mercredi 11 mars 2026

Cette confusion intellectuelle qui rejette le débat

 

Qui ose débattre ? La caricature, l’injure, l’excommunication ont, partout, éteint les utiles controverses, au profit de l’entre-soi et de l’auto-congratulation. A Paris, Rachida Dati (LR) a refusé d’affronter ses concurrents à la veille du premier tour des municipales, ce dimanche. Elle traite Sarah Knafo (Reconquête) en indésirable, au risque d’empêcher une victoire de la droite unie le 22 mars si la talentueuse candidate « révolutionnaire » (CNews-Europe 1, ce mercredi) dépasse les 10%, ce qui paraît probable. Même le RN qualifie le mouvement d’Eric Zemmour de « nauséabond » (Laurent Jacobelli), en s’appropriant le cliché des cloueurs de bec.

La chasse aux « fascistes », ouverte par une extrême gauche plus stalinienne que jamais, est aussi l’alibi d’une macronie subclaquante. N’entendant pas rendre des comptes de ses échecs, le parti présidentiel préfère dénoncer, derrière Emmanuel Macron, « l’internationale réactionnaire » et une « extrême droite » liquide et indéfinissable. Pour leur part, les antisionistes pavloviens, symbolisés par l’outrance lyrique de Dominique de Villepin, refusent d’entendre les arguments existentiels d’Israël pour briser les reins du nazislamisme iranien, qui veut éliminer les Juifs de la région. Les anti-Trump, eux, persistent à ne voir dans leur paria qu’un illuminé clownesque qui se croit choisi par Dieu pour accomplir sa mission prophétique de lutte contre le Mal. Dans cette confusion intellectuelle, personne n’écoute personne. Certains en viennent à souhaiter la victoire des mollahs et à pleurer la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, sanctifié par des naïfs pour avoir interdit naguère la production, le stockage et l’utilisation de l’arme nucléaire. Reste pourtant les 440 kilos d’uranium enrichi, dissimulés par le dictateur bonasse : ils permettraient de produire une dizaine de bombes nucléaires. Bombes« haram », mais pas trop…

Jamais la pensée dominante n’a été aussi stérile qu’en cette période historique où toutes les idéologies, ces prêts-à-penser, s’effondrent en même temps. Dans « Où allons-nous ? », Georges Bernanos note : « Nous sommes menacés de voir un jour – pas pour longtemps, hélas ! – des démocraties sans démocrates, des régimes libérés sans hommes libres ». C’est cette vacuité manichéenne que connait la démocratie française, qui craint plus que tout l’expression de son peuple oublié. Le discours officiel s’est laissé envahir par les prêcheurs, leurs inquisitions, leurs lynchages. Force est de constater l’incapacité à analyser en profondeur la possible mise en échec du totalitarisme coranique dont s’accommode le chef de l’Etat, obnubilé par Poutine. C’est pourtant un Nuremberg de l’islamisme qui devrait être promis aux mollahs et aux Gardiens de la révolution, récusés par une majorité d’Iraniens qui ne craignent pas d’applaudir Trump et Netanyahou pour leur guerre de libération. Plus généralement, il devient impératif, pour les élites en pilotage automatique, de se tourner enfin vers les Français ordinaires, dont les jugements ne sont pas tous corsetés par les dogmes et leurs interdits. Les municipales, dimanche, seront une première occasion pour tenter de secouer un système sclérosé, à encéphalogramme plat.

Mes interventions de mardi sur Ligne Droite (8h45-8h55) et CNews (11h-12h)

Mon intervention de mercredi sur CNews (11h-12h)

https://blogrioufol.com/cette-confusion-intellectuelle-qui-rejette-le-debat/

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire