
Deux incendies ont frappé, le 10 juillet, des conduits de câbles ferroviaires entre Leverkusen et Langenfeld, en Allemagne, sur l’axe très fréquenté Cologne-Düsseldorf. De nombreux câbles ont été endommagés, provoquant suppressions de trains, détournements et retards. L’affaire, rapportée en France par BFMTV le 15 juillet, a été revendiquée en ligne sous le nom de « Kommando Angry Birds ». La police poursuivait ses vérifications, mais le ministre de l’Intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Herbert Reul, jugeait cette implication relativement probable dans au moins l’une des deux attaques.
Sabotage revendiqué au nom de l’écologie radicale
Le renseignement régional classe ce nom d’action dans l’extrémisme de gauche. Selon le WDR, il ne désignerait pas nécessairement une organisation structurée, mais plutôt un label utilisable par différents militants. Dans sa revendication, le « Kommando Angry Birds » se présente comme hostile au capitalisme et à la société industrielle, accusée de conduire l’humanité à une extinction de masse.
Le procédé n’est pas nouveau. Des incendies visant des câbles ferroviaires avaient déjà été revendiqués sous ce nom en 2025. Un manifeste publié en janvier 2026 donnait en outre des conseils de communication clandestine et des instructions pour fabriquer des dispositifs incendiaires. L’usage d’une appellation collective, sans structure clairement identifiable, complique fortement le travail des enquêteurs.
L’Allemagne avait déjà subi, en janvier, une attaque contre son réseau électrique berlinois. Un texte publié au nom d’une « Vulkangruppe » en avait revendiqué la responsabilité. Franceinfo, citant le parquet fédéral, avait alors rapporté l’ouverture d’une enquête pour des soupçons de sabotage et d’appartenance à une organisation terroriste. Des dizaines de milliers de foyers avaient été privés de courant, parfois plusieurs jours en plein hiver.
La violence en forte progression
Le rapport 2025 de l’Office fédéral de protection de la Constitution, présenté le 30 juin et relayé notamment par CNews, confirme une hausse préoccupante. Le nombre de personnes rattachées à l’extrémisme de gauche est passé de 38 000 à 42 200 en un an. Parmi elles, 11 600 sont classées comme orientées vers la violence, un record. Les actes violents attribués à cette mouvance ont progressé de 60,9 %, pour atteindre 856 faits.
Le renseignement allemand continue de considérer l’extrémisme de droite comme la principale menace pour l’ordre démocratique. Ce constat ne doit cependant pas conduire à minorer les réseaux clandestins se réclamant de l’extrême gauche. Lorsqu’ils incendient des infrastructures ferroviaires ou électriques, ils ne s’attaquent pas à des symboles abstraits : ils perturbent la vie quotidienne, fragilisent des services essentiels et exposent directement la population aux conséquences de leur idéologie.
Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/reportyorym)
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