
Les patients fantômes de cette organisation leur rapportaient une véritable fortune. Sept hommes et femmes, âgés de 23 à 57 ans, ont été mis en examen, mercredi à Paris, pour escroquerie en bande organisée, blanchiment et association de malfaiteurs. Ils sont soupçonnés d’avoir mis en oeuvre ou participé, en Île-de-France et en province, à une gigantesque fraude à la caisse d’assurance maladie (CPAM) pour un préjudice d’un montant de 58 millions d’euros. Lors des perquisitions, les forces de l’ordre ont mis la main sur 300 000 euros en argent liquide, du matériel informatique et une compteuse à billets.
Les militaires épluchent les données fournies par la Sécurité sociale et suivent les flux d’argent. Ils ciblent plusieurs membres d’un groupe de malfrats qui ouvre des établissements parfois éphémères, purement fictifs ou qui ont pignon sur rue. Les factures de soins dentaires sont très onéreuses : couronnes, prothèses, etc. qui coûtent plusieurs milliers d’euros par patient fantôme. L’argent de la fraude est ensuite viré sur le compte de sociétés désignées comme des « coquilles vides » avant de les faire rebondir vers des comptes occultes. Une partie de cet argent est aussi décaissée en masse de billets.
Les investigations permettent d’identifier plusieurs de ces pseudo-centres de santé à Paris, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à Clamart et Montmorency (Val-d’Oise) mais aussi au Mans (Sarthe) et dans d’autres villes de l’Hexagone. « Un centre du Xe arrondissement déjà fermé depuis le mois de novembre et sans aucune activité a encaissé trois millions d’euros provenant de la sécurité sociale », précise une source proche de l’affaire. Autre exemple, un centre dentaire de Marseille (Bouches-du-Rhône) utilise l’identité d’un dentiste pour déclarer des soins alors qu’il est décédé depuis 2021. […]
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