
Olivier Nagabbo, avocat général près la cour d’appel de Lyon et ancien procureur adjoint de Grenoble, a été retrouvé mort dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 juin au pied de son immeuble à Grenoble. Le magistrat se serait suicidé. Ancien procureur de la République adjoint à Grenoble, il avait conservé son logement familial dans la capitale des Alpes où il aurait chuté du sixième étage. Il se trouve que son dernier acte public aura été de requérir, vendredi, une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme, contre l’ancien maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, dans l’affaire de chantage à la sextape. Perdriau venait d’être libéré et apparaissait comme assez sulfureux, de ses proches avaient parlé de manœuvres d’intimidation. Exclu des Républicains il s’était rapproché de l’actuel pouvoir. Cette disparition d’Olivier Nagabbo suscite une vive émotion au sein du monde judiciaire, où il était reconnu pour son expérience et son engagement. Un homme honnête et droit en somme, qui a peut-être eu le tort de s’occuper d’une affaire complexe en lien avec des gens de pouvoir…
On se souvient d’Olivier Marleix, 54 ans, qui avait été retrouvé pendu dans une pièce de son domicile. Un suicide aussi, de cet homme bien renseigné qui travaillait lui aussi sur plusieurs affaires sensibles, la vente d’Alstom autorisée par Macron et des projets de loi en lien avec l’immigration, l’Algérie, la limitation de la corruption… des affaires dérangeantes.
Aussi Éric Denécé, officier du renseignement, ex de chez Matra Défense et du groupe GEOS, suicidé lui-aussi, alors qu’il s’exprimait sur un sujet sensible, la guerre en Ukraine, avec une position assez peu compatible avec la doxa officielle et lui aussi opposé à la cession du pôle énergie d’Alstom à General Electric. Mais encore, le Général Dominique Delawarde, figure militaire reconnue pour ses positions critiques envers les doctrines dominantes, mort opportunément d’un AVC après des sorties médiatiques fracassantes. Sans compter d’autres morts relativement opportunes au cours des dernières années écoulées.
En réalité, la mort, en France, des gens qui travaillent ou s’expriment sur des affaires sensibles, ou qui irritent le pouvoir, est assez régulière et sans verser dans le complotisme, d’un simple point de vue statistique, c’est assez improbable. Dans cette Europe qui se gausse en permanence des opposants à Poutine qui meurent subitement, la France apparaît comme un pays où les opposants, ou même seulement les dérangeants, meurent encore plus subitement qu’en Russie. Et visiblement, personne n’a les moyens de mener des enquêtes contradictoires…
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