vendredi 27 mars 2026

Je ne m’incline pas devant la mort de Jospin, il a fait trop de mal à la France

 

Mercredi 25, devant un hémicycle quasiment vide, y compris les bancs du RN, a eu lieu la cérémonie avec une minute de silence pour honorer la mémoire d’Arnaud Frion, adjudant-chef, mort pour la France le 12 mars en Irak. Est-ce bien étonnant que si peu de députés soient présents de la part de cette Assemblée qui travaille en étant totalement soumise à l’Europe qui œuvre inlassablement à la destruction des nationalités dont la nôtre ? Ce soldat pour une modeste solde faisait exactement l’inverse, il défendait son pays, la France, et lui a donné sa vie. Mais aujourd’hui dans notre France, donner sa vie pour elle ne mérite plus le respect mais, à l’inverse, en janvier 2024 pour Jacques Delors, en octobre 2025 pour la panthéonisation de Robert Badinter et aujourd’hui 26 mars 2026 pour Lionel Jospin, un hommage national a été rendu avec présence et discours du président de la République afin d’honorer la mémoire d’un homme qui n’a pourtant nullement œuvré pour la France mais essentiellement pour son idéologie. Deux jours plus tôt, devant une Assemblée nationale cette fois au grand complet, y compris sur les bancs du RN, eut lieu une minute de silence pour Lionel Jospin. Ces différents éléments soulignent à quel point notre pays et surtout notre classe politique est malade.

Au fait, Jospin méritait-il cet hommage national ? Qu’a-t-il fait durant sa carrière qui justifie que la nation l’honore ainsi ? Revenons sur son parcours afin de répondre à ces questions.

Jospin est issu d’une famille dont le père Robert était un socialiste, membre de la SFIO mais surtout un pacifiste absolu, de plus totalement anticommuniste. Il sera exclu de la SFIO en 1945 pour ses positions pendant la guerre, mais sera réintégré en 1955. Sa mère était sage-femme. Sa famille est protestante et cela explique sans doute le côté toujours austère de son personnage. Le jeune Lionel fera de brillantes études qui le conduiront à Sciences Po puis à l’ENA dont il sortira en 1965 pour aller au Quai d’Orsay. Au cours de ses études, il sera membre et militant de l’UNEF. C’est certainement à cette période qu’il est remarqué par les trotskistes du groupe de Pierre Lambert. Il est convaincu et du fait des fonctions qui l’attendent il est bien sûr immédiatement basculé dans l’action clandestine. Secteur que supervise Pierre Lambert en personne. Lionel Jospin a toujours nié être trotskiste. Il déclarait à ce sujet : « Il me prenne pour mon frère » qui effectivement était à l’OCI sous le pseudonyme de Camus. Mais en 2001, il avoue à une journaliste « il est vrai que dans les années 60 j’ai marqué de l’intérêt pour les idées trotskistes et que j’ai noué des relations avec l’une des formations de ce mouvement ». Par contre il refusera toujours de dire jusqu’à quand il est resté trotskiste. Je fais partie de ceux qui pensent qu’il l’a toujours été. Exactement comme Jean-Luc Mélenchon lui aussi devenu membre de l’OCI alors qu’il était étudiant et qui fut placé dans le PS par Pierre Lambert auprès de son ami Claude Germon à la mairie PS de Massy, avant de connaître la carrière politique que l’on sait. Mais ce que moins de gens savent, c’est que Mélenchon est toujours trotskiste et qu’il est le vrai chef du POI, successeur de l’OCI, qui occupe toujours les mêmes locaux situés au 87 rue du Faubourg St-Denis à Paris 10e. Locaux dans lesquels LFI réunit régulièrement ses responsables.

On pourrait se demander pourquoi Lionel Jospin était devenu trotskiste. Manifestement, selon ses dires, deux thèmes expliquent son ralliement à ce courant politique : l’anti-colonialisme et surtout l’anti-stalinisme. Quant à la raison qui l’a poussé à toujours nier son appartenance au trotskisme, le journal Les Échos du 6 juin 2001 rapporte : « Il a tenté de justifier ses démentis passés en faisant une distinction entre son militantisme trotskiste, qui n’était pas public, et son appartenance au PS, qui, elle, l’était. Dans ces conditions, « je ne voyais pas pourquoi j’aurais à en rendre compte » ajoutant « je n’ai donc à formuler ni regrets ni excuses » ». Ce qui n’est pas, à proprement parler, le discours de quelqu’un qui a été trotskiste par une erreur de jeunesse et en voulant de manière impatiente changer le monde. C’est pour cela que je reste persuadé qu’il a toujours été trotskiste même lorsqu’il a occupé de très importantes fonctions. C’était la décision mûrement réfléchie d’un adulte. Pas la décision d’un ado ou d’un jeune adulte, sur un coup de tête.

S’agissant de ses fonctions et de la politique qu’il a mise en œuvre, que convient-il de retenir et surtout cela a-t-il été bon pour la France ?

Jospin, après l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, n’a pas été choisi pour entrer dans le gouvernement. Il devint à cette époque le 1er secrétaire du PS en remplacement de François Mitterrand. Il ne deviendra ministre qu’en 1988, à l’Éducation nationale, un poste stratégique puisque c’est par cette institution que passent toutes les générations de futurs citoyens. Notons d’abord que Jospin continuera la politique des 80 % reçus au bac, décidé par son prédécesseur Jean-Pierre Chevènement. Politique funeste qui, au motif de démocratiser l’enseignement, permettait d’augmenter le nombre de reçus en baissant le niveau de l’examen et des enseignements dispensés. Ce qui se paya bien sûr par une inculture impressionnante de la population et par la chute de notre enseignement dans les classements PISA. À son poste de ministre, Jospin se fit également remarquer pour une autre affaire que l’enseignement. En 1989, eut lieu l’affaire de Creil. Trois gamines musulmanes arrivèrent un jour au collège en étant voilées. Le proviseur, à juste titre, décida d’exclure ces gamines qui se qualifiaient elles-mêmes de « folles d’Allah » et refusaient catégoriquement d’enlever leur voile. Au lieu de soutenir clairement le proviseur, Jospin fera un numéro d’équilibriste expliquant qu’il faut respecter la laïcité donc qu’il ne doit pas y avoir de signe religieux ostentatoires, mais qu’il ne faut pas exclure ces gamines. Il bottera courageusement en touche en demandant au Conseil d’État de trancher le problème. Le plus grave, sur cette affaire du voile, étant ce qu’il répondit à la journaliste Élisabeth Schemla (Nouvel observateur) qui l’interrogeait sur la préoccupante montée de l’islamisme en France : « Qu’est-ce que vous voulez que cela me fasse que la France s’islamise ? ». Soit il n’avait rien compris à l’islam et au danger qu’il représente, soit il était déjà un complice de cette entreprise d’islamisation du pays. Au final, on mesure aujourd’hui les conséquences de la lâcheté politique de Jospin en 1989.

En 1995, il est le candidat socialiste à l’élection présidentielle. Il perd au 2e tour face à Jacques Chirac qui devient Président. Ce dernier prendra 2 ans plus tard une incompréhensible décision : il annonce la dissolution de l’Assemblée nationale le 21 avril 1997. La gauche remporte les législatives qui suivent et Jospin est nommé 1er ministre de la cohabitation qui se met en place. Il le restera du 2 juin 1997 au 6 mai 2002. Ce sera durant sa présence à Matignon un festival de prises de décisions dont nous payons toujours le prix.

Sur le plan politique cette période sera celle de la gauche plurielle qui commença en 1993-94 et se termina en 2002. Sur le plan de l’action gouvernementale la mise en œuvre de la politique de Jospin aura été absolument catastrophique pour notre pays dans de très nombreux domaines. Il en va ainsi de l’immigration, qui était certes déjà préoccupante, mais Jospin ouvrira en grand les vannes en 1998 avec la régularisation massive de près de 100.000 clandestins. Ce qui bien sûr constitua un énorme appel d’air pour tous les candidats africains à l’émigration. C’est aussi sous le gouvernement de Lionel Jospin que furent décidées les 35 heures qui ont tué la compétitivité de l’industrie française ainsi que notre économie.

Autre point particulièrement grave, la signature le 5 mai 1998 de l’accord de Nouméa. Cet accord avait la particularité d’obliger le gouvernement français et d’instaurer des transferts de compétences irréversibles pour lesquels tout projet ultérieur qui aurait prévu un retour en arrière se retrouvait conditionné à la fois à un référendum et à une modification constitutionnelle. On ne peut que difficilement faire mieux pour verrouiller un sujet. À l’issue de cette démarche, trois référendums sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie furent prévus par l’accord. Le premier fut organisé le 4 novembre 2018, le second le 4 octobre 2020, et le troisième le 12 décembre 2021. Ce dernier référendum fut particulièrement marqué par l’abstention (56 %), les indépendantistes ayant appelé au boycott en raison d’un désaccord sur la date du scrutin. Lors de tous ces référendums la population refusa de quitter le giron de la France. Reste que Jospin aura largement contribué à ce que la Nouvelle-Calédonie quitte notre pays en lui donnant à plusieurs reprises la possibilité de le faire.

