
Sarah Knafo avec ses 10% se retire de la course à Paris. L’élégance du geste, se confond avec une responsabilisation de l’objectif recherché, qui met en parallèle son futur résultat et la nécessité d’écarter la gauche de la gestion de la capitale. Cette décision procède d’une volonté collective en oubliant sa petite personne, qui par cette conduite se grandit au-delà des contingences individuelles. Evidemment à gauche on grimace, ça passe mal, rendez-vous compte, le résultat n’est plus aussi certain qu’au soir du premier tour. La gauche aurait bien voulu qu’elle se maintienne, mais cela ne se passera pas de cette façon. Knafo par cette décision, remet au centre du débat, non plus les ambitions personnelles, les moi JE, mais l’intérêt général et en l’occurrence celui exprimé pendant sa campagne de redonner du charme à une ville massacrée et enlaidit par des années de socialisme. Sarah Knafo est tout simplement logique avec elle-même, elle poursuit un but, et ce n’est certainement pas en s’accrochant à ses 10% que cet objectif peut être atteint, ni qu’elle en gagnera une reconnaissance politique supplémentaire. Ce raisonnement devrait prévaloir partout où la droite se heurte à la gauche, mais on est encore loin de rencontrer semblable comportement.
Marseille par exemple, si la LR se retirait, la ville aurait une chance de passer à droite, oui mais voilà, la philosophie de Knafo tranche avec les pratiques que la classe politique nous a servi depuis des années, se contentant de fièrement afficher un score, histoire de dire : Nous existons regardez, on a des élus !… Dans la foulée, comme par réaction presque épidermique, nous avons Glusckmann qui est venu expliquer devant les micros qu’il retirait ses listes, « Place publique », pour refuser toute alliance avec LFI afin de rendre son discours clair. On aurait eu envie d’applaudir, si on ne s’était pas rendu compte que son mouvement ne pesait en réalité rien du tout. Totalement transparent dans cette élection, son influence n’est pas quantifiable. Il peut donc venir expliquer qu’il se retire, on en envie de lui demander, oui mais de quoi ? Pour renoncer encore faut-il avoir au préalable quelque chose à échanger. C’est exactement comme s’il était venu nous dire qu’il sortait d’une pièce où il n’avait pas été invité, trop fort. Certain vont gober la supercherie, l’encenser même. Cette annonce est juste une façon pour lui d’exister encore un peu entre les deux tours. Il a encore du mal à admettre que ses annonces et ses postures n’intéressent personne.
Pendant que lui se contorsionne pour paraître, le PS et les écolos tractent, fusionnent. Glusckmann fait de la communication, pendant que Knafo dévoile une stratégie. Son geste n’est pas une menace, il est tout juste symbolique et se veut le copié collé de celui de Knafo, mais les rapports de force ne sont pas comparables. Knafo marque l’électorat d’une présence et structure un avenir politique, là où le pauvre Glusckmann, a échoué électoralement parlant et s’agite dans un semblant d’idéologie qui ne transigerait pas avec certaines valeurs. L’une s’appuie sur une assise électorale pour rappeler que la politique ne se résume pas à une personne, un égo, mais bien un projet, là où l’autre découvre que de vraies convictions peuvent ouvrir un avenir. Il veut jouer dans la cour des grands, sans avoir une seule voix à négocier. Il imite, et c’est là une première à gauche, preuve que quand la droite reste logique avec elle-même, qu’elle ne renonce pas, elle peut gagner. Charge aux autres formations de droite de comprendre que loin de mettre en avant ce qui les séparent, c’est autour de ce qu’elles ont en commun, chasser la gauche du pouvoir, qu’elles doivent se réunir. C’est en substance ce que vient de comprendre Retailleau qui appelle à voter Dati et regrette que le RN ne se retire pas dans les villes où il se trouve derrière un candidat de droite. Commencerait-on à assister à un timide rapprochement des intérêts du pays face à celui des appareils ?
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