
Les autorités ont également communiqué l’identité du suspect présumé. L’homme s’appelle Nesip D.. Ce Suisse-Turc avait été naturalisé à Winterthour en 2009. Selon Mario Fehr, il avait demandé le renouvellement de son passeport suisse en 2024, sans jamais se présenter au rendez-vous prévu. Agé de 31 ans, il était déjà connu de la police: en 2015, il avait été dénoncé pour diffusion de propagande du groupe djihadiste Etat islamique.
Hakan*(non modifié), 31 ans, avait déjà purgé une peine de prison pour une rixe et avait récemment attiré l’attention des autorités en raison de problèmes de santé mentale. Son nom est apparu à plusieurs reprises dans le cadre d’enquêtes sur des activités radicales. Mario Fehr qualifie cet acte de « terrorisme ».
Selon le parquet fédéral, Hakan appartenait à une cellule djihadiste à Winterthur.
Lors de la conférence de presse des autorités, le directeur de la sécurité de Zurich, Mario Fehr, a qualifié l’attaque d’« acte terroriste ». Selon M. Fehr, le suspect possède la double nationalité suisse et turque. Il est connu des services de police : il figurait parmi les personnes mises en cause dans le cadre de l’enquête visant la mosquée An’Nur à Winterthur. À l’époque, il avait été inculpé de violation de l’interdiction de l’État islamique. Cet homme souffre de troubles mentaux et a été hospitalisé dans un établissement psychiatrique. La veille de l’attaque, un médecin l’avait déclaré ne plus représenter un danger pour lui-même ni pour autrui. Il avait ensuite quitté la clinique.
Hakan s’est fait remarquer pour la première fois il y a plus de dix ans, au moment où une scène islamiste dynamique s’était développée à Winterthur. Il avait alors une vingtaine d’années et évoluait au sein de ce milieu, où beaucoup étaient enthousiastes à l’égard d’Al-Qaïda et, de plus en plus, de l’État islamique (EI). Plusieurs personnes originaires de Winterthur et des environs se sont rendues en Syrie et en Irak pour rejoindre ces deux organisations terroristes.
Déjà à l’époque, Hakan sympathisait avec l’État islamique, mais il ne rejoignit pas le djihad. Se définissant comme salafiste, il souhaitait l’instauration de la charia, y compris en Suisse. Il rejetait l’État suisse, la démocratie en général et le système judiciaire suisse.
Depuis, son nom et ceux de ses deux frères sont apparus à plusieurs reprises dans des dossiers criminels concernant des activités islamistes dans la région de Winterthur. Un acte d’accusation du parquet fédéral, datant du printemps 2023, contre Visar L., un ancien combattant de l’État islamique déjà condamné, révèle que Hakan a été un membre actif d’une cellule djihadiste d’environ 40 à 50 personnes dans la région de Winterthur et de Zurich pendant des années. Bien qu’il n’ait pas été mis en cause dans cette affaire précise, les enquêtes antiterroristes et les relevés de surveillance montrent que Hakan était profondément impliqué dans l’endoctrinement et la logistique djihadistes.
Hakan évoluait dans le cercle restreint de L., un ancien membre de l’EI. Selon le bureau du procureur fédéral, il participait régulièrement à des réunions clandestines dans des locaux de club loués et à des « entraînements » ciblés en voiture.
Les enquêteurs ont établi que Hakan et d’autres personnes visionnaient des vidéos de propagande de l’EI et écoutaient des chants de guerre djihadistes (nasheeds). Parmi ces chants figuraient des hymnes glorifiant la lutte djihadiste, les décapitations et le martyre. Le parquet fédéral a classé Hakan non pas comme un simple sympathisant passif, mais comme un participant actif au recrutement de nouveaux membres. Ces éléments, recueillis par les enquêteurs antiterroristes à son encontre, remontent à la fin des années 2010.
En 2015, Hakan a comparu devant le tribunal de district de Winterthur pour une rixe et a été condamné à dix mois de prison. À peine majeur, il avait, avec deux complices mineurs, agressé un Allemand de 36 ans. La victime a été blessée à la mâchoire, au nez et à un doigt, et a subi des lésions oculaires permanentes.
Un homme a poignardé plusieurs piétons à la gare de Winterthour jeudi matin. Il a été arrêté par la police. Une enquête est en cours
Un Suisse de 31 ans a blessé trois personnes à l’arme blanche jeudi matin à la gare de Winterthour, près de Zurich, avant d’être interpellé par les forces de l’ordre, a annoncé la police cantonale.
«Peu après 08h30 (06H30 GMT), un homme a blessé trois personnes à l’arme blanche à la gare de Winterthour. L’auteur présumé, un Suisse de 31 ans, a été arrêté par la police», a annoncé la police cantonale de Zurich dans un communiqué. La police a précisé que «les motivations de l’agression font l’objet d’une enquête», mais une vidéo diffusée par le «Tages-Anzeiger» montre l’agresseur présumé courant devant la gare et criant «Allah Akbar» en levant la main droite. Sur ces images filmées à distance au téléphone, l’homme barbu et aux longs cheveux bruns, vêtu d’un tee-shirt sombre et d’un short passe devant un groupe de jeunes enfants et leurs encadrants en sortie scolaire sans s’arrêter.
Plusieurs témoins ont indiqué qu’il était muni d’un couteau. «Les trois victimes, de nationalité suisse, sont âgées de 28, 43 et 52 ans. Elles ont toutes été transportées à l’hôpital», a poursuivi la police. L’une d’elles est grièvement blessée, les deux autres légèrement.
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