
Lors du débat organisé avec le MEDEF, Edouard Philippe a voulu se présenter comme le père moralisateur et le professeur de cette représentation, accusant Mélenchon de vouloir sortir de l’UE et ce dernier de se défendre bec et ongles tout en volant au secours de Marine Le Pen qui n’en demandait pas temps ! La scène était hallucinante et choquante, comme s’il était criminel de vouloir au moins débattre de cette appartenance et comme si ceux qui veulent y rester sont les seuls à porter une dimension de responsabilité ! Mais tous les principaux candidats invités ont juré qu’ils ne voulaient pas sortir de l’Union européenne. Pas un doute, pas une nuance, pas une interrogation. Un consensus absolu, comme si l’appartenance à l’UE était devenue un dogme indiscutable, un réflexe automatique, un acte biologique, presque comme respirer.
Dans ces conditions, débattre revient à rejouer toujours la même pièce, avec les mêmes acteurs, les mêmes limites, les mêmes interdits et surtout les mêmes obligations. Un débat où l’on ne peut pas discuter de la souveraineté, de la définition qu’on s’en fait, n’est pas un débat : c’est une mise en scène.
Quant à ceux qui prétendent qu’une fois au pouvoir ils “changeront l’Europe de l’intérieur”, chacun sait que c’est impossible. Les institutions européennes ne sont pas conçues pour être transformées par un seul État. La règle de l’unanimité, les traités verrouillés, les directives contraignantes, les mécanismes supranationaux rendent cette promesse illusoire. C’est une excuse pour ne rien faire, pour ne pas effrayer, pour ne pas rompre le consensus. Alors même que si un pays commençait à vouloir changer les choses, il ne serait assurément pas seul…
Pendant ce temps, la France s’est affaiblie : le nucléaire sacrifié pour satisfaire les choix allemands, l’agriculture sacrifiée pour satisfaire les intérêts espagnols et marocains, nous ne sommes plus auto-suffisants alimentairement parlant ! L’industrie réduite à moins de 10 % du PIB, le niveau d’un pays en voie de développement, l’immigration massivement imposée, rendant tout débat national incomplet, le niveau scolaire arrivé dans les tréfonds…
Qu’est-ce qu’un débat qui ne porte pas sur l’essentiel ?
Les souverainistes pourraient porter cette question.
Mais ils ne s’allient pas. Les égos sont tels qu’on se demande parfois si le sort de la France les intéresse vraiment, ou si seulement la possibilité que leur nom soit associé au sauvetage du pays les guide. C’est puéril, et c’est désolant.
Beaucoup attendent que Philippe de Villiers se déclare. Rien n’est moins certain. Et s’il doit le faire, il devra se dépêcher. Car l’automne sera décisif : le futur budget risque d’être rejeté, ou adopté par un énième 49.3, démontrant une fois de plus que le débat parlementaire n’existe plus.
Il est temps de briser ce silence. Il est temps de remettre en question ce statu quo européen qui absorbe notre énergie, nos ressources, notre souveraineté, sans bénéfice clair pour la Nation. Il est temps de dire que l’appartenance à l’Union européenne n’est pas un dogme, mais un choix politique et que tout choix politique peut être discuté, évalué, remis en question.
La France ne peut pas se contenter d’un débat amputé de son sujet central. La France ne peut pas avancer si elle n’a pas le courage de regarder en face ce qui la freine, elle ne peut pas se reconstruire si elle n’ose pas interroger les structures qui l’empêchent de décider librement.
Il est temps d’ouvrir le débat. Il est temps de parler de l’essentiel. Il est temps de remettre la souveraineté au cœur de la présidentielle. Au RPF, chez les gaullistes, nous poursuivons la vision du général, une Europe de coopération plutôt qu’une Europe fédérale, une primauté du droit national sur le droit Européen, la maîtrise des frontières, des réseaux et équipements nationaux, une massification de l’enseignement et des services publics efficaces, facilitateurs de l’aménagement du territoire et de l’entrepreneuriat.
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