samedi 4 avril 2026

Qui se cache derrière la « Rencontre annuelle des musulmans de France » ?

 

Capture écran Voice of America
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Soulagement, pour les « musulmans de France ». Le grand raout islamique devant réunir plusieurs « dizaines de milliers de visiteurs » au Parc des Expositions de Paris du 3 au 6 avril pourra finalement se tenir comme prévu. Évoquant « un contexte national et international marqué par des tensions accrues » et un « niveau de menace terroriste élevé », la préfecture de police avait tenté d’annuler l’événement, mais une procédure en référé engagée devant le tribunal administratif a donné raison aux organisateurs. Le juge a estimé que « les troubles à l'ordre public invoqués » par le préfet n'étaient « pas établis par les éléments versés au dossier ».

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Autorisé officiellement, l’événement promet d’être « le plus grand rassemblement musulman d’Europe », avec d’innocents débats, ateliers, expositions, animations familiales et moments spirituels au programme. L’objectif déclaré est de « favoriser la connaissance, le dialogue et la cohésion au sein de la société française ». Bref, un meeting parfaitement républicain, œuvrant pour le bien commun et les intérêts de notre pays… Notons que la préfecture n’avait pas souhaité annuler l’événement en raison des activités dangereuses qui pourraient s’y dérouler mais au motif que les participants pourraient être attaqués par…« des groupuscules d’ultra-droite ». Orwell, au secours !

Une communauté en émoi

Sans surprise, de nombreux relais d’influence communautaires étaient montés au créneau et avaient décrié l’initiative de la préfecture. « Cette interdiction intervient dans un contexte où une partie croissante de la communauté musulmane se sent stigmatisée, suspectée, mise à l’écart, a osé le média Oumma, passant sous silence le traumatisme des attentats islamistes en France. Dans certains médias, les musulmans sont devenus des cibles récurrentes, livrées aux discours de chroniqueurs dont la violence verbale se banalise chaque jour davantage. Dans ce climat, empêcher un rassemblement pacifique, dédié à la foi, à la transmission et au vivre ensemble ne peut qu’accentuer un sentiment d’injustice déjà profond. » Un discours victimaire repris par Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, selon lequel l’arrêté pris par la préfecture nourrissait un « deux poids deux mesures insupportable ».

Sur X, le socialiste - allié, au sein du NFP, au parti LFI, régulièrement accusé d’antisémitisme - a été repris de volée par l’imam Hassen Chalghoumi. « Il ne s’agit pas d’une manifestation de la communauté musulmane, mais d’une mobilisation portée par la mouvance des Frères musulmans, de nature antirépublicaine, séparatiste et profondément incompatible avec les principes de la République », a rectifié le religieux musulman.

Un événement très controversé

Il se trouve en effet que cette « rencontre annuelle des musulmans de France » n’est pas un simple rassemblement religieux. Parmi ses organisateurs, on retrouve la fédération Musulmans de France (MF), anciennement connue sous le nom d’Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans. Excusez du peu. Et à y regarder de plus près, les animations prévues en ce week-end de Pâques laissent clairement entrevoir la nature radicale et nocive du meeting : un débat pas du tout orienté sur « Pourquoi les musulmans obsèdent-ils nos médias ? » en compagnie de la « journaliste » Feïza Ben Mohamed, une table ronde sur le thème « Islamophobie : entre désarroi, défense et résilience », une intervention du très sulfureux François Burgat, l’interview d’une juriste hostile aux travaux de l’anthropologue de renom Florence Bergeaud-Blackler

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Ironie du calendrier, c’est précisément au moment où Laurent Nuñez se porte au chevet des musulmans communautarisés et professe, en pleine mosquée, sa motivation sans faille à « mieux faire connaître l’islam » qu’on apprend qu’un nouveau projet de loi sur le séparatisme et l’entrisme islamiste est en préparation, sous la houlette… du même ministre de l’Intérieur. Cherchez l’erreur.

Jean Kast

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