
Une purge à connotation ethnique aurait-elle lieu, à France Télévisions ? Dans une lettre ouverte au ministre du Travail datée du 8 juillet, le syndicat CGC Médias dénonce l’existence de « pratiques scandaleuses » au sein du groupe public : convocations à répétition, licenciements abusifs, dérives toxiques… C’est un « management par l’intimidation et l’arbitraire » qu’aurait mis en place la direction.
Dans sa missive, le président fédéral Jean-Jacques Cordival évoque notamment une étonnante pratique de délation qui serait devenue « la nouvelle spécialité de France Télé ». Il serait ainsi demandé à certains salariés, fraîchement embauchés en CDD, de faire office d’« indicateurs » et de rédiger des rapports à charge contre des statutaires, « mâles blancs de plus de 50 ans de préférence ». Un « vrai travail de fichage ethnique et générationnel » qui aurait pour but de procéder de façon ciblée à une « purge »… Contacté par BV, Jean-Jacques Cordival confirme ces pratiques pour le moins problématiques : « Le nombre de personnes qui sont discriminées à France Télévisions… il y en a un paquet, à commencer par les mâles blancs de plus de 50 ans ! C’est un fait, ce n’est pas nouveau. Pourquoi les mâles blancs de plus de 50 ans ? Parce qu’ils coûtent cher ! Dès qu’on peut dégager les gens, on les dégage ! »
Dans une situation financière que la Cour des comptes qualifie elle-même de « critique » et « non soutenable », France Télévisions chercherait ainsi à licencier à tour de bras afin de faire des économies. « Aujourd’hui, le but est de trouver un maximum de gens qu’on peut virer pour des fautes imaginaires. C’est extrêmement grave », nous confie Jean-Jacques Cordival. Dans sa lettre, le président de CGC Médias liste plusieurs cas d’employés sanctionnés pour des motifs pour le moins obscurs ou visés par des procédures de licenciement qualifiées d’« ubuesques ». Il y est également conté le sort de trois journalistes sportifs qui ont été virés de France TV pour de prétendus faits de harcèlement, avant d’être finalement blanchis par la Justice et dûment dédommagés par leur ex-employeur. « France Télévisions a perdu parce qu’il n’y avait évidemment pas de preuves, mais l’un des trois a failli se foutre en l’air, il a failli se suicider !, dénonce M. Cordival. Il y a d’ailleurs toujours une plainte au pénal qui court. Et les deux autres ont pris des indemnités. Mais France Télévisions s’en fout, de perdre aux prud’hommes, parce que c’est nous qui payons les indemnités ! »
De lourdes accusations de discriminations ethniques
Sur le sujet des discriminations ethniques ou sexuelles, ce n’est pas la première fois que la direction de France Télévisions est la cible d’accusations. En mai 2025, le collectif d’obédience centriste Médias citoyens avait jeté un pavé dans la mare et dénoncé la gestion du personnel opérée sous la présidence Ernotte. « Depuis deux ans, nous avons recueilli de nombreux témoignages évoquant la mise à l’écart, voire le licenciement, d’hommes blancs hétérosexuels de plus de 50 ans, sur la base de dossiers fragiles, voire fictifs. Anonymes ou identifiés, ces récits décrivent un climat de peur généralisée, nourri par une stratégie de disqualification orchestrée au sommet. » Quelques personnalités concernées ont également témoigné de ces pratiques discriminatoires. « J'ai été viré pour ça, quand même : "homme blanc de plus de cinquante ans", expliquait Patrick Sébastien, début 2025, à Télépro. Tu m’aurais dit ça à l'époque, je me serais dit "merde", quand même… Normalement, ça devrait être interdit par la loi, on n'a pas le droit de virer quelqu'un en raison de son âge, de son sexe ou de sa couleur de peau ! » En janvier dernier, Julien Lepers est revenu sur son éviction de France TV, y voyant lui aussi une injustice : « Ça s’arrête parce que, dit Delphine Ernotte, "il y a trop d'hommes blancs de plus de cinquante ans à France Télé, il faut que ça change". Elle l’a dit. Trois discriminations punies par la loi ! Elle a été inquiétée par la loi ? Jamais ! Magnifique, la Justice... »
Étonnamment, Delphine Ernotte n’a jamais été condamnée pour ses propos discriminants. La loi est pourtant claire : l’article L1132-1 du Code du travail indique qu’aucun salarié « ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte […] en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge ». « C’est un véritable scandale. Imaginez qu’on dise, par exemple à l’hôpital, il y a trop de femmes de couleur de plus de 40 ans parmi les aides médicales. Vous imaginez le tollé ?, s’indigne Jean-Jacques Cordival, à notre micro. On avait porté plainte et saisi le procureur de la République. Le parquet nous a répondu que notre plainte n’était pas recevable parce qu’il y aurait trop de monde à indemniser… »
Tel est le paradoxe qui entoure le racisme anti-Blanc : trop marginal pour être reconnu, mais trop répandu pour être poursuivi.
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