
La pierre que les bandits Trump-Netanyahou ont soulevée en attaquant l'Iran n'est pas tombée seulement sur leurs propres pieds, mais aussi sur ceux du monde entier, et en particulier sur ceux de l'Europe.
Lire la première partie ici
L'Union européenne. La haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a annoncé aux journalistes avant la réunion du Conseil des affaires étrangères la semaine dernière : « Si nous connaissons une pénurie d'engrais cette année, nous connaîtrons une pénurie alimentaire l'année prochaine ». Le ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Roland Lescure, qualifie désormais la situation de véritable « choc pétrolier ».
L’agenda inchangé des sommets de l’UE : la crise énergétique. Lors du sommet des dirigeants de l'UE qui s'est tenu à Bruxelles le 19 mars, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé les États membres à agir, soulignant que le secteur énergétique européen subissait de plein fouet les effets directs de la guerre.
L'ordre du jour du sommet avait été fixé un mois à l'avance. Le 12 février 2026, les dirigeants de l'UE s'étaient réunis lors d'un sommet informel en Belgique pour discuter de l'avenir industriel de l'Europe, du renforcement de sa compétitivité face aux États-Unis et à la Chine, et de la nécessité de réduire les coûts énergétiques pour y parvenir. Et lors du sommet prévu un mois plus tard, celui de la semaine dernière, ils devaient prendre des décisions sur ces questions.
Mais l'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran a bouleversé leur ordre du jour. Lors du premier sommet de 2026, qui s'était tenu en janvier, l'UE n'avait pas non plus pu aborder ses propres problèmes internes.
L'enlèvement criminel par Trump du président vénézuélien Nicolas Maduro et son annonce de vouloir s'emparer du Groenland, territoire de l'UE, avaient constitué un point incontournable de l'ordre du jour du sommet. Cette fois encore, la crise énergétique, qui s'est désormais transformée en crise mondiale, est devenue le premier point à l'ordre du jour. Les pays de l’UE traversent déjà une crise énergétique depuis quatre ans, et cette situation a été au cœur de chaque sommet européen. Car le coût élevé de l’énergie dans l’industrie soulevait la question de la compétitivité.
On prévoit que l’ampleur de la crise énergétique actuelle sera encore plus importante. C’est pourquoi les dirigeants ont discuté des mesures à prendre pour atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les citoyens et les entreprises. Mais là encore, ils n’ont pas réussi à adopter une position commune.
Depuis la crise ukrainienne, ils ne cessent de débattre des mêmes sujets. Chaque pays envisage d’agir en fonction de ses propres moyens économiques et de l’état de son budget : des mesures palliatives telles que le gel des prix des carburants, la réduction des taxes incluses dans les prix ou l’aide aux entreprises du secteur de l’énergie sont envisagées.
Le gouvernement français, par sa ministre déléguée en charge de l’énergie et porte-parole, Maud Bregeon, a une nouvelle fois rejeté la baisse des taxes en invoquant les contraintes budgétaires. « Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas à l'ordre du jour », a-t-elle martelé tout en précisant que des aides ciblées pour certains secteurs pourraient être envisagées.
Cette situation rappelle le mouvement des Gilets jaunes, déclenché fin 2018 par la hausse des taxes sur les carburants. À l’époque, le prix du litre de diesel avait atteint environ 1,50 euro et la population s’était révoltée. Aujourd’hui, la colère monte à nouveau en raison de la hausse significative des prix et du fait que les taxes représentent toujours environ 60% du coût final.
L’Europe doit se tourner à nouveau vers le gaz russe. La crise actuelle montre à quel point le gaz russe est important et qu'il est aujourd'hui devenu une nécessité absolue. Selon un reportage d'Euronews, le Premier ministre belge Bart De Wever s'est exprimé en faveur de la reprise des importations d'énergie russe. Selon De Wever, le fait que l'UE soit confrontée à une crise énergétique et que celle-ci risque d'entraîner l'Union dans une récession économique rend ce choix « une question de bon sens ».
Les réactions n'ont pas tardé à fuser à l'encontre du Premier ministre belge. Dan Jørgensen, responsable de l'énergie à l'UE, a déclaré que malgré la crise énergétique en cascade provoquée par le conflit actuel dans le Golfe, l'UE s'opposait à la reprise des importations d'énergie russe : « Nous sommes déterminés à suivre cette voie. Ce serait une erreur de notre part de répéter ce que nous avons fait par le passé. Le message est très clair : à l'avenir, nous n'importerons pas d'énergie de Russie ».
Le directeur du Fonds russe d'investissements directs (FRID), Kirill Dmitriev, a estimé sur X : « 3000 milliards d’euros de pertes pour l’UE suite à de mauvaises décisions. Les restrictions imposées par l’UE à l’énergie russe ont eu l’effet inverse : nous estimons que les pertes économiques de l’UE dépassent déjà 1.500 milliards d’euros ».
Avec une hausse d’environ 100% des prix du gaz dans l’UE, les pertes totales pourraient dépasser 3.000 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, entraînant une désindustrialisation et un effondrement ».
Ali Rıza Taşdelen, sociologue, chroniqueur en politique étrangère au journal Aydınlık
Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs. Observateur Continental se dégage de toutes responsabilités concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes
Abonnez-vous à notre chaîne Telegram : https://t.me/observateur_continental
Source : https://observateur-continental.fr/?module=articles&action=view&id=7745
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ue-entre-desindustrialisation-et-268003
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire