Pas un jour sans que nous entendions parler de l’influence russe en France.
Et moi qui croyais qu’on ne prêtait qu’aux riches.
L’occident en général, et la France en particulier, ont pris contre la Russie des mesures sans précédent.
On ne peut s’empêcher de comparer le présent avec la période de la guerre froide. Ce qui frappe lors de cette comparaison, ce sont les mesures prises par rapport à la menace réelle ou supposée.
Déjà à l’époque de la guerre froide, même si une menace réelle existait, ce qui se passait de l’autre côté du rideau de fer suscitait nombre de fantasmes.
Je me souviens de certains qui, au lendemain de l’accession de François Mitterrand à l’Élysée, voyaient déjà les chars soviétiques dans Paris. Cela prête à rire quand on connaît l’anti-communisme de Mitterrand.
Mais si les efforts du premier président socialiste de la Ve république ont rassuré les États-Unis, ils n’ont guère calmé tous ceux qui voyaient l’oeil de Moscou partout.
Il n’empêche que le « soft power » soviétique existait bel et bien et qu’il était autrement plus puissant que ne l’est le » soft power » russe aujourd’hui, au sujet duquel on entretient artificiellement tant de crainte.
À l’époque, l’expression de l’influence soviétique était plus que tolérée. Je dirais même qu’elle bénéficiait de beaucoup de bienveillance.
L’URSS avait des relais culturels et syndicaux, un journal, et même un parti politique qui s’est effondré tant du point de vue économique que dans l’opinion en même temps que l’URSS.
Je rappelle à toutes fins utiles que le Secrétaire général de la CGT était choisi parmi les membres du Comité central du Parti communiste.
Pourtant, je l’ai dit, cette influence était tolérée.
Et gare à qui la dénonçait. Il était mal vu d’en parler.
Or comme chacun sait, pour savoir qui a le pouvoir, il suffit de savoir de qui on n’a pas le droit de parler.
Malgré cette influence, malgré tout ce qu’on pouvait reprocher à l’URSS, (le mur de Berlin, les SS20, la répression des dissidents ou l’invasion de l’Afghanistan), l’Occident entretenait avec Moscou les relations les plus normales possible.
On dépensait sans compter pour recevoir Leonid Brejnev à Paris. Les vols directs entre Paris et Moscou n’ont pas cessé après que l’armée soviétique a envahi l’Afghanistan.
Qu’est-ce qui a donc changé ?
Un facteur suffit à expliquer tout cela. La Russie n’est plus le parti de l’étranger.
Contrairement à ce qu’on fait croire, la Russie n’a aucune velléité expansionniste en Europe.
Or la gauche ne s’intéresse qu’à ce qui détruit la France et à ce qui accélère la décadence de la société française.
On m’objectera que la Russie a des vues sur l’Afrique. Certes, mais la Chine aussi, ce qui n’empêche pas nos dirigeants d’entretenir les meilleures relations avec Pékin.
Si les dirigeants français font autant d’efforts pour dégrader les relations avec la Russie c’est parce qu’ils agissent pour le compte d’intérêts étrangers.
Vous n’aurez pas manqué de constater que toutes les mesures prises contre la Russie sont désastreuses pour l’économie européenne.
Il n’est pas question dans ces lignes de donner un blanc seing à la Russie.
La Russie a des intérêts qui peuvent occasionnellement diverger et nous ne nous sommes jamais privés de le dire.
Mais cette espèce de violence haineuse exprimée par des journalistes qui ne parlent de la Russie que la bave aux lèvres est déséquilibrée et dangereuse.
Il ne fait pas de doute qu’à travers la Russie c’est la France qu’ils détestent.
Jacques Frantz
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