
Par François Marcilhac
Ils le savaient et ils n’ont rien fait. Ce n’était pourtant pas faute de les avoir prévenus. En novembre dernier encore, dans son n°78, Le Bien commun attirait, en « Une », l’attention sur le vrai visage des antifa et consacrait son éditorial, ainsi que plusieurs pages intérieures à des témoignages de militants agressés par des racailles d’extrême gauche, jusqu’à leur domicile, comme le 9 octobre 2025, à Saint-Étienne.
Nous dénoncions pêle-mêle « menaces verbales, agressions physiques, intrusion dans le domicile avec effraction, destruction de biens privés, intimidation des employeurs des militants afin qu’ils les licencient, révélation des adresses privées », et ajoutions que cette violence allait croissant depuis plusieurs mois parce qu’elle comptait malheureusement « à raison, sur la passivité des pouvoirs publics ». Du reste, ces pouvoirs publics, avaient-ils besoin d’être prévenus ? Comme si c’était la première fois ! La violence des antifa n’était-elle pas déjà connue de ceux qui auraient dû la prévenir ou la sanctionner ? Il ne fallait pas être grand clerc pour se douter qu’elle irait, un jour ou l’autre, jusqu’à tuer. C’est fait.
La responsabilité du pays légal
Ils le savaient et ils n’ont rien fait : leur passivité d’hier confine aujourd’hui à de la complicité morale. Quand, parce qu’elles émanent de patriotes, on refuse de prendre les plaintes ou on les classe systématiquement sans suite, quand on ne recherche pas les auteurs des faits, pourtant connus et fichés, quand on choisit ainsi d’invisibiliser pour de basses raisons politiciennes la violence d’extrême-gauche, on ne fait qu’encourager sciemment la racaille antifa à poursuivre ses agressions, à les multiplier, à les aggraver. Jusqu’à tuer. C’est fait.
Ils le savaient et ils n’ont rien fait. Quentin Deranque n’est pas mort par hasard, en marge d’un meeting pro-Hamas de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Son assassinat est le résultat, sous le nom d’arc républicain, d’une politique abjecte de complicité du pays légal avec l’extrême-gauche, dont la branche politique siège à l’Assemblée sous le vocable de La France insoumise mais dont la milice armée a joui, jusqu’à présent, d’une presque totale impunité par tout le pays, parce qu’on ne sévit pas contre ses alliés. Des écologistes et des socialistes à l’extrême-centre macronien, voire à certains LR, le pays légal a eu jusqu’à présent besoin, pour tenter de survivre à l’Assemblée, des voix d’une extrême-gauche pour laquelle, en retour — c’était le deal —, un grand nombre de ceux qui pleurent aujourd’hui Quentin ont demandé à voter en 2024 au second tour pour éviter que le pays ne tombe dans l’escarcelle du « fascisme ». Là aussi sciemment et délibérément : accepte-t-on de se désister pour un parti dont certains candidats sont connus comme des chefs de bande violents et fichés S, ou issus de quartiers gangrénés par le narcotrafic, où il réalise ses meilleurs scores ?
Ils le savaient et ils n’ont rien fait. Les membres du pays légal peuvent bien dénoncer un climat inacceptable de violence, gémir que rien ne justifie, « dans une démocratie », qu’on meure à 23 ans pour ses idées, et qu’il ne faut plus accepter aucun compromis avec une extrême-gauche qui tue. Il n’empêche, LFI n’est toujours pas mise au ban de la vie politique française et elle ne le sera pas tant qu’on aura besoin d’elle pour empêcher que la France ne retourne aux heures-les-plus-sombres-de-son-histoire. Les larmes de crocodile de l’extrême-centre et des LR, gênés aux entournures par leurs lâches compromissions de 2024, ne font pas illusion. Ne pas insulter l’avenir, telle est leur seule boussole et, pour cela, continuer de renvoyer dos à dos une extrême-gauche criminelle et une extrême-droite fantasmée. Ce n’est pas pour rien que Laurent Nunez a repris sur RTL, le vendredi 20 février, les éléments de langage de l’extrême-gauche en parlant d’une « rixe ». Peu lui chaut d’insulter la mémoire de Quentin : cet ancien préfet de police de Paris est surtout connu pour avoir exécuté avec zèle les ordres de Darmanin contre les patriotes en tentant de faire interdire le défilé traditionnel de Jeanne d’Arc et jusqu’à des colloques — une première sous la Ve. Devenu à l’Intérieur le collègue de son ancien patron passé à la Justice, il continue de montrer à la gauche qu’elle peut toujours compter sur la macronie. Pourquoi le Conseil d’État, saisi pourtant depuis des mois, n’avait toujours pas, le jour où Quentin s’est fait lynché, validé la dissolution de la Jeune garde demandée par Retailleau, alors ministre de l’Intérieur ? Il s’était montré bien plus véloce, s’agissant de Génération identitaire. Il est vrai que la milice antifa a pour complice avéré la Ligue des Droits de l’Homme.
