
par Jean-Philippe Chauvin
Le spectacle assez pitoyable de la querelle des ambitieux qui aspirent tous, à la fin des fins, à être calife à la place du calife, n’incite pas vraiment à être indulgent à leur égard, loin s’en faut : de Madame Le Pen à Monsieur Mélenchon – qui encadrent le paysage politique depuis quelques années déjà sans que l’on puisse dire que c’est une bonne chose –, les candidats se pressent et nous oppressent de leur démagogie ruisselante et de leurs pontifiants conseils, sans vraiment aborder les questions de fond autrement que par des éléments de langage auxquels ne croient que ceux qui veulent bien y croire (mais ils sont plus nombreux que l’on ne croit généralement…). Ce « pays légal » qui s’agite en fixant la ligne d’horizon de l’élection présidentielle de 2027 semble réduire le « pays réel » à un simple vivier d’électeurs potentiels devant lesquels on agite quelques chiffons rouges ou autres mouchoirs parfumés : cela n’est ni sain ni crédible.
Devant un tel spectacle, comment croire en cette démocratie représentative carnavalesque où ce sont les « bouffons » qui aspirent à occuper la place de magistrat suprême de l’État jadis dévolue au roi ? Alors, oui, je ne puis qu’être effectivement et logiquement opposé à ce régime des partis qui fait de l’État une proie et l’empêche d’assumer complètement ses devoirs, responsabilités et droits régaliens. Mais cela ne veut pas dire que je souhaite la fin ou la disparition des partis, je souhaite juste qu’ils ne monopolisent pas le pouvoir dont ils ne doivent pas être les maîtres, mais les conseillers, les critiques aussi dans le cadre du légitime débat politique, etc. Mais que proposez-vous, me demandera-t-on ? Car, si la critique apparaît toujours facile, l’art de la politique reste difficile. C’est aussi pour cela que je ne cède pas aux sirènes de la facilité nihiliste et que je suis politiquement royaliste, attaché à promouvoir l’instauration d’un nouveau régime royal pour la nation française. Ce n’est pas une coquetterie intellectuelle ou une bravade de pamphlétaire mais le fruit d’une réflexion sur le pouvoir en France, au-delà des programmes partisans.
Précisons quelques raisons de ce royalisme politique : tout d’abord, dans une monarchie royale « à la française », lamagistrature suprême de l’État échappe aux jeux des partis dans le sens où le souverain n’est pas leur élu ni leur vassal et qu’il n’est pas le résultat d’un choix mais au contraire celui d’un « hasard contrôlé » et de la transmission du pouvoir par une dynastie, une longue suite de ces hasards, qu’ils soient de la naissance ou, de l’autre côté, qui finit par le rejoindre d’une certaine manière, de la mort… Dans cette optique, le roi est donc indépendant et libre des partis sans pour autant négliger leur présence, leur importance, leur rôle au sein des assemblées, des institutions régionales, municipales ou nationales, voire européennes. Le jeu politique n’est pas exactement déséquilibré, il repose simplement sur une autre architecture des rapports politiques et des institutions de pouvoir au sein du pays : provinces, communes, chambres syndicales, professionnelles, agricoles, etc. exercent des pouvoirs qui peuvent, par rapport au pouvoir central, apparaître comme des contre-pouvoirs, capables de représenter des opinions et idées diverses, et de gouverner les collectivités locales et régionales. En somme, cette structuration institutionnelle peut se résumer par « les pouvoirs locaux à la base, aux citoyens ; l’autorité de l’arbitrage au sommet ». Coordonnateur, arbitre, éventuellement à l’origine des grandes impulsions, le roi n’est pas « seul » au pouvoir du pays, il laisse les communautés locales se gouverner par elles-mêmes, dans le cadre et les limites de l’unité française que le roi assume et assure. Cette nouvelle structuration institutionnelle permet donc une véritable fédéralisation de la France et la mise en pratique, concrète et crédible, de la subsidiarité tant vantée jadis par les démocrates-chrétiens et les européistes désormais devenus euro-jacobins : en somme, la monarchie royale permet une redistribution concrète des pouvoirs à tous les échelons de la société, ce qui n’empêchera évidemment pas tous les conflits mais contribuera à les « amortir »… En tout cas, la monarchie peut jouer, de par son indépendance statutaire et réelle, ce pour quoi elle est faite en priorité : son rôle d’arbitre actif. Ainsi, la lutte des factions, si elle peut se poursuivre, est-elle toujours surplombée et limitée par l’autorité de « l’arbitre-roi ». Mais, là encore, n’imaginons pas un roi omniprésent et « Big Brother », mais bien plutôt un souverain (et non un suzerain) capable d’écouter et de trancher, de décider, non en fonction d’intérêts particuliers mais du bien commun…
https://www.actionfrancaise.net/2026/07/22/presidentielle-2027-mieux-vaut-la-monarchie-royale/
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