jeudi 4 juin 2026

L’Iran rompt les négociations, escalade en vue

 

1er juin 2026 - L'Iran rompt les négociations avec les Etats-Unis
1er juin 2026 – L’Iran rompt les négociations avec les Etats-Unis

L’Iran aurait suspendu les négociations indirectes avec les États-Unis, invoquant les opérations militaires israéliennes au Liban. Téhéran exige également la fin des opérations à Gaza et le retrait d’Israël des territoires occupés. Pour la première fois, les conditions iraniennes pour mettre fin à la guerre sont publiques.

Téhéran exige la fin des opérations israéliennes au Liban et dans la bande de Gaza

 Selon l’agence de presse semi-officielle Tasnim, l’Iran a suspendu sine die les négociations indirectes avec les États-Unis lundi 1er juin après-midi. Les dirigeants de Téhéran ont invoqué l’opération militaire israélienne en cours au Liban comme motif de cette décision. Téhéran exige ainsi la fin des opérations israéliennes au Liban et également dans la bande de Gaza comme une condition préalable au maintien du cessez-le-feu et à la poursuite des négociations. Les dirigeants iraniens menacent par ailleurs d’aggraver le conflit.. Dès le début des négociations avec les États-Unis, l’Iran avait insisté pour que l’accord de cessez-le-feu inclue également Israël et le Liban. Or, Israël poursuit son offensive contre les positions du Hezbollah au Sud-Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré le 1er juin, lors de l’émission Platform X, que le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis était « sans aucun doute un cessez-le-feu global sur tous les fronts, y compris au Liban ». Toute violation sur un front serait donc considérée comme une violation sur tous les fronts.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a également exprimé ses critiques. Lors d’une conférence de presse, le porte-parole Esmail Baghaei a qualifié les actions militaires israéliennes au Liban de violation du cessez-le-feu. Sans évoquer une suspension imminente des négociations, M. Baghaei a souligné que les actions d’Israël visaient à « anéantir toute possibilité d’amélioration de la situation par la voie diplomatique ».

L’Iran menace désormais de fermer complètement le détroit d’Ormuz et d’étendre le conflit à d’autres régions

Par ailleurs, des responsables et des négociateurs du gouvernement iranien réclament un arrêt immédiat des opérations militaires israéliennes à Gaza et un retrait des zones du Liban contrôlées par Israël.

L’Iran menace désormais de fermer complètement le détroit d’Ormuz et d’étendre le conflit à d’autres régions, notamment dans le détroit de Bab el-Mandeb avec un éventuel blocus. Ce détroit par lequel transite une grande partie du trafic maritime entre l’Europe, l’Asie et les États du Golfe via la mer Rouge est d’une importance stratégique majeure. Téhéran a également annoncé des mesures de représailles contre Israël.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que l’offensive israélienne au Liban et le blocus naval américain des ports iraniens constituent une « preuve manifeste » d’une violation du cessez-le-feu par les États-Unis. Il a écrit sur X : « Chaque élection a un prix, et ce prix est dû. Tout finira bien. »

De leur côté, des sources militaires américaines mettent en garde l’Iran contre toute sous-estimation de la détermination américaine.

Cette mesure alimente l’incertitude quant à la poursuite du cessez-le-feu actuel et à sa possible transformation en un accord plus large visant à mettre fin à la guerre en Iran.

L’Iran a rendu publiques ses conditions pour mettre fin à la guerre

Parallèlement à cet arrêt des négociations, pour la première fois, l’Iran a rendu publiques ses conditions pour mettre fin à la guerre : une liste précise soulignant la fermeté iranienne.

– Cessation immédiate des opérations militaires israéliennes à Gaza, condition préalable non négociable à toute reprise des contacts. – Cessation immédiate des opérations militaires israéliennes au Liban, les violations du cessez-le-feu sont le déclencheur direct de cette suspension. – Retrait complet d’Israël des territoires libanais occupés, un retrait partiel n’est pas acceptable. – Respect des termes de la trêve sur tous les fronts : le ministre des Affaires étrangères Araghchi a déclaré que le cessez-le-feu est « global » ; le Liban n’est pas un dossier distinct. – Respect par les États-Unis de leurs engagements concernant le cessez-le-feu au Liban, Washington doit faire appliquer ce qu’il a accepté, et non se contenter de jouer les médiateurs. – Arrêt des échanges de messages indirects par l’intermédiaire de médiateurs, tous les canaux de communication parallèles sont désormais gelés, pas seulement les négociations officielles. – La fermeture du détroit d’Ormuz reste une option ; l’Axe de la Résistance signale qu’il est prêt à agir si les violations se poursuivent. – La fermeture du détroit de Bab el-Mandeb reste une option, un second point de passage stratégique que les alliés de l’Iran ont menacé de bloquer. – La question des avoirs iraniens gelés doit être traitée en priorité ; l’Iran a rejeté la proposition américaine consistant à suspendre temporairement les sanctions pétrolières pendant les négociations sans libération complète des avoirs gelés. – Aucun accord-cadre définitif n’a été conclu en mai 2026, des mois de négociations n’ont débouché sur aucun engagement contraignant avant cet échec.

100 % des conditions nécessitent la coopération d’Israël

Ainsi que les signalent des commentateurs américains, 100 % des conditions concernent des éléments que les États-Unis ne peuvent pas imposer unilatéralement : elles nécessitent la coopération d’Israël. Chaque condition de cette liste dépend de l’arrêt des opérations israéliennes que Washington n’a pas réussi à stopper.

Ces conditions publiques sont un nouveau casse-tête pour Donald Trump qui ne sait comment mettre fin à une guerre désastreuse pour son image et l’économie états-unienne, tenu par un allié israélien qui n’en fait qu’à sa tête. Il aura beau crié sur Benjamin Netanyah, le traiter de « complètement cingler », comme ce fut le cas lors de son dernier entretien avec lui selon ce que révèlent les médias, tant que les Etats-Unis continueront à approvisionner Israël en armes, et en aide tactique, l’État hébreux continuera sa guerre d’expansion à Gaza et au Sud Liban sans scrupules.

Et l’Iran ne négociera pas …

Francesca de Villasmundo

https://www.medias-presse.info/liran-rompt-les-negociations-escalade-en-vue/244208/

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