
Le mot est lâché depuis quelques mois : « ingérence ». On le répète, on l’installe, on l’infuse dans le débat public pour habituer la population à l’idée qu’il faudrait, bientôt, voter des lois et des décrets destinés à “protéger” la démocratie. En réalité, il s’agit surtout de préparer l’opinionà une surveillance politique généralisée, sous couvert de défendre l’élection présidentielle de 2027.
On se souvient de Lecornu, transformé en professeur de propagande, venu expliquer que l’observatoire privé mandaté pour mesurer l’impact des ingérences sur les élections municipales avait conclu que… les dernières municipales avaient subi des influences extérieures qui n’avaient donné aucun résultat ! on se serait pincé tellement l’absurde de la formule ne nous a pas été épargné ! Autre surprise : les signaux détectés ne venaient pas de Russie, comme on nous le répète à longueur de journée, mais… d’Israël ! En résumé, nous subissons des ingérences extérieures qui ne produisent aucun effet sans être combattues, mais que l’on va pourchasser dès fois que cela finirait par arriver. Mais qu’importe : Poutine sera accusé, quoi qu’il arrive.
Alors que Macron, lui, ne s’est pas gêné pour s’immiscer dans les élections roumaines, entre autres. Il y aurait donc les bonnes et les mauvaises ingérences… les bonnes ce sont nos gouvernants et leurs amis.
Comme si cela ne suffisait pas, voilà que Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur incapable d’organiser la lutte contre les incendies ou de coordonner les secours avec son exécutant de préfet, dépose au Sénat un projet de loi visant à contrôler les ingérences internes.
Le texte prévoit de sanctionner les actions de groupes ou d’individus qui chercheraient à :
- influencer illégalement des décisions publiques,
- infiltrer des institutions,
- manipuler des élus,
- déstabiliser des administrations.
Le flou juridique est total et volontaire. Ce n’est rien d’autre qu’un outil pour contrôler la parole des opposants, ceux qui n’entrent pas dans le moule sacré de la ligne gouvernementale ou bruxelloise.
Les ingérences existent déjà… mais du côté du pouvoir : Infiltrer les institutions ? Klaus Schwab lui-même a déclaré en 2017 avoir “placé ses pions” dans les gouvernements occidentaux via son programme Young Global Leaders. Manipuler les élus ? Mais n’est-ce pas déjà le cas quand, au mépris de la constitution il est exigé des députés qu’ils votent un texte sous peine d’être exclu du parti ! Ou de refuser de financer un projet si l’élu parraine un candidat qui n’a pas l’assentiment de la classe politique aux manettes ! Influencer les décisions politiques ? Que se passe-t-il quand, à la tête des institutions nous trouvons des responsables nommés par la pouvoir sans autre critère que celui de la fidélité au maître, pour verrouiller les contre-pouvoirs.
On comprend vite que cette loi n’est qu’un foutage de gueule : elle servira à criminaliser et éliminer les opposants trop virulents. En clair : un Asselineau, un Philippot, un Dupont‑Aignan pourraient bien finir dans le “Goulag Nunez”, pendant que les gentils Attal, Philippe et consorts, seront protégés.
C’est là la faiblesse de notre démocratie : elle permet, en toute légalité, d’initier des lois contraires aux libertés publiques, toujours sous prétexte de sécurité, tout en laissant au pouvoir exécutif un rôle qui devrait être celui du juge.
Quand un pays condamne une personne pour ses opinions, jugées “dangereuses” par le pouvoir politique et non par une justice indépendante, la démocratie n’existe plus. Ceux qui élaborent et votent ces lois s’inscrivent dans une démarche autoritaire, incompatible avec les principes démocratiques. Et c’est ce que nous voyons chaque jour : une mainmise progressive sur les libertés, réduites à néant sous prétexte qu’elles seraient menacées si l’on ne surveillait pas tous ceux qui contestent des décisions politiques ou remettent en question des orientations qui nous ont menés au chaos. Ces lois liberticides rappellent le vote des pleins pouvoirs à Pétain en 1940. Une fois obtenus, il a pu faire ce qu’il voulait, en toute “légalité”.
Aujourd’hui, le gouvernement procède différemment, par paliers, une loi après l’autre, comme les vagues rongent une falaise. Petit à petit, on habitue le citoyen à ne plus avoir de droits, sauf celui de penser comme Macron l’exige. La réaction du Sénat sera révélatrice : cédera‑t‑il à la tentation autoritaire, ou reconnaîtra‑t‑il le danger d’une loi perverse, préambule à l’interdiction de toute opposition non contrôlée ? On ne supprime jamais les libertés d’un coup. On les affaiblit, on les contourne, on les neutralise, puis on vide la Constitution de sa substance, grâce à des lois qui en transforment l’esprit sans la violer directement. On laisse croire que “tout est comme avant”, alors qu’en réalité, plus rien n’est pareil. Allons nous éviter cet excès par le vote contre des députés : rien n’est moins certain…
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire