samedi 3 octobre 2026

« Lui ou moi » : l’étonnant ultimatum de François Berléand face à Charles Alloncle

 

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Le député Charles Alloncle vient de publier un livre intitulé Je jure de dire toute la vérité aux Éditions Fayard. Dans cet ouvrage qui relate les coulisses de la commission d'enquête sur l’audiovisuel public, le député UDR qui en a été le rapporteur livre quelques anecdotes. L’une d’entre elles concerne François Berléand.

Charles Alloncle raconte qu’après une semaine d’audition particulièrement éprouvante, il est allé chercher du réconfort dans une brasserie parisienne réputée. Ce jour-là, François Berléand est dans la salle. Le député rappelle que l’acteur est l’un des « courageux signataires de la tribune contre la commission d'enquête », une tribune publiée en février dernier dans Le Monde et qui dénonçait la forme dans l’intention à peine dissimulée de diaboliser le fond.

Caprice de star

L’histoire aurait pu s’arrêter là car, après tout, un acteur et un élu dînant dans le même restaurant n’est sans doute pas chose exceptionnelle à Paris. François Berléand en a décidé autrement. Charles Alloncle écrit : « À peine m'aperçoit-il que le comédien se lève et va sommer la direction de l'établissement de choisir : lui ou moi. » La suite du récit est pleine d’humour et vaut le détour, mais cette seule phrase suffit à démontrer combien cet acteur en particulier et le monde de la culture dans son quasi-ensemble sont intolérants.

Intolérant et autoritaire, à vrai dire. Cette gauche caviar ne veut pas seulement se tenir éloignée de ceux qui ne sont pas de son bord, elle veut aussi les « condamner à une forme de mort civile », analyse Charles Alloncle. Elle souhaiterait que certains lieux soient interdits à certains hommes. D’aucuns appellent ça de la discrimination.

L’attitude de François Berléand, si elle est rapportée fidèlement par l’élu, révèle aussi une volonté de domination. En intervenant auprès de la direction de l’établissement, consciemment ou inconsciemment, l’acteur s’est engagé dans une démonstration de force. La question qu’il a posée au restaurateur n’est pas tant « qui choisissez-vous entre lui et moi ? » que « qui, entre lui et moi, a le plus de pouvoir, le plus d’influence ? »

Rapport de force

La vedette en a été pour ses frais : « Les patrons de l'établissement refusent alors, non sans calme et élégance, de céder à cette singulière injonction. La direction tient bon. François Berléand se rassoit. La Résistance s'achève devant une mousse au chocolat », se souvient Charles Alloncle.

Cela n’enlève évidemment rien au talent de François Berléand sur les planches ou sur grand écran et, en aucun cas, l’idée n’est de faire son procès. Il se trouve que les faits rapportés le concernent, mais une autre personne de sa trempe aurait pu en faire de même. C’est bien pour cela que cette saynète est particulièrement intéressante. Elle illustre l’entre-soi d’un milieu qui tolère difficilement la contradiction, qui ne veut ni débattre ni combattre mais disqualifier. L’ostracisme social est l’un de ses modes d’action.

La rédaction de Boulevard Voltaire a tenté de joindre l’entourage du comédien afin de connaître sa version des faits ; notre demande est restée sans réponse.

Sarah-Louise Guille

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