samedi 18 juillet 2026

[POINT DE VUE] Pas de perpétuité pour les violeurs d’enfants en série : merci la gauche…

 

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C’était un projet de loi qui devait faire consensus pour des raisons de simple bon sens. C’est, aujourd’hui, une idée en passe d’être abandonnée, même si le gouvernement a demandé aux députés de procéder rapidement à une seconde lecture. De quoi s’agit-il ? D’une proposition de la majorité présidentielle qui souhaitait que les coupables de viols en série sur des mineurs soient condamnés à la perpétuité. Après l’affaire Lyhanna, qui pour de nombreux observateurs était l’affaire de trop vis-à-vis de l’opinion publique, le gouvernement avait choisi cette mesure phare pour montrer qu’il prenait le problème à bras-le-corps. C’était compter sans la gauche qui, vendredi 17 juillet, à une courte majorité, a fait basculer le vote dans le camp du « non ». Selon la formule consacrée, « l’Assemblée n’a pas adopté ».

Pourtant, le fait d’enfermer à perpétuité des prédateurs sexuels n’est pas politique, à moins qu’on n'en reste à la lecture de Foucault sur le rôle politique de la sanction. Sans même rouvrir le débat sur un éventuel rétablissement de la peine de mort pour de tels monstres, sans même parler de perpétuité réelle (puisque la « perpétuité » française ne vaut jamais emprisonnement à vie), on peut tout de même se dire que la société va mieux quand des violeurs d’enfants en série sont derrière les barreaux le plus longtemps possible.

« Des aggravations de peines qui ne servent strictement à rien »

Cette analyse a dû sembler trop réactionnaire aux députés de La France insoumise et du Parti socialiste. Côté LFI, Gabrielle Cathala a fustigé « des aggravations de peines qui, on le sait, ne servent strictement à rien pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles ». Le fond de son discours consistait à dénoncer l’approche prétendument archisécuritaire du gouvernement et à réclamer, comme assez souvent, plus d’argent pour les associations (les célèbres « assoces »). Côté PS, c’est Ayda Hadizadeh qui s’est insurgée contre une mesure qu’elle juge « symbolique ». Selon elle, enfermer les violeurs n’est pas le plus important. Non, la priorité pour régler les problèmes de criminalité sexuelle, c’est d’abord et avant tout de « casser la culture du patriarcat ». Oui, oui. Si on tue le patriarcat, les enfants pourront se sentir en sécurité, même à l’ASE, même à la mairie de Paris. C’est l’évidence, non ?

Le cas éclairant du Dr Le Scouarnec

Aurore Bergé, qui milite pour l’adoption de ce texte, ne s’avoue pas vaincue pour autant. Elle a pris un exemple éclairant, celui du docteur Le Scouarnec, un pédocriminel au palmarès atroce : « Dans un cas comme celui de Le Scouarnec, qui a commis 299 viols sur mineurs, il n'était pas possible de requérir la perpétuité. Il a ainsi été condamné pour une peine maximale de 20 ans. » Ce simple exemple devrait suffire à n’importe quel esprit sensé, mais il faut croire que le bon sens ne parviendra jamais à faire son chemin à gauche. Un autre vote est prévu mardi 21 juillet. On espère que les autres camps de l’Hémicycle parviendront à mobiliser leurs troupes.

En attendant, il va bien falloir que ces gens nous disent un jour pourquoi ils aiment tant la mort et le chaos. Pour l’euthanasie, il y avait du monde. Pour protéger les enfants, c'est moins évident. Un tel décalage nous renseigne sur les priorités des députés de gauche. Casser la culture du patriarcat, perfuser les associations avec l’argent du contribuable, c’est bien. Mettre sous les verrous des violeurs d’enfants en série, c’est mal. À ce niveau d’inversion totale des valeurs, à ce niveau de déconnexion des attentes du peuple, on est tenté de dire à Emmanuel Macron, en réponse à ses propos récents, que ce ne sont pas les sondages qui font l’élection, c’est vrai. Ce qui fait l’élection, c’est le comportement de la classe politique.

Arnaud Florac

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