
Pendant que les Français vivent dans la peur des règlements de comptes, des fusillades en plein jour et de l’emprise grandissante des réseaux de drogue sur le pays, la justice administrative française1 persiste dans une logique absurde : protéger avant tout les droits des pires criminels. Le 18 juillet, un juge des référés du tribunal administratif de Caen a sommé le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, de mettre fin « dans les meilleurs délais » à des « comportements contraires à la déontologie » au sein du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne.
Saisi par l’Observatoire international des prisons (OIP)2 – une association proche de l’extrême gauche, systématiquement engagée contre la politique pénale des pouvoirs publics et financée massivement par des subventions publiques et des dons défiscalisés – et plusieurs avocats, ce référé-liberté fait suite à un rapport à charge de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL).
Qui sont vraiment les détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe ?
Il convient de remettre les choses en perspective. Le QLCO de Condé-sur-Sarthe, ouvert à l’automne 2025 dans le cadre de la loi contre le narcotrafic, n’accueille pas des petits délinquants ou des voleurs à la tire. Il est réservé à des profils de très haut niveau de la criminalité organisée : chefs de réseaux de narcotrafic, lieutenants du grand banditisme, organisateurs de trafics internationaux de stupéfiants, individus soupçonnés ou condamnés pour association de malfaiteurs, blanchiment à grande échelle ou infractions commises en bande organisée.
Ces détenus font partie des environ 500 à 700 profils les plus dangereux identifiés par l’administration pénitentiaire. Beaucoup ont les moyens financiers, les contacts et l’influence nécessaires pour continuer à diriger leurs affaires depuis la prison, orchestrer des règlements de comptes ou menacer témoins et agents. Leur placement en QLCO vise précisément à les isoler totalement : cellule individuelle, parloirs hygiaphone, écoutes téléphoniques permanentes, fouilles renforcées.
Le calvaire quotidien des surveillants face à des criminels puissants et organisés
Derrière les accusations d’« humiliations » et de « violences systémiques » se cache surtout le quotidien extrêmement difficile, stressant et dangereux des surveillants pénitentiaires. Ces agents, souvent chevronnés, sont confrontés à des individus rompus à toutes les formes de manipulation psychologique, d’intimidation et de violence.
Pour protéger leur vie et celle de leurs familles, les surveillants du QLCO travaillent en permanence cagoulés. Une mesure rare, justifiée par la capacité de ces détenus à mémoriser les visages, à identifier les agents et à faire remonter les informations à l’extérieur via leurs réseaux. Les menaces sont permanentes : « On sait où tu habites », « Ta famille va payer », survols de drones au-dessus de la prison, tentatives de corruption ou provocations quotidiennes.
Les agents font face à des réveils nocturnes intempestifs, des insultes racistes, des tentatives de déstabilisation et parfois des agressions physiques. Ils exercent dans un climat de tension extrême, avec le sentiment légitime d’être abandonnés par une hiérarchie et une justice qui semblent plus préoccupées par le confort des caïds que par leur propre sécurité. Comme le soulignent plusieurs syndicats, ces fonctionnaires risquent leur vie tous les jours pour empêcher que ces criminels ne continuent à nuire à la société depuis leurs cellules.
Dans ce contexte explosif, les fouilles strictes, le maintien de l’ordre et les sanctions disciplinaires (privation temporaire d’effets personnels ou de repas en cas de non-respect des règles) ne relèvent pas d’un sadisme gratuit, mais d’une nécessité opérationnelle évidente pour éviter que la prison ne devienne un simple hôtel de luxe pour narcotrafiquants.
Pourtant, le juge des référés estime que l’administration, malgré des notes de service et des formations, ne garantit pas suffisamment « la sécurité et l’intégrité » des détenus. Le directeur de l’établissement avait pourtant assuré lors de l’audience qu’il n’y avait pas de comportements contraires à la déontologie dans son service.
Une inversion totale des priorités
L’État se voit ainsi contraint de prendre des « mesures immédiates, concrètes et contraignantes » pour mettre fin à ces pratiques et améliorer la vie quotidienne de ces détenus extrêmement dangereux.
Pendant ce temps, les victimes des trafics de drogue, les riverains des cités martyrisées, les policiers en première ligne et les surveillants pénitentiaires attendent toujours que la justice leur accorde la même sollicitude. Les agents, qui subissent insultes, menaces et pressions permanentes, voient leurs conditions de travail examinées à la loupe, tandis que l’on dramatise le sort de criminels souvent responsables de dizaines de morts indirectes par le poison de la drogue ou assassinats.
Cette affaire révèle une fois de plus le profond déséquilibre qui gangrène notre système judiciaire : une focalisation obsessionnelle sur les droits des délinquants les plus endurcis, au détriment de la sécurité publique, du moral des forces de l’ordre et de la protection des citoyens honnêtes. À force de vouloir améliorer à outrance les conditions de détention des barons de la drogue et du grand banditisme, on finit par oublier la raison même de leur incarcération : ils ont choisi de mettre la société en coupe réglée, semant mort, misère et chaos.
Il est grand temps que la justice se souvienne qu’elle doit d’abord protéger les victimes et ceux qui risquent leur vie pour faire respecter la loi – et non pas les criminels qui la piétinent avec arrogance.
Jean Lamolie
1 Les magistrats de l’ordre judiciaire sont souvent mis en cause à juste titre pour leur dérive gauchiste, Mais la justice administrative est elle aussi infestée par la gauche
2 Les syndicats des personnels pénitentiaires reprochent à l’OIP une focalisation excessive sur les droits des détenus, au détriment de la sécurité et des violences subies par les surveillants, qu’ils jugent déconnectée du terrain et favorable à un « laxisme » envers les prisonniers.
https://ripostelaique.com/les-juges-protegent-le-grand-banditisme/
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