
Par Philippe Germain
La campagne présidentielle de 2027 ne fera pas de débat idéologique sur l’identité car le social-populiste Rassemblement national n’a pas de doctrine. Il préférera évoquer l’immigration, en campant sur sa position de préférence dans l’emploi, mise en slogan en 1972 par : « 1 million de chômeurs, c’est 1 million d’immigrés en trop » (François Duprat) ; d’ailleurs reprise par le Parti communiste en 1981 : « Il vaut mieux donner du travail à ceux qui sont sur le territoire national plutôt que de faire venir d’autres travailleurs étrangers » (Georges Marchais).
C’est dommage car un débat sur l’identité aurait permis d’expliquer le mot et d’identifier ses acceptations en cours. L’identité française fut d’abord mise à la mode en janvier 1981 par François Mitterrand et Jack Lang, puis par Bruno Mégret et, enfin, par Nicolas Sarkozy ; elle est aujourd’hui explicitement contestée par la frange progressiste du personnel d’Église. Car elle ne peut plus rester quelque chose d’implicitement vécu, les nationalistes intégraux doivent désormais la penser et la défendre intellectuellement.
Tout d’abord, une explication : l’identité regarde ce que nous sommes, la tradition regarde ce que nous avons reçu et la politique regarde ce que nous devons transmettre. L’identité ne renvoie donc pas seulement à savoir qui nous sommes, mais la question vise aussi à savoir quelles institutions sont capables d’assurer la continuité de la communauté nationale.
Contrairement à l’Allemagne, la France n’a pas constitué son identité autour d’une race ou d’une culture mais autour de son histoire millénaire. L’identité française s’est construite politiquement autour d’un État. Celui de la monarchie capétienne qui a fédéré différents peuples et provinces. C’est pourquoi définir le Français par l’« ethno-différentialisme », comme certains identitaires auto-proclamés, c’est trahir l’histoire de France au profit d’une Europe culturelle qui, sur la base « Europe, Tiers-Monde, même combat » (Alain de Benoist, 1986) s’allierait avec les pays islamiques et africains afin de constituer un ensemble non aligné.
Mais, à l’inverse, l’acceptation identitaire-racialiste de « créolisation multiculturelle » est encore plus dangereuse. Effectivement, une nation qui ne transmet plus sa langue, sa mémoire, ses traditions… finit par ne plus savoir ce qu’elle est. L’immigration du XXIe siècle révèle la défaillance de l’État républicain. Seules les élites cosmopolisantes du pays légal en profitent et prêchent le déracinement tout en vivant à l’abri de ses conséquences. Pendant ce temps, le pays réel français, lui, subit déclassement, insécurité et perte de contrôle des frontières.
Pour les nationalistes intégraux, entre l’obsession ethnique (identitarisme) des « Identitaires » auto-qualifiés et l’obsession racialiste (dissolution identitaire), nommée « créolisation » multiculturelle, il faut retrouver une identité française vivante dans la fidélité à ses racines historiques, culturellement catholiques. L’identité française c’est recevoir une langue, une mémoire, des traditions, une culture religieuse catholique et une civilisation occidentale, puis les transmettre.
Il est temps d’être sérieux et conscient. Le clivage 2027 oppose déjà ceux qui veulent transmettre la France à ceux qui veulent sa dissolution par européanisation ou créolisation. Donc le souci politique – et non pas électoral – est : « Voulons-nous que le reste de l’Ancienne France survive ? » Le reste n’est que balivernes !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire