
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il veut faire la guéguerre bien sanglante contre la méchante Russie"… C’est un peu long comme titre, et si cela n’aurait peut-être pas arrêté en si "mauvais" chemin le regretté Jean Yanne, c’est pourtant, comme on va le voir, un autre de ses titres qui caractérise le mieux, en profondeur, l’essence tragicomique de notre époque.
Avec toutes les prétendues "démocraties européennes" réunies à Paris au chevet du "pianiste" Zelensky, on en oublierait presque les relents de nazisme qui ont en quelque sorte "préludé" l’actuelle guerre en Ukraine, surpassant en durée et la première guerre mondiale et la seconde en ce qui concerne l'affrontement germano-soviétique. Et alors que la classe politique française quasi unanime entonne en chœur avec Macron des airs de clairon, quelques voix "de gauche" s’inquiètent que cela "masque le retour du fascisme", « Ne nous laissons pas surprendre », clament ces quelques voix inquiètes…
Inquiétude salutaire ??? Mais ça va faire bientôt 20 ans que la « gauche », « extrême » ou non, s’est laissée « surprendre » par la crise dite des « subprimes » sans être ni capable de l’analyser, ni, évidemment, d’y apporter une réponse de lutte sociale…
Le système de domination de classe, lui, par contre, a su s’adapter en apportant au « problème » la solution « Quantitative Easing », et toutes les nouvelles pratiques banco-centralistes à la suite.
Evidemment, d’un point de vue « anticapitaliste » basé sur une lecture sommaire des « classiques », mais le plus souvent, sur aucune, en réalité, il est difficile de concevoir que le système puisse perdre globalement une masse colossale d’argent-dette tout en entretenant une minorité de parasites plus fortunés que jamais ne l’ont été les capitalistes des époques passées…
Mais c’est vrai qu’il faut déjà commencer par comprendre comment s’est formé et développé le capitalisme, et pourquoi la pente inexorable de son évolution l’a mené globalement à sa fin, pour l’essentiel, avec cette crise et les suivantes.
La pente inexorable de la fin du capitalisme est très bien décrite dans les "Grundrisse", mais cela n’implique pas la fin du système de domination de classe, même si c’était logiquement ce que Marx pouvait en espérer, dans le contexte de son époque. Et bien qu’il n’ait jamais établi, en réalité, une sorte de « lien mécanique » entre les deux.
L’heure du prolétariat industriel est en train de finir, et avec elle, l’heure du capitalisme. Avec le cycle de la dette le système de domination de classe a trouvé comment continuer à faire tenir debout une société déjà « tertiarisée » à plus de 80%.
Ce nouveau système, banco-centraliste, est déjà totalitaire par nature : il n’a donc pas besoin de « passer au fascisme ». Il lui suffit de « moduler » le spectacle de sa pseudo-« démocratie » en fonction des nécessités du moment. Le guignol Macron a plus souvent qu’à son tour joué le rôle du Pandore et en cognant déjà assez fort…
Le duo « Marine et Jordan » n’est jamais qu’une autre paire de marionnettes qui saura jouer tour à tour « Guignol et Pandore », en fonction des besoins.
Idem pour Mélenchon, etc…
Et pour accompagner le "pianiste de Kiev" la nouvelle modulation "symphonique européenne" qui alimente le gouffre de la dette prétend donc trouver le "ton juste" avec la production en masse de matériel militaire destiné en réalité à alimenter cette nouvelle guerre "européenne non déclarée" contre la Russie.
Tant que le prolétariat industriel était le cœur sociologique de la gauche, elle ne pouvait pas être "anti productiviste", dans la mesure où il s’agissait de réorienter la production faite par le prolétariat vers les objectifs sociaux d’amélioration nécessaire de ses conditions de vie.
Jusqu’au tournant des années 60-70 la condition du "smicard" et de sa famille restait une condition de limite de survie sociale, en rapport aux conditions générales de son temps.
Un fois dépassée l’apogée de l’extension du prolétariat industriel, et qui correspond aussi assez bien avec les années 60-70, s’ouvre à la fois la période de son déclin et celle du déclin, en conséquence, du capital productif par rapport au capital financier, en voie de transition vers le banco-centralisme.
Cela concerne en gros l’ensemble de l’Occident industrialisé, et avec quelques années de "retard" le Japon, et désormais la Chine aussi, avec encore un peu plus de retard. Par contre ces deux pays, en manière de "rattrapage", sont « pionniers » concernant la fondation et le développement du banco-centralisme.
Mais dans ce processus la question de la prise du pouvoir par la classe ouvrière a finalement été complètement évacuée, y compris par la classe ouvrière elle-même, c’est juste un fait, fort bien caricaturé par Jean Yanne dans son film, "Moi y’en a vouloir des sous", emblématique de l’apogée du rapport de forces de l’époque.
Aujourd’hui j’ai tendance à penser que la prise de pouvoir par une nouvelle classe sociale ne peut réellement survenir que pendant sa période de développement et d’ascension économique et rarement, sinon jamais, après. Autrement dit, Mai 68 n’était pas la "répétition générale", et encore moins, le "prélude", mais bien plutôt la "dernière chance", en termes d’opportunité historique, ou à peu près. Idem, avec quelques mois ou années de décalage pour les grandes luttes sociales en Italie.
Des luttes d’"arrière-garde" suffisamment puissantes, en alliance avec d’autres classes sociales populaires, auraient éventuellement pu être possibles s’il y avait eu encore une "avant-garde prolétarienne" politiquement consciente et déjà constituée, mais ce n’était pas le cas. Même en Italie, comme la suite l’a montré, malgré des tentatives plutôt confusionnistes.
Dans une période de déclin du prolétariat industriel, devoir à la fois reconstruire une "avant-garde prolétarienne" et une alliance des classes populaires autour d’une telle tentative, c’était quasiment la quadrature du cercle et en ce sens l’échec des diverses tentatives est logique et quasiment naturel.
Anticiper l’évolution banco-centraliste du système de domination de classe était évidemment difficile, mais pas forcément tout à fait impossible. A présent cette question est dépassée vu que nous sommes déjà en plein dedans. Néanmoins la prise de conscience de toute cette évolution n’a pas encore eu lieu et peut encore tarder, voire même ne pas survenir du tout, du point de vue des classes populaires, dans la mesure où précisément elles sont socialement fragmentées par le nouveau système, ce qui est sa plus grande force, sinon même la seule, vu qu’il ne repose autrement que sur la gigantesque arnaque de la dette, une "pyramide de Ponzi" à échelle planétaire.
La nouvelle "société du spectacle" c’est d’arriver à nous faire voir l’envers de la dette accumulée par le système monétaire et financier international sous la forme d'un pseudo-"capital" générant des "fortunes personnelles" effectivement plus "spectaculaires" que jamais, même si entièrement parasites de la dette, quant à leur base réelle.
Et cela fonctionne très bien puisque ça aveugle encore jusqu’aux prétendus "révolutionnaires anticapitalistes" de tous poils, plus ou moins rouges ou plus ou moins verts selon les espèces et leurs diverses variétés hybrides.
Ces "anticapitalistes" sont tout à fait les "Don Quichotte" de notre époque, menant pathétiquement avec un siècle de "décalage" à tous points de vues, mais comme une simagrée, le combat manqué des générations précédentes… !
Mais contrairement au scénario de Cervantès leur entourage bourgeois déjà banco-centralisé n’a donc aucun intérêt à les "ramener à la raison" et à les débarrasser de leurs illusions, bien au contraire…
Combattre un adversaire qui se gourre en permanence de cible est évidemment bien plus facile et contribuer à l’entretenir dans son illusion est donc finalement une stratégie plutôt avisée.
Dans la gauche, un certain nombre de leaders, et y compris et même surtout Mélenchon, ne sont pas réellement dupes et jouent consciemment le rôle de pseudo-"opposition radicale", modulable au gré des circonstances.
Ainsi s’écrit l’histoire d’un nouveau siècle qui se cherche en plus une "justification", au bord du gouffre de sa propre dette, dans des guerres sans rime ni raison, sinon de rappeler aux populations la servilité de leur condition face aux grands illusionnistes de la dette publique. Ce qui constitue toute la signification du « dernier quatorze juillet macroniste européannisé ».
De sa formation moyenâgeuse embryonnaire à son apogée « industrielle », la bourgeoisie devenue capitaliste « productiviste » a connu une ascension quasi millénaire, alors que le prolétariat industriel, de sa formation à son apogée, n’a connu qu’un siècle et demi de réel développement, avant le début de son déclin. Et de plus, en tant que classe devenue dominante, la bourgeoisie a eu tous les moyens de sa propre adaptation à l’évolution des rapports de production, et y compris jusqu’à la période actuelle de robotisation et de banco-centralisation.
La signification symbolique de ce quatorze juillet est bien que le pouvoir actuel de la bourgeoisie repose sur deux « jambes », mais dont l’une est une béquille, la pyramide de Ponzi de la dette publique, et l’autre son industrie militaire, mais financée par la précédente : un stade bancal de la domination de classe, et qui ne tient vraiment que par la fragmentation des classes populaires tertiarisées en une multitude de secteurs d’activités, néanmoins interconnectés et interdépendants. Face à une bourgeoisie avide d’emmener cette population éclatée à l’abattoir de ses guerres seulement utiles au renouvellement de son industrie robotisée, la question n’est plus même de savoir si ces classes ont « socialement intérêt » à s’unir pour une prise du pouvoir, mais de savoir si elles ont réellement envie de simplement survivre.
Luniterre
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/14-juillet-2026-avec-macron-pour-270555
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