lui-même, sans s’en apercevoir, un arrêt terrible : ‘un esprit corrompu ne fut jamais sublime’. (…) il est médiocre, froid et souvent, qui le croirait ?, lourd et grossier dans la comédie car le méchant n’est jamais comique ; (…) s’il essaie la satire, il glisse dans le libelle ; il est insupportable dans l’histoire, en dépit de son art, de son élégance et des grâces de son style, aucune qualité ne pouvant remplacer celles qui lui manquent et qui sont la vie de l’histoire [à savoir] la gravité, la bonne foi et la dignité ».
Alors, Voltaire, on commence à tomber par terre ?
(Illustration : Détail d’Apaté du vase de Darius, 340-320 av. Jésus-Christ. Apaté étant, dans la mythologie grecque, la déesse mineure, fille de Nyx, personnification de la duperie, de la tromperie).
https://www.actionfrancaise.net/2026/03/18/cest-la-faute-a-voltaire/
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