vendredi 17 juillet 2026

L’Allemagne lorgne sur l’Indopacifique

 

Par Gaston Le Torch

L’Allemagne… toujours le nez dans les cartes géopolitiques.., les compas, les détroits, les minerais… ça ne change jamais vraiment. Les ministres passent, les méthodes se fardent de grands mots mais la boussole, elle, reste braquée sur les mêmes intérêts. Johann Wadephul, le ministre allemand des Affaires étrangères, nous sert l’intérêt pour l’« Indopacifique », région d’avenir, de prospérité, de sécurité, de commerce… Le vocabulaire est moderne, impeccable… On ne parle plus de sphères d’influence, voyons… On parle de partenariats. C’est plus propre. Ça sent le bureau climatisé plutôt que la cire des bottes de la Bundeswehr anciennement Wehrmacht.

Seulement voilà… quand Berlin regarde l’Indo-Pacifique, c’est la France d’outre-mer qui est aperçue. Parce que la France est la seule puissance européenne à y posséder des territoires, des bases, des marins, des pavillons. Sans l’outre-mer français, l’Europe version Berlin ferait bien pâle figure sur la carte du Pacifique. Alors on enveloppe tout ça dans le drapeau étoilé de Bruxelles, on baptise la chose « stratégie européenne »… et chacun est prié d’oublier qui tient réellement les clés de la maison Europe… Ach so.

La Nouvelle-Calédonie, voilà le « confetti » qui brille. Le nickel. Le métal des batteries, des voitures électriques, de l’industrie allemande qui rêve de ne dépendre de personne… sauf des gisements des autres. Les experts de la SWP (Fondation allemande pour la science et la politique), ceux de la DERA (l’Agence allemande pour les ressources minérales), les rapports s’empilent, les graphiques fleurissent. Toujours la même musique : sécuriser les approvisionnements, garantir les chaînes de valeur, préserver les intérêts européens. « Européens »… le mot magique. Il gomme les frontières, il dilue les responsabilités, il habille les intérêts germaniques d’un costume communautaire, voire des racines chrétiennes…

Puis arrivent les émeutes de 2024. Et, soudain, la stabilité de la Nouvelle-Calédonie ne serait plus seulement une affaire française. Non. Elle deviendrait une question de sécurité des matières premières, de présence européenne, disons germanique, dans le Pacifique, d’équilibre face à la Chine. Comme si chaque secousse de la France d’outre-mer (trop négligée par les métropolitains hallucinés par le pseudo danger russe !) faisait trembler les chaînes de montage de l’autre côté du Rhin.

Au fond, ce qui frappe, ce n’est pas que l’Allemagne défende ses intérêts… ça, c’est normal et ça confirme le retour DU politique et des nations plus que des empires. Toutes les nations puissantes le font. Non, ce qui est flagrant, c’est cette vieille habitude de présenter des objectifs stratégiques bien nationaux, bien germaniques dans des habits d’« intérêt européen ». Une Europe dont le centre de gravité géopolitique est, décidément, situé quelque part entre Berlin et les besoins de son industrie… pas seulement automobile mais militaire et même naval puisque les Canadiens préfèrent acheter des sous-marins allemands plutôt que français. L’intérêt français, lui, est de construire de nouveaux bâtiments de surface pour porter haut et fort le beau drapeau de la plus grande France. Vive la Royale !

https://www.actionfrancaise.net/2026/07/17/lallemagne-lorgne-sur-lindopacifique/?doing_wp_cron=1784279022.6520960330963134765625

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