Sur RMC cette auditrice qu’il faut plaindre collectivement dans une séance géante de « ouin-ouin » nous annonce qu’elle vient de cesser de travailler à cause du prix du carburant.
Alors remettons un peu les choses en place.
Si vous consommez 50 litres de carburant pour aller travailler par semaine, à 40 centimes de hausse par litre cela représente 20 euros par semaine soit 80 euros par mois. Ce n’est franchement pas drôle ni une bonne nouvelle mais avec un SMIC à 1 490€ aller travailler reste totalement « rentable ».
Si vous faites deux pleins par semaine le surcoût sera de 180 euros. Là encore ce n’est franchement pas drôle mais cela ne fait « que » 160 euros de plus par mois. Bien évidemment c’est énorme. Bien évidemment qu’il ne faut pas que cela dure. Bien évidemment que dans ces cas-là il faut tenter de s’organiser pour covoiturer (quand cela est possible ce qui n’est pas forcément le cas ici), bien évidemment qu’il est raisonnable de chercher un autre travail plus proche, avec moins de distance, bien évidemment que l’on peut aussi négocier avec son employeur même si la encore, il n’y a jamais rien de facile.
Mais, à ce stade il est faux de dire qu’il n’est plus rentable de travailler.
Sinon, vous n’auriez plus un seul taxi ou VTC dans nos villes, plus un seul transporteur, ni plus un seul salarié pour aller travailler.
En disant cela je ne minimise pas la ponction sur le niveau de vis de tous ceux qui doivent circuler, mais il faut être objectif.
La réalité c’est que si cette dame dit vrai, c’est qu’elle est dans une situation très particulière liée à son contrat d’usage ou l’on peut lui proposer une mission d’une heure à une heure de route de chez elle par exemple en lui expliquant que si elle ne la prend pas, alors elle n’en aura plus aucune… Si c’est bien son cas, alors le problème ici n’est pas la hausse du prix de l’essence. Le problème majeur c’est le fonctionnement même qui lui est imposé par son vaguement employeur.
Dans ce cas, la solution n’est pas uniquement de cesser de travailler. La solution c’est de ne pas dépendre de ce type d’employeur. La solution c’est de se former, d’augmenter sa valeur, et parfois même de se mettre à con compte surtout dans l’aide à la personne ou la demande ne manque pas et le statut d’autoentrepreneur est parfait pour cela.
Je ne juge pas cette dame, je veux partager une réflexion plus large sur l’employabilité, sur la nécessité de ne pas subir, sur l’impérieuse nécessité bien souvent de changer de boulot, car parfois le risque de rester est en réalité plus grand que celui de partir.
Soyons tous acteurs de nos vies professionnelles qui nous demanderons de plus en plus d’agilité et de résilience personnelle.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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