
Par Ron Unz − Le 6 juillet 2026 − Source Unz Review
Selon l’IA Gemini, l’événement le plus regardé de l’histoire a été le match de boxe professionnelle du 15 novembre 2024 entre Jake Paul et Mike Tyson, qui a attiré une audience mondiale estimée à un peu plus de 100 millions, avec un pic à 65 millions de téléspectateurs simultanés en direct. J’admets que je ne me souviens que vaguement de cet événement sportif et jusqu’à ce que je jette un coup d’œil à la page Wikipedia, je ne savais même pas quel boxeur avait gagné ce match.
Mais si le gouvernement russe était suffisamment avisé dans sa compréhension de la psychologie politique et de la stratégie médiatique, il pourrait organiser son propre match qui attirerait probablement un public mondial beaucoup plus large et aurait un impact géopolitique bien plus important que la défaite de Paul en huit rounds.
Dans les temps anciens, deux grandes armées se préparant au combat pouvaient parfois décider de sauver des vies en laissant un combat unique entre deux de leurs champions respectifs décider de l’issue de la bataille. Du moins de telles légendes homériques font désormais partie de nos traditions littéraires.
La guerre acharnée entre la Russie et l’Ukraine est maintenant entrée dans sa cinquième année et a dépassé la durée de la Première Guerre mondiale. Les décès se chiffrent certainement en plusieurs centaines de milliers, totalisant probablement plus d’un million, et des centaines de milliers d’autres ont été grièvement blessés, des pertes extrêmement tragiques pour ces deux importants peuples slaves pourtant étroitement liés.
Les pays européens de l’OTAN soutenant l’Ukraine devenant de plus en plus directement impliqués dans le conflit, on parle de plus en plus de l’emploi possible d’armes nucléaires. Mais leur utilisation pourrait très vite devenir incontrôlable, entraînant la destruction de la majeure partie de la civilisation humaine.
Ce serait évidemment bien mieux pour tout le monde si cette guerre pouvait au contraire être rapidement terminée par un combat unique entre les champions des deux camps. Curieusement, il existe une réelle possibilité de cette situation, et je pense qu’un tel concours pourrait attirer une audience mondiale de streaming en direct d’un milliard de spectateurs ou plus.
La Russie pourrait organiser le match, forçant la participation de ses adversaires de l’OTAN, et gagnerait presque certainement. Et en faisant cela devant un public mondial aussi énorme, les Russes remporteraient leur plus grande victoire de propagande mondiale depuis qu’ils ont battu l’Occident dans la course à l’espace en lançant le satellite Spoutnik il y a près de soixante-dix ans.
Les adversaires occidentaux de la Russie dominent totalement les médias mondiaux, et ils peuvent facilement modifier les faits comme ils le souhaitent. Mais un public en direct d’un milliard de personnes serait immunisé contre tout ce fouillis médiatique qui obscurci les esprits, et les gens de toutes les nations du monde seraient surs de ce qu’ils auront vu par eux-mêmes. « La propagande par l’acte » balayerait tout devant elle.
Il y a quelques années, le président russe Vladimir Poutine a déjà défié l’Occident dans un combat de ce genre, un « duel high-tech du 21e siècle ». Mais les dirigeants occidentaux l’ont ignoré avec dédain. Il devrait maintenant relancer sa proposition, mais de manière obligatoire plutôt que volontaire.
Au cours des deux dernières semaines, la guerre en Iran est restée en grande partie en suspens. Tant de termes énoncés dans le “mémorandum d’entente” ont été ignorés ou violés que l’accord semble s’être largement effondré mais sans que les opérations de combat ne reprennent, jusqu’à présent.
Pendant ce temps, au même moment, la guerre entre la Russie et l’Ukraine s’est considérablement intensifiée et pourrait maintenant prendre une tournure très dangereuse. C’était le sujet principal de mon article de la semaine dernière.
Le développement crucial a été que l’Ukraine a soudainement commencé à lancer d’énormes vagues d’attaques de drones et de missiles contre la Russie, atteignant même des cibles importantes au plus profond de cet immense pays.
L’une des sections de mon article était intitulée « La guerre infructueuse de la Russie en Ukraine » et j’y résumais une partie de la situation :
Pendant ce temps, la guerre de la Russie contre une Ukraine beaucoup plus faible a déjà duré plus longtemps que sa colossale Grande Guerre patriotique contre l’Allemagne nazie. Pourtant, la Russie n’a toujours pas réussi à s’emparer d’une grande partie du territoire des quatre oblasts de l’Est qu’elle avait officiellement annexés et incorporés en septembre 2022.
