lundi 28 septembre 2026

« La percée est générale » : les nouveaux visages du groupe RN au Sénat

 

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Avec une quinzaine d'élus aux côtés de l'UDR, le parti à la flamme fait entrer au Palais du Luxembourg un mélange de députés, d'anciens Républicains et de figures locales enracinées. « La percée est générale », s'est félicitée la candidate Rassemblement national à la présidentielle, Marine Le Pen, sur X. Avec neuf nouveaux sénateurs RN, auxquels s'ajoutent trois élus UDR et les trois sénateurs déjà élus en 2023, le parti franchit un plafond de verre historique : celui des dix sièges nécessaires pour former un groupe au Sénat.

Perdant toute mesure, le président du groupe socialiste, Patrick Kanner, a dénoncé l'arrivée du « musée des horreurs » au Palais du Luxembourg. Marine Le Pen a immédiatement réagi sur X : « En tenant de tels propos injurieux à l’égard des sénateurs du Rassemblement national, le président du groupe socialiste se déshonore. Il insulte à travers eux les centaines d’élus locaux qui ont choisi hier d’accorder leurs suffrages à nos candidats. Lorsque l’on se dit attaché aux valeurs de la République, on se doit de respecter tous les élus de la République, y compris ceux qui ne pensent pas comme vous ».

Députés, anciens LR et élus ruraux

Jusqu'ici, Christopher Szczurek (Pas-de-Calais), Joshua Hochart (Nord) et Aymeric Durox (Seine-et-Marne) représentaient seuls le RN à la Haute Assemblée. Le premier est maire de Lens, le deuxième conseiller municipal de Denain, tandis que le troisième siège également au conseil régional d'Île-de-France.

Le futur groupe s'appuie d'abord sur plusieurs députés appelés à quitter le Palais-Bourbon. En Gironde, Edwige Diaz, vice-présidente du RN, fait son entrée au Sénat après avoir été élue députée en 2022. Dans le Var, Frank Giletti, militant frontiste depuis les années 1990, ancien conseiller municipal de Toulon et vice-président de la commission de la Défense à l'Assemblée, rejoint également la Haute Assemblée. Dans l'Hérault, Manon Bouquin, députée depuis 2024 et conseillère municipale de Mèze, remplace au pied levé Sébastien Pacull, contraint de renoncer à sa campagne pour des raisons de santé. Dans le Gard, Sylvie Josserand, députée élue sur la 6e circonscription en 2024, devient la première sénatrice RN du département.

Le parti mise aussi sur des profils très enracinés. En Seine-Maritime, Léon Levasseur, 76 ans, ancien maire de Cailly, vice-président de la chambre d'agriculture et ancien militant RPR puis UMP et LR, avant de rejoindre le RN en 2019, offre au parti son premier sénateur dans le département. Dans le Var, Carine Leroy, adjointe au maire de Fréjus, complète la percée varoise. En Vaucluse, Thierry d'Aigremont, adjoint au maire de Carpentras, conseiller régional et patron du RN vauclusien, devient, là encore, le premier sénateur RN de l'histoire du département.

Le Rassemblement national recrute

Dans les Bouches-du-Rhône, Marie-Pierre Callet, ancienne vice-présidente LR du conseil départemental de Martine Vassal, rejoint le parti après un ralliement très contesté : elle est accusée de tirer profit des bons scores de Franck Allisio, et son passé d’aficionada détonne avec les positions anti-corridas de Marine Le Pen. À ses côtés, Fabien Bravi, ancien collaborateur de Renaud Muselier, Bruno Gilles puis Martine Vassal, complète cette percée après être passé par tous les cabinets de la droite marseillaise.

Avec leurs trois anciens et leurs neuf nouveaux sénateurs, le RN atteint déjà son objectif des dix sièges nécessaires pour former un groupe, mais le parti à la flamme pourra également compter sur les renforts de l'UDR. Dans les Alpes-Maritimes, Laurent Castillo, élu au Parlement européen sur la liste LR avant de rejoindre le groupe des Patriotes pour l'Europe, abandonnera son mandat européen pour le Sénat. Il est accompagné de Gaëlle Frontoni, ancienne proviseure de lycée, quatrième vice-présidente du Département des Alpes-Maritimes et fidèle d'Éric Ciotti. Dimanche soir, le président de l'UDR a annoncé sur X le ralliement à leur groupe de la sénatrice réélue de l'Ain, Sylvie Goy-Chavent, rare LR soutenant l'idée d'une union des droites : « Je salue avec force le courage de mon amie Sylvie Goy-Chavent, sénatrice sortante LR de l’Ain, qui fait le choix du courage en rejoignant notre groupe. L’union des droites préparera aussi depuis le Sénat la grande alternance pour la France ».

Quitterie de Prémesnil

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