Le terrorisme, adn de la gauche
La gauche, justement : il fallait évidemment s’attendre à ce que LFI, toute honte bue, pratique l’inversion victimaire. Quant aux écologistes et aux socialistes, si les plus opportunistes ont saisi l’occasion pour exiger une rupture de leur formation avec le parti de Mélenchon, rien ne garantit qu’en cas de nécessité électorale une alliance de circonstance ne se reforme pas. Du reste, en voulant faire interdire à Lyon le défilé à la mémoire de Quentin, la gauche a montré à quel point elle restait fidèle à elle-même en voulant empêcher ceux qui pensent différemment d’honorer leurs morts. Comment en serait-il autrement quand on se prétend le camp de l’Émancipation et du Progrès, autant dire du Bien ? L’adversaire politique devient un ennemi, et ce même ennemi est diabolisé, et même déshumanisé, puisque incarnant le Mal. Aux yeux de la gauche, de toute la gauche, selon le chant révolutionnaire bien connu, le sang de Quentin, qui a abreuvé une rue de Lyon, était impur. Nul hommage ne pouvait donc, à bon droit, lui être rendu. Même si celui-ci fut exemplaire de dignité.
C’est le même logiciel qui fait qu’on qualifie les méthodes des antifa, quand elles deviennent un peu trop voyantes… de fascistes. Ainsi, Marianne de titrer au lendemain du meurtre de Quentin : « Les nouveaux antifascistes » et de mettre une croix sur le préfixe « anti ». Le fascisme, c’est-à-dire l’extrême-droite, ayant le monopole de la violence brute, c’est donc en fasciste que se serait conduite la Jeune garde. Or, c’est précisément en tant que mouvement révolutionnaire, s’inspirant à l’origine largement de la gauche socialiste, à laquelle appartenait Mussolini, que le fascisme a prôné la violence. Car le fascisme est avant tout une idéologie révolutionnaire qui partage avec l’extrême-gauche la volonté de bâtir une société nouvelle pour un homme nouveau. Radicalement. C’est pourquoi dénoncer le fascisme des antifa, comme le font des esprits superficiels, même à droite, qu’est-ce d’autre que de reprendre le narratif de la gauche, en prétendant que les antifa seraient infidèles à leur culture en pratiquant la violence. Une telle aliénation intellectuelle permet de servir la soupe à la gauche en la dédouanant de sa propre tradition originelle de violence, et cela de manière d’autant plus étonnante que la gauche révolutionnaire, celle qu’incarne aujourd’hui LFI, revendique haut et fort ses glorieux ancêtres, Robespierre, Saint-Just ou Marat et le terrorisme politique sanglant qu’ils ont pratiqué. Et auquel leurs héritiers n’ont cessé de recourir jusqu’à aujourd’hui. Le terrorisme, qu’on le veuille ou non, fait partie de l’ADN de la gauche, qui l’a toujours pratiqué allègrement lorsqu’elle le jugeait historiquement, « dialectiquement », utile. Pour elle, tout devient légitime, même le lynchage aussi lâche que sauvage d’un jeune militant nationaliste connu pour son caractère pacifique, son dévouement à toute épreuve et sa foi intense. Même de le tuer.
Le martyre de Quentin doit sonner le réveil des consciences nationales. Pour le pays légal trop d’intérêts sont en jeu. C’est de la détermination de tous les patriotes sincères et actifs que dépend l’avenir du pays.
https://www.actionfrancaise.net/2026/03/02/quentin-ils-le-savaient-et-ils-nont-rien-fait/
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