Le nombre de victimes est vivement contesté, mais je pense que les forces russes ont probablement subi plusieurs centaines de milliers de morts et de blessés, dont au moins quelques centaines de milliers de morts. Bien que les pertes ukrainiennes aient probablement été beaucoup plus importantes, ces pertes russes sont encore très importantes pour une population d’environ 143 millions d’habitants, en particulier une population ayant un faible taux de fécondité, un taux bien inférieur au niveau de remplacement. Des centaines de milliers de Russes gravement blessés ou mutilés sont peut-être devenus un spectacle sinistre et indésirable dans toutes les villes et villages de cet immense pays.
La Russie est beaucoup plus forte que l’Ukraine et l’Iran est beaucoup plus faible que l’Amérique, mais les résultats des deux conflits ont été exactement le contraire de ce à quoi on aurait pu s’attendre.
Pire encore pour les Russes, ils subissent une escalade constante de l’audace et de l’ampleur des frappes ukrainiennes au plus profond du territoire russe. Le mois dernier, Moscou a été attaquée par plusieurs centaines de drones lourds, et plus tôt ce mois-ci, Saint-Pétersbourg a subi un sort similaire. Le fait que ces énormes attaques ukrainiennes frappent régulièrement les villes les plus importantes de Russie représente une énorme humiliation nationale.
Le contraste frappant entre les réalisations sur le champ de bataille de l’Iran et de la Russie a été montré en première page de l’édition de ce week-end du Wall Street Journal. Un article reportait la grande destruction que le premier avait infligée aux bases américaines du golfe Persique. un autre article décrivait les récentes vagues très réussies d’attaques de drones ukrainiens contre le précieux territoire russe de Crimée, qui a provoqué une grave crise de carburant et d’électricité et forcé la déclaration de l’état d’urgence.
L’Ukraine a également commencé à attaquer avec succès les raffineries de pétrole russes, infligeant des dommages substantiels à la principale industrie d’exportation de ce pays.
Le mois dernier, une frappe de drone ukrainienne sur un dortoir d’université a tué 18 jeunes femmes qui étudiaient pour devenir enseignantes, et il y a de nombreuses spéculations selon lesquelles cette atrocité était délibérée, destinée à embarrasser le président russe Vladimir Poutine et à démontrer sa faiblesse face à de telles attaques brutales.
En effet, le gouvernement ukrainien est maintenant devenu si agressif et sûr de lui qu’il a récemment menacé d’étendre la guerre en attaquant la Biélorussie voisine, un vieil allié de la Russie.
Pendant ce temps, les progrès de la technologie des drones semblent avoir considérablement réduit le rythme des progrès russes sur le champ de bataille, avec des signes d’impasse qui se développent.
Depuis lors, les difficultés résultant de toutes ces frappes ukrainiennes se sont même aggravées.
De nombreuses grandes raffineries russes ont été endommagées par ces attaques de drones à longue distance, même celles de la lointaine Sibérie. Le résultat a été une grave pénurie de carburant dans de nombreuses régions du pays, y compris dans la capitale de Moscou, des observateurs de première main confirmant que les Russes ont été limités dans leurs achats d’essence et souvent obligés d’attendre dans de longues files pour l’acheter. Le problème est devenu si grave que le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a admis que la Russie cherchait de toute urgence à importer des fournitures de remplacement de l’étranger. Cela a évidemment constitué une humiliation nationale majeure pour l’un des plus grands pays producteurs de pétrole au monde, et potentiellement un coup dur pour l’économie russe.
L’énorme frappe de drone contre Saint-Pétersbourg a coïncidé avec la réunion annuelle du prestigieux Forum économique de Saint-Pétersbourg, un moment qui visait évidemment à embarrasser le gouvernement russe.
Pendant des siècles, la péninsule de Crimée a été l’un des plus grands joyaux nationaux de la Russie, sa grande ville de Sébastopol étant l’une des bases navales les plus importantes de Russie. Mais les frappes de drones ukrainiens sont devenues si graves que son territoire a été en grande partie coupé du reste de la Russie, presque transformé en île.
Stanislav Krapivnik est un ancien officier militaire américain d’origine russe qui est retourné dans son pays d’origine il y a quelques années et vit maintenant à Moscou. Il est extrêmement sympathique envers la Russie dans le conflit actuel, mais dans son entretien avec le professeur Glenn Diesen il y a quelques jours, il a pleinement confirmé les très graves problèmes auxquels les Russes étaient maintenant confrontés à la fois à cause de ces pénuries et des attaques terroristes constantes contre des civils par des drones ukrainiens dans les régions frontalières. Il considère qu’il s’agit d’une situation absolument inacceptable qui ne peut pas perdurer et qu’une guerre conventionnelle ou nucléaire avec l’Europe est inévitable.
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