
Ce qu’il y a de bien, avec les communistes, c’est qu’ils ne déçoivent pas. Ils préfèrent ce qui est international à ce qui est français, nos ennemis à nos alliés, et se moquent allègrement (quand ils ne le haïssent pas carrément) de tout ce qui ressemble à du patriotisme. On pourrait, au passage, se demander quelle est la légitimité d’un Parti communiste en 2026, du haut d’un bilan mondial qui se chiffre en dizaines de millions de morts – les arguments spécieux des communistes français ne convainquant personne en la matière -, mais tel n’est pas notre sujet.
Bien plutôt, le sujet qui nous intéresse nous emmène, une nouvelle fois, à Ivry-sur-Seine, riante bourgade d’Île-de-France dont la municipalité a su conserver intacte la belle tradition des procès politiques de la haute époque stalinienne (voir le reportage de Yann Montero). Lors d’un précédent conseil municipal, l’élu RN d’opposition Kevin Nader avait fait sensation en déclarant que, puisque le maire ne considérait pas le voile comme un signe religieux, il choisissait de brandir une croix et de réciter un Je Vous salue Marie. Une rage écumante s’était emparée du maire, qui avait enclenché une procédure disciplinaire et laissé la CGT manifester contre M. Nader.
46.000 euros sur quatre ans à des villes maliennes
Il en fallait plus pour que le courageux élu du RN batte en retraite. Lors du dernier conseil municipal du 2 juillet, la commune, suivant en cela les préconisations de Mme Fenda Diarra, adjointe au maire (et voilée, puisque ça ne pose de problème à personne), a décidé d’accorder un peu plus de 46.000 euros sur quatre ans à des villes maliennes. « J’allais t’applaudir », dit le maire, « dans un mouvement d’enthousiasme ». Enthousiasme de courte durée, puisque Kevin Nader a pris la parole après le plaidoyer de l’élue. « Monsieur Nader », soupire le maire, en lui donnant la parole. Et c’est parti.
« La vie de nos soldats »
« La France a déjà donné beaucoup au Mali », rappelle celui-ci, pour commencer. Et de détailler : « son temps, son argent, son armée, et surtout la vie de ses soldats ». Il égrène alors les noms des principaux héros tombés pour la France dans ce pays qui, fin 2012, nous a demandé d’intervenir pour le protéger des djihadistes, avant de nous virer sans ménagement, chauffé à blanc par les campagnes de désinformation russes. M. Nader embraye d’ailleurs sur le discours antifrançais de la junte militaire au pouvoir, manière de rendre encore plus visiblement absurde cette manie de donner de l’argent à des gens qui nous détestent et ne sont pas français, quand tant de nos compatriotes ont du mal à finir le mois.
Il aurait pu ne pas s’arrêter en si bon chemin et demander, à la cantonade, pourquoi les Maliens de France, ou les Français d’origine malienne, si fiers de leurs origines et si prompts à dénigrer la France, ne sont pas partis se battre pour leur pays de cœur entre 2012 et 2023. Saint-Denis, dit-on, serait la deuxième ville malienne du monde après Bamako. Pour Ivry, on n’a pas les chiffres. « Le Mali aux Maliens, et la France aux Français », conclut Kevin Nader, dans un imparable parallèle qui n’a certainement pas manqué de faire bondir la majorité municipale…
Il n’y a pas longtemps, on appelait ce genre de raisonnements du bon sens. Aider nos compatriotes avant de financer d’autres pays, ne pas subventionner des régimes qui nous détestent, exiger un minimum de décence de la part d’un territoire sur lequel cinquante-huit de nos soldats sont morts, pour la sécurité de notre pays mais aussi pour la stabilité d’une zone géographique incapable de venir à bout du terrorisme. Le temps du bon sens est-il en train de revenir ?
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