mardi 3 mars 2026

Commission audiovisuel public : la victimisation de Samuel Etienne ne passe pas

Samuel Etienne photo AFP ne pas réutiliser
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Ce fut l’une des révélations de ces derniers jours. Le 25 février, en pleine commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, le rapporteur Charles Alloncle a abordé le cas particulier de Samuel Étienne. Ce dernier est pointé du doigt pour d’importantes sommes d’argent public qui lui ont été versées par France Télévisions. Selon les propos du député UDR, le présentateur de Questions pour un champion aurait négocié une rupture conventionnelle avec France TV, percevant une indemnité de départ de plusieurs centaines de milliers d’euros, tout en continuant à présenter ladite émission, désormais rémunéré par une société de production. « Autrement dit : une indemnité de départ très importante financée par des fonds publics, suivie de l’exercice des mêmes fonctions, sur la même antenne, sous un autre statut », a résumé Charles Alloncle, visiblement soufflé par la rouerie de l’opération.

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Mais devant la représentation nationale, Samuel Étienne n’a pas exprimé la moindre gêne. Il a balayé l’existence d’un quelconque « problème déontologique » et refusé de communiquer le montant des indemnités touchées. Mieux : il a exposé ses activités parallèles, non-télévisuelles, et notamment sa chaine Twitch qui, présentée d’abord comme une initiative personnelle, a bénéficié elle aussi de fonds publics provenant de… France Télévisions ! « Tous les créateurs de contenus ont besoin de moyens pour produire leurs émissions, a-t-il assumé sans complexe. Et, à un moment, France Télévisions, parce que je leur ai proposé, m’a apporté un budget pour m’accompagner sur 32 émissions. C’est un deal de sponsoring ! ».

Avec une franchise confondante, Samuel Étienne a expliqué que son ancien employeur avait accepté de le laisser créer sa propre chaine Twitch à une condition : un futur renvoi d’ascenseur. « Ok, on te laisse explorer cet univers qui nous intéresse beaucoup, mais tu vas nous aider de temps en temps, tu vas nous renvoyer l’ascenseur en nous accompagnant sur nos propres programmes sur Twitch », lui aurait-on demandé à France Télévisions. Des révélations qui ont fait réagir le rapporteur de la commission d’enquête : « Samuel Étienne a reconnu qu’un partenariat avec France TV avait permis de financer cette même chaîne. Il a expliqué que cela permettait au groupe "d’explorer, à travers moi, cet univers", reconnaissant ainsi l’existence d’un lien direct entre France Télévisions et sa plateforme, qui n’apparaît donc ni totalement indépendante ni strictement personnelle… »

Opération victimisation

A la suite de ces révélations pour le moins problématiques, Samuel Étienne a opté pour une stratégie de défense bien peu originale. Il a choisi de se victimiser, se disant la cible d’un violent cyber-harcèlement. « Monsieur le député UDR Charles Alloncle, vos deux tweets du 25 février ont entrainé sur mes réseaux sociaux de très nombreux messages de harcèlement, d’insultes et de menaces, a-t-il écrit sur X. Votre responsabilité est grande (…) Je vous demande de retirer ou de corriger vos tweets, et de vous excuser pour avoir participé à une entreprise de désinformation ». En guise de réponse, l’animateur télé s’est pris un autre missile dans les dents, lui rappelant point par point ce qui lui était reproché. « Gardez vos pressions, vos injonctions et vos demandes d’excuses. Les Français ne veulent plus payer pour ça », a ainsi rétorqué Charles Alloncle, droit dans ses bottes.

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De manière générale, la tentative de victimisation de Samuel Étienne en a agacé beaucoup sur les réseaux sociaux. « Leur nouveau grand truc, c’est de pleurnicher au cyberharcèlement à chaque fois qu’on ne leur lèche pas les bottes », a ainsi raillé le lanceur d’alerte Damien Rieu« Dans un pays normal, Samuel Etienne ne subirait pas un "cyberharcèlement" mais un harcèlement judiciaire de la part du Parquet, qui le traduirait devant un tribunal correctionnel », a également souligné l’avocat Philippe Prigent. Bien d’autres internautes, anonymes, ont partagé cette indignation et dénoncé l’indécence de ces figures médiatiques, grands privilégiés qui vivent sur le dos des Français et font les « chialeuses » au premier commentaire sur leur luxueux train de vie. A force d’être gavés d’argent public, certains ne peuvent manifestement plus s’en passer.

Jean Kast

https://www.bvoltaire.fr/commission-audiovisuel-public-la-victimisation-de-samuel-etienne-ne-passe-pas/ 

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