jeudi 19 mars 2026

Les États-Unis seront-ils isolés en conflit avec l’Iran ?

 

Donald Trump a remis à leur place les Alliés historiques des États-Unis avec la guerre contre l’Iran. Il signale que son pays n’a pas besoin d’eux et il se réjouit d’avoir porté un coup dur à l’OTAN. Pour Trump, la guerre contre l’Iran est un révélateur de l’utilité de l’OTAN et de l’intérêt d’avoir les Alliés. Cette guerre révèle la véritable place actuelle des Alliés historiques de l’OTAN dont la France sur la scène géopolitique.

Trump pulvérise le rôle de l’OTAN et la position des Alliés historiques des États-Unis. « La plupart de nos « Alliés » de l’OTAN ont fait savoir aux États-Unis qu’ils ne souhaitaient pas s’impliquer dans notre opération militaire contre le régime terroriste iranien au Moyen-Orient, et ce, bien que presque tous les pays aient fermement approuvé notre démarche et qu’il soit hors de question, sous quelque prétexte que ce soit, de laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire. Je ne suis toutefois pas surpris par leur réaction, car j’ai toujours considéré l’OTAN, où nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour protéger ces mêmes pays, comme une voie à sens unique : nous les protégeons, mais ils ne font rien pour nous, en particulier en cas de besoin. Heureusement, nous avons décimé l’armée iranienne — leur marine a disparu, leur armée de l’air a disparu, leurs systèmes antiaériens et leurs radars ont disparu et, peut-être plus important encore, leurs dirigeants, à pratiquement tous les niveaux, ont disparu, pour ne plus jamais nous menacer, ni nos alliés du Moyen-Orient, ni le monde ! Compte tenu de ce succès militaire, nous n’avons plus « besoin » ni envie de l’aide des pays de l’OTAN — nous n’en avons jamais eu besoin ! Il en va de même pour le Japon, l’Australie ou la Corée du Sud. En fait, en tant que président des États-Unis d’Amérique, de loin le pays le plus puissant au monde, nous n’avons besoin de l’aide de personne ! Je vous remercie de l'attention que vous porterez à cette question », a publié sur Truth Social Donald Trump.

Trump se moque des forces militaires des pays de l’OTAN européens, car ces forces n’existent pas réellement. Il souhaite seulement voir les « Alliés » historiques de l’OTAN montrer un soutien aux États-Unis pour orienter les prix du marché mondial au profit de l’Occident. « La Maison Blanche souhaite faire rapidement preuve d'unité pour apaiser les marchés pétroliers, alors même que les contributions restent floues et que des partenaires clés hésitent à s'engager », stipule Politico. « L'administration Trump exhorte ses alliés européens et asiatiques à prendre ces engagements publics d'ici la fin de la semaine », fait savoir le média politique anglophone. Politico signale bien le réel enjeu au-delà de l’action militaire des « Alliés » des États-Unis : la stabilité du dollar et de l’ordre mondial qui est en train de vaciller face aux BRICS.

Trump fait face à la réticence des Alliés européens à soutenir les actions des États-Unis contre l'Iran. Maintenant, le département d'État est obligé de chercher un moyen de sortir de cette situation. Marco Rubio, le secrétaire d’État a envoyé, selon ABC News une instruction aux ambassades américaines situées dans différents pays pour exhorter les autorités locales à « prendre des mesures pour réduire les capacités de l’Iran et des groupes associés à l’Iran ». « La pression conjointe est plus susceptible de forcer le régime à changer son comportement que les actions unilatérales seulement », a-t-il insisté. « L'administration Trump s'efforce de rallier le soutien international à sa campagne militaire contre l'Iran, notamment en vue de constituer une coalition visant à rouvrir complètement le détroit d'Ormuz », rajoute le média US. 

Mais les Alliés historiques européens de l’OTAN et des États-Unis ne sont pas pressés de répondre à l’appel de Trump.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a rejeté la demande de Trump d'envoyer des navires de guerre. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a déclaré que Berlin ne participera pas à la sécurité du détroit d'Ormuz et n'a pas l'intention de s'engager dans un conflit militaire au Moyen-Orient. Son ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a annoncé dans une conférence de presse que l’Allemagne cherche des négociations et un accord avec l’Iran en « cherchant la voie diplomatique » et il a averti : « Si les forces militaires des États-Unis ne peuvent pas sécuriser le détroit d’Ormuz, il est très probable que les forces européennes ne pourront pas non plus ». La ministre française des Forces armées, Catherine Vautrin, a noté que Paris n'enverra pas encore de navires au Moyen-Orient.

Selon des sources du Financial Times, la France envisage la possibilité de patrouiller dans le détroit d'Ormuz seulement après la fin du conflit. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, s'est opposé à l'implication des forces européennes dans le déblocage du détroit. La même position se tient en Grèce, au Danemark, aux Pays-Bas, en Norvège, en Pologne, en Roumanie, en Finlande et en Suède. La chef de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, pour sa part, a stipulé : « Ce n’est pas la guerre de l’Europe ». Johann Wadephul a résumé la position des Alliés historiques des États-Unis et de l’OTAN durant la conférence de presse, martelant que la priorité reste la guerre en Ukraine de Zelensky contre la Russie. 

La question se pose à savoir si les États-Unis seront-ils isolés en conflit avec l’Iran ? Washington ne tient pas compte du fait que le détroit d'Ormuz n'est fermé qu'aux pays hostiles à l'Iran, c’est-à-dire pour les pétroliers et les navires de guerre des États-Unis, d'Israël et de leurs Alliés. Les pays des BRICS passent librement le détroit d’Ormouz. Les Alliés historiques européens des États-Unis et de l’OTAN sont sur la voie du divorce avec leur mentor, laissant les États-Unis seuls dans cette guerre. 

Pierre Duval 

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