dimanche 22 mars 2026

L’Europe à portée de missiles iraniens : un tournant majeur

 

Une grande partie de la France et de l’Europe est désormais sous le feu des missiles iraniens

Le tir de missile iranien sur la base britannique de Diego Garcia (océan Indien), située à plus de 4 000 km de l’Iran, marque un tournant géostratégique majeur. L’Iran démontre sa capacité à frapper des cibles lointaines, y compris en Europe (Paris se trouve à environ 4 500 km de Téhéran). Cela remet en cause l’idée d’une immunité géographique pour les pays européens. D’aucuns font remarquer que s’il a pu parcourir une telle distance, c’est sans doute qu’il ne portait aucune charge explosive. Mais le fait est là : à terme, l’Europe et donc la France seront sous le feu des missiles iraniens.

Le message politique clair : ce tir s’inscrit dans une stratégie de dissuasion asymétrique, visant à contester l’hégémonie américaine et occidentale au Moyen-Orient, notamment après les tensions liées au nucléaire, aux sanctions et au soutien occidental à Israël.

La France devra accélérer ses investissements dans les boucliers antimissiles (comme le SAMP/T ou le futur SCALP Naval), en coordination avec l’OTAN et l’UE. Elle devra renforcer sa collaboration avec les États-Unis (via le bouclier Aegis) et Israël (pour ses technologies comme Iron Dome ou Arrow) et assurer la protection des bases françaises des territoires d’outre-mer (La Réunion, Mayotte).

Un renforcement des capacités satellites (programme CSO-3) et des drones pour surveiller les activités iraniennes apparaît absolument indispensable, ainsi qu’une collaboration accrue avec les services de renseignement israéliens (Mossad) et américains (CIA). Plus généralement, la coopération avec Israël en matière de sécurité et de technologie s’impose. Le fait que deux puissances nucléaires collaborent pour leur sécurité mutuelle est évidemment de nature à tempérer les ardeurs guerrières des mollahs.

La doctrine nucléaire de la France ainsi que la redéfinition par le président Macron qui a parlé de « dissuasion avancée » lors de son récent discours de l’Île Longue ne saurait englober Israël et les États du Golfe alliés de la France. S’étendant à « certains » pays européens, cette nouvelle doctrine rompt avec la pensée gaullienne de sanctuarisation de territoire national et est à terme porteuse d’ambiguïtés mortelles pour la sécurité nationale.

Quoi qu’il en soit cette « dissuasion avancée » ne saurait englober Israël qui est déjà une puissance nucléaire et n’a donc nul besoin du parapluie français.

S’impose également un soutien accru aux partenaires sunnites de la France (Arabie saoudite, Émirats) pour contrer l’influence iranienne, sans pour autant rompre avec les chiites (Irak, Liban, Syrie). Parallèlement, une relance du dialogue Iran-UE sous égide française serait souhaitable, avec des incitations économiques (levée partielle des sanctions) en échange de garanties balistiques.

Diplomatie : un équilibre à repenser

La France devra condamner fermement ce tir, en coordination avec l’UE et l’ONU, tout en évitant une rupture totale qui isolerait Paris des négociations régionales (ex. : dossier syrien, crise yéménite). Notre diplomatie devra veiller à une relance effective des pourparlers sur le nucléaire : l’Iran pourrait exiger des concessions (levée des sanctions) en échange d’un gel de ses essais balistiques. La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, jouera un rôle clé dans ces discussions. Le fait que des missiles capables de viser notre territoire soient susceptibles de porter des ogives nucléaires change évidemment totalement la donne : l’annihilation effectives des capacités nucléaires de l’Iran devient une priorité existentielle pour notre pays.

La France serait bien inspirée de pousser l’UE à adopter une stratégie commune face à la menace iranienne, incluant des sanctions ciblées et un soutien aux pays menacés entre autres en accélérant les projets comme le Fonds européen de défense ou les initiatives de souveraineté technologique (cybersécurité, spatial).

Réduire drastiquement notre dépendance au pétrole du Moyen-Orient

Après des dizaines d’années de délires écologiques, la France retrouve enfin les vertus de l’énergie nucléaire, une énergie abondante, modulable et bon marché, et qui plus est totalement décarbonée. Une politique en matière de construction de centrales nucléaires pourra seule réduire drastiquement notre dépendance aux hydrocarbures du Golfe. Le recours au pétrole russe, bon marché, dont nous nous sommes volontairement privés pour complaire à nos « amis-et-alliés-américains », nous permettra de supplanter totalement le pétrole du Moyen-Orient. La géopolitique profonde des États-Unis a toujours visé à découpler l’Europe de la Russie. Il est temps, alors que les États-Unis se désengage du théâtre européen, que le Vieux Continent retrouve une volonté de puissance en matière énergétique.

Henri Dubost

https://ripostelaique.com/leurope-a-portee-de-missiles-iraniens-un-tournant-geostrategique-majeur/

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