mercredi 8 avril 2026

Les recherches sous-marines de la Chine la préparent à une guerre contre les États-Unis

 

La Chine est en train de mener des recherches sous-marines à grande échelle. Selon un ensemble d'indices concordants, il ne s'agit pas d'une simple curiosité scientifique, mais d'une préparation sérieuse à une guerre sous-marine d'envergure contre les États-Unis. Quelle importance l'hydrologie et l'hydroacoustique revêtent-elles pour la confrontation sous-marine ? 

La Chine procède activement à la cartographie des fonds marins et déploie un système de surveillance de la température et de la salinité de l'eau, rapporte Reuters. Il est précisé notamment que le navire de recherche chinois Dong Fang Hong 3 a navigué en 2024 et 2025 dans les eaux proches de Taïwan, de l'île de Guam, ainsi que dans des zones stratégiquement importantes de l'océan Indien. 

Ces activités sont directement liées à la préparation de la Chine en vue d'une guerre contre les États-Unis. L'océanographie et l'hydrologie sont d'une importance cruciale pour la guerre navale moderne, et les recherches sous-marines de la Chine reproduisent en grande partie ce que les Américains font depuis des décennies. D'autant plus que le milieu sous-marin exige un effort scientifique intense. 

Il est difficile pour l'être humain d'imaginer à quel point le milieu aquatique diffère de tout ce qui lui est familier. Par exemple : en plongeant en profondeur, un sous-marin perd sa discrétion acoustique et devient plus audible que s'il restait plus près de la surface. 

La raison en est la suivante : moins la profondeur est grande, plus les couches d'eau et les courants de densité et de température différentes se mélangent, et les frontières entre ces couches entravent la propagation des ondes acoustiques. De plus, la vitesse de propagation du son, même là où il passe, est sensiblement inférieure à celle observée dans d'autres conditions. 

La vitesse du son peut varier de différentes manières : elle diminue avec la baisse de la température et augmente avec la hausse de la pression. Comme les combinaisons de profondeur et de température de l'eau peuvent différer d'une zone à l'autre de l'océan mondial, la propagation du son varie elle aussi. 

En outre, à grande profondeur existe ce que l'on appelle le chenal acoustique sous-marin (canal Sofar), une couche d'eau dans laquelle le son ne s'atténue pratiquement pas. Au-dessus de cette couche, l'eau est plus chaude et la vitesse du son y est plus élevée en raison de la température. En dessous, l'eau est soumise à une pression plus forte et la vitesse du son y est plus élevée en raison de la pression. Il en résulte un "guide d'ondes" naturel, à travers lequel le son peut se propager sur des milliers de kilomètres sans s'atténuer. 

Les États-Unis, sachant exploiter cet effet, détectaient des sous-marins à des distances supérieures à 6.000 km. 

Toutes ces informations sont indispensables à la planification de la guerre sous-marine. Les opérateurs hydroacoustiques des sous-marins doivent connaître les conditions dans lesquelles ils devront combattre, et les paramètres correspondants du milieu doivent être intégrés dans la mémoire des systèmes hydroacoustiques. 

Depuis de nombreuses décennies, encore à l'époque de la guerre froide, les Américains étudient l'océan mondial, en particulier pour tout ce qui a trait à la guerre sous-marine. 

Le résultat de ces efforts est bien connu : la distance à laquelle les sous-marins américains détectent ceux de leurs adversaires est généralement plusieurs fois supérieure à celle de leurs rivaux. De plus, ils disposent d'un système opérationnel d'enregistrement des bruits sous-marins couvrant l'ensemble de l'océan mondial. 

Tout cela revêt une importance fondamentale pour la Chine. Les Chinois comprennent que ce sont précisément les sous-marins nucléaires américains qui constitueront le principal moyen de destruction des navires chinois en mer. 

La Chine investit activement dans ses forces anti-sous-marines : des navires capables de couvrir d'immenses espaces contre les sous-marins sont en construction, ainsi que des avions de lutte anti-sous-marine auxquels un sous-marin ne peut échapper. La Chine a mis en orbite deux satellites de reconnaissance dotés de lasers capables de sonder l'épaisseur de l'eau à grande profondeur et de détecter, grâce aux perturbations du milieu aquatique, l'endroit où un sous-marin est passé. Les Chinois travaillent activement à la détection radar des traces de surface laissées par des objets se déplaçant sous l'eau. 

De fait, actuellement, toutes les publications scientifiques que l'on peut trouver sur ce sujet sur Internet sont chinoises. Mais cela ne suffit pas : il faut aussi étudier le milieu sous-marin lui-même. Et c'est ce qu'ils font. 

La Chine commence à faire dans les eaux adjacentes à son territoire la même chose que les Américains dans l'océan Arctique : elle surveille la température et la salinité de l'eau à différentes profondeurs et dans différentes zones maritimes. Ces données aideront les scientifiques chinois à bien mieux comprendre les lois de propagation des signaux acoustiques dans ces zones. 

Du point de vue de la préparation à la guerre, cette activité est tout à fait logique. L'ambition des Chinois d'étudier les fonds océaniques l'est tout autant, ne serait-ce que parce que le relief du fond influe sur la propagation des ondes sonores dans les couches proches du fond, là où les sous-marins peuvent opérer. Une connaissance précise de la configuration du fond permettra aux Chinois d'intensifier leur activité au fond de l'océan. 

Ainsi, nous assistons indéniablement à la préparation de la Chine en vue d'un conflit sérieux, peut-être décisif, contre un adversaire doté d'une importante flotte sous-marine, les États-Unis. L'étude du monde sous-marin, de l'hydrologie et de l'hydroacoustique n'est pas un caprice ni une simple recherche scientifique, mais une nécessité militaire impérieuse.

Alexandre Lemoine

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs. Observateur Continental se dégage de toutes responsabilités concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes 

Abonnez-vous à notre chaîne Telegram : https://t.me/observateur_continental

Source : http://www.observateur-continental.fr/?module=articles&action=view&id=7751

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-recherches-sous-marines-de-la-268104

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire