« Pour célébrer publiquement les Droits de l’homme, il convenait de taire les bouleversements et les massacres que leur déclaration avait fait subir au pays ».
Lorsqu’il fallut fêter le bicentenaire de la Révolution française, le président Mitterrand alla chercher conseil auprès des savants historiens du Collège de France, qu’il regroupa sous la pompeuse bannière de Commission consultative de la Mission du Bicentenaire.
Cette commission statua sur le fait de ne fêter que « l’esprit de 1789 », autrement dit la Déclaration des Droits de l’Homme, et de jeter un voile pudique tant sur les ruptures de 91 que la Terreur de 93.
C’était s’opposer à la sanglante réalité de la Révolution qui ne peut se lire que d’un seul bloc.
Mais cela correspondait au desiderata présidentiel qui souhaitait faire de ce bicentenaire un moment « d’unité nationale » ainsi qu’une « célébration internationale des Droits de l’Homme » ; et puis, comment justifier la décapitation de la famille royale et la Terreur de 93 tout en condamnant les totalitarismes soviétique ?
Au prix de ce gommage historique, Maurice Agulhon, professeur au Collège de France de 1986 à 1997, spécialiste de la symbolique républicaine et de la franc-maçonnerie, suggéra au président de ne pas susciter d’inutiles polémiques à l’occasion de ce qui ne devait plus obéir qu’à la Loi du Spectacle.
Là réside l’impasse de la rhétorique révolutionnaire.
Le Collège de France dissuada donc Mitterrand d’étendre à toute la Révolution la célébration de son Bicentenaire par crainte de réveiller les mauvaises passions françaises.
Au passage, le diviseur Macron n’eut pas ce genre de scrupules, lorsqu’il valida le spectacle d’ouverture des JO et la décapitation de Marie-Antoinette.
Bref, pour célébrer publiquement les Droits de l’homme, il convenait de taire les bouleversements et les massacres que leur déclaration avait fait subir au pays.
Posture aussi équivoque que terrifiante : accepter les Droits de l’Homme, occulter tout le reste. Telle est pourtant encore aujourd’hui l’incohérente fragilité de l’autorité républicaine face à tous ceux venus la contester en leur nom, précisément.
On touche là au cœur des contorsions idéologiques du pouvoir en place comme de la manipulation de Mélenchon et de ses sbires : Bally Bagayoko, Louis Boyard, Mathilde Panot, Richy Thibault et tant d’autres.
Si la Déclaration des Droits de l’Homme est devenue universelle et doit s’étendre à tous les opprimés de la Terre, ce n’est plus le roi de France qui se trouvera placé sur le banc des accusés, mais son peuple historique, métaphoriquement appelé français de souche.
Au nom de la défense de la Palestine, du changement climatique, d’une migration prétendument inévitable, le peuple historique de France fait en effet figure de propriétaire doté de privilèges, face aux multiples « opprimés de la terre » et à toutes les minorités actives dans les partis politiques, les médias, les loges, les palais de justice, les universités…
Aussi vrai que Louis XVI finit par être guillotiné, le peuple historique de France doit finir, selon eux, par être remplacé.
C’est la rançon d’une universalité qui, faute d’être demeurée catholique, est devenue idéologique en niant Dieu ipso facto.
Tel est donc l’engrenage dans lequel le pouvoir en place, dont la légitimité prétend reposer sur les Droits de l’Homme et qui doit lutter contre leur logique broyeuse d’autorité, de vérité, de légitimité, est pris.
Pourra-t-il endiguer longtemps la violence réelle de tous les damnés de la terre, prêts à s’installer en France au nom de leurs droits, et de tous les démagogues de l’acabit de Mélenchon, qui les manipulent ?
On chauffe à blanc des lycéens incultes, on saccage des abribus, on incendie des lycées, on tabasse la police, on effraie la population.
Ce n’est qu’un début.
La campagne présidentielle, qui scellera le destin du peuple historique de France, vient tout juste de commencer, engluée comme il se doit et comme toutes les autres le furent, dans l’impasse de la rhétorique révolutionnaire
Le Petit Béraldien
Photo : Général Hervé Navereau et François Mitterrand, lors du défilé du 14 juillet 1989
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