Dans cette énumération de décisions politiques fort négatives, il ne faut surtout pas oublier ce qui concerne l’énergie. Souvenons-nous que Jospin ne trouva rien de mieux que de nommer Dominique Voynet (Verts) ministre de l’Environnement et à ce titre de la nommer négociatrice pour notre pays durant les négociations européennes sur les énergies à privilégier et celles à abandonner. Comme Voynet l’a dit dans une célèbre vidéo visible sur Youtube, elle s’allia avec son collègue anglais pour faire abandonner le nucléaire alors que son mandat était d’empêcher cette décision. Et ainsi la mise à l’écart du nucléaire fut décidée par l’Europe. Jospin ne sanctionna jamais Voynet pour cette trahison de son pays et de son mandat. C’est d’autant plus grave que la crise actuelle a fait changer d’opinion l’Europe qui privilégie maintenant le nucléaire, mais surtout pendant toute cette période notre parc nucléaire s’est fortement abîmé et nos compétences dans ce domaine ont pour beaucoup été perdues. Sans oublier qu’en relation avec cela, des accords au niveau européen liant le prix de l’électricité à celui du gaz font que les Français payent aujourd’hui très cher leur énergie.

Sur le sociétal aussi, le gouvernement Jospin a fait de sérieux dégâts. Le PACS en est un bel exemple. C’est sous son gouvernement qu’il fut instauré. Et chacun se souviendra sans doute qu’à l’époque les socialistes ont dit la main sur le cœur : « Nous n’irons pas plus loin ». Quand on voit où l’on en est rendu aujourd’hui sur ce plan (mariage pour tous, PMA et bientôt GPA), on mesure à quel point on peut faire confiance à la parole des socialistes. Je pourrais continuer pendant de nombreuses pages à montrer les côtés négatifs de la politique qu’impulsa Jospin. Mais ce serait trop long.

Le seul point que je trouve positif dans ce que fit Jospin se déroula en 2007 sur France culture. Ce jour-là, Lionel Jospin déclara : « Durant les années du mitterrandisme, tout antifascisme n’était que du théâtre, il n’y a jamais eu de menace fasciste ». Remarque on ne peut plus pertinente. Mais pourtant lorsque Mitterrand inventa cette fable diabolique – le danger fasciste – pour détourner la colère populaire suite au virage de la rigueur de 1983, Jospin resta silencieux. C’est long comme silence de ne rien dire entre 1983 et 2007, cela fait presque un quart de siècle. Tout comme depuis 2007, alors que ce prétendu danger fasciste est invoqué par la gauche, répété à tout propos jusqu’à la nausée, il est là aussi resté silencieux, laissant la gauche continuer à raconter ses histoires et à enfumer les gens. Il en va exactement de même s’agissant de son silence devant la volonté de censure et les violences de plus en plus ouvertes de nombreuses formations de gauche au premier rang desquelles se trouve LFI.

Le parcours politique de Jospin s’arrêta brutalement en 2002, éliminé du 2e tour de la présidentielle par Jean-Marie Le Pen. Quelques jours avant, lorsqu’un journaliste lui demanda ce qu’il voterait s’il n’était pas au second tour, pour toute réponse il éclata de rire. Sa défaite il la dut certes à sa politique, mais en grande partie à Christiane Taubira qui s’était présenté et avait fait 2,32 %. Jospin fut battu à moins de 1 %. Christiane Taubira était absente à l’hommage national rendu à Lionel Jospin.

Pour Jospin, la suite fut une place au Conseil constitutionnel puis l’oubli.

Je ne serai jamais comme les dégénérés de gauche et autres antifas qui ne respectent rien ni personne, pas même les morts, et boivent le champagne lors du décès de ceux qu’ils détestent. Reste que rien n’oblige à s’incliner lors de la mort d’un homme qui a fait autant de mal à son pays. Je fais partie de ceux qui ne s’inclinent pas.

Bernard GERMAIN

https://ripostelaique.com/je-ne-mincline-pas-devant-la-mort-de-jospin-il-a-fait-trop-de-mal-a-la-france/

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire