jeudi 5 mars 2026

L’évasion fiscale à l’épreuve du bombardement aérien

 

L’évasion fiscale à l’épreuve du bombardement aérien

Les éruptions spontanées, virulentes, exigeantes et charnelles de patriotisme sont suffisamment rares pour ne pas être soulignées comme elles le méritent, d’autant plus quand elles émanent de personnalités publiques bénéficiant, grâce à leurs nombreux talents et leurs éminentes qualités, d’une considérable audience. Petit retour sur le ralliement des « influenceuses » au camp national.

– « Je suis française ! La France, protégez-nous ! », le cri du cœur du Maeva Ghennam, « créatrice de contenus » aussi siliconée qu’appréciée par les foules internetesques, exilée à Dubaï pour raisons fiscales, restera dans la petite histoire des réseaux sociaux, comme le révélateur d’un grand – et inattendu – impensé de notre post-modernité : l’attachement patriotique d’une génération que l’on pensait sottement « citoyenne du monde » et détachée des étroitesses sclérosées des appartenances nationales. Si la  « culture » est ce dont on se souvient quand on a tout oublié, le « passeport » est apparemment ce dont on se rappelle quand ça commence à sentir le cramé…

Car en effet, au-delà des considérations géopolitiques qui ne sont pas ici le sujet, l’attaque israélo-américaine sur l’Iran aura aussi été, marginalement bien sûr mais néanmoins significativement, la démonstration de la relativité des solidarités religieuses (il est plus facile de dire « Inch Allah » tous les trois mots que de brandir un drapeau Iranien face à l’armada yankee ) comme du prétendu détachement vis à vis d’une patrie, de sang ou d’adoption, finalement protectrice…

Au-delà de ce cas particulier, les bombardements sur Dubaï auront également permis de prendre conscience de l’extraordinaire capacité d’attraction de ce non-lieu de béton et de verre, îlot artificiel sans culture ni histoire, devenu, semble-t-il, le « nec plus ultra » des vacances à la con, rassemblant, dans son ambiance factice de super Club Med sous air conditionné, aussi bien les rappeurs et les influenceuses que les anciens rugbymen et les rédacteurs en chef de revues conservatrices…

Limitation du domaine de la lutte…

 A « droite », la dénonciation de « l’enfer fiscal » et des dérives « socialo-communistes » de « l’État providence » français a toujours été une antienne aussi récurrente que mobilisatrice, entraînant une indulgence coupable, pour ne pas dire une grande bienveillance, envers les « exilés fiscaux », valeureux résistants face à la « spoliation étatique », chevaliers du Capital s’échappant du navire que les humbles et les travailleurs ne peuvent choisir de déserter. Aujourd’hui, les mêmes se moquent des « gourdasses » qui pleurnichent et s’affolent des vols vindicatifs de drones militaires sur leur exil doré. Ils sont pourtant plus indulgents vis à vis des traders de la City venant, à la moindre alerte médicale, se faire soigner dans les hôpitaux parisiens ou de ces « expats » pontifiant sur les mérites du « libéralisme » mondialisé mais préférant néanmoins faire accoucher leurs femmes dans les maternités françaises que dans celles de leurs rémunérateurs et exotiques pays de villégiature…  Ces gens sont en tout cas bien inconséquents et injustes de reprocher à des jeunes femmes un peu sottes et ni plus ni moins vénales qu’eux d’avoir écouté leurs beaux discours et suivi leurs grandes leçons et leurs formidables exemples. Moi je leur souhaite bon retour chez les patriotes.

https://www.revue-elements.com/levasion-fiscale-a-lepreuve-du-bombardement-aerien